VIRUS: QUID DE L’ANNÉE SCOLAIRE ?

Les grosses difficultés pour sauver l’année scolaire et les obstacles au télé enseignement

A la date du 31 mars dernier, l’Unesco avait annoncé que 1,5 milliards d’enfants étaient privés d’enseignement par le Covid-19. Ce chiffre qui faisait froid dans le dos n’a pas arrêté de grimper à un rythme inattendu, suivant l’évolution de la pandémie. Avec le confinement qui a fini par s’étendre à tous les coins du continent, et l’état d’urgence qui lui est préféré par certains pays dont le nôtre, les écoles et amphithéâtres n’ont pas eu d’autres possibilités que de fermer. Au Sénégal, la suspension des cours décrétée le 14 mars, ne sera pas levée de sitôt et les conséquences d’une telle situation peuvent s’avérer catastrophiques.
A l’instar de l’écrasante majorité des élèves de la planète, le Sénégal a décidé de fermer les écoles et universités afin de ne pas laisser les apprenants à la merci du virus errant. Les élèves et étudiants sont ainsi en vacances anticipées, le temps que le virus prend ses vacances pour de bon. Ainsi, la suspension des cours initialement prévue pour 3 semaines avait-elle été décrétée. Il n’y avait pas de péril en la demeure certes mais la prolongation de l’arrêt des cours, décidée récemment en conseil des ministres, suscite des interrogations légitimes et des inquiétudes.
Les raisons d’une inquiétude
Le Sénégal fait partie des 185 pays recensés par l’Unicef où les enseignements ne sont pas dispensés en temps de crise sanitaire causée par le Covid-19. Pour réduire les contaminations, le chef de l’Etat avait jugé primordial d’empêcher les rassemblements au niveau des établissements scolaires et universitaires en décrétant la suspension des cours pour 3 semaines. Tant que le délai était confiné à 21 jours, il n’y avait pas péril en la demeure pour une raison de coïncidence.
Dans une déclaration télévisée, diffusée le 14 mars dernier, le président Macky Sall avait décidé de l’arrêt des cours pour 3 semaines alors que le calendrier du découpage de l’année scolaire et académique préparait déjà les enseignants aux vacances de la jeunesse qui devraient débuter une semaine après, c’est-à-dire le 21 suivant. Vu sous cet angle, l’école ne perdrait en réalité que sept (7) jours tant que la mesure devrait se limiter à 3 semaines. Cette période, défalquée du quantum horaire, ne devrait donc constituer pas de problèmes au reste de l’année scolaire. Mais la donne a changé depuis quelques jours et même si le système éducatif sénégalais est reconnu pour la manie inimitable de ses acteurs de sauver l’année scolaire, des questions de la validité de celle en cours commencent à faire surface.
L’inquiétude des apprenants et enseignants est née de la décision récente, au conseil des ministres, du report de la reprise des cours. Initialement prévue pour le 6 avril prochain, l’ouverture des classes est finalement antidatée au 6 mai. Cela constitue une décision lourde de conséquences si l’on sait que la situation de l’école était déjà perturbée par les mouvements d’humeur des enseignants, de janvier à mars. La prolongation des vacances est donc une mesure qui va nécessairement provoquer un chamboulement sur le reste de l’année. Cela laisse entrevoir une situation difficile aussi bien pour les élèves avec les examens/évaluations que les enseignants pour les propositions de passage en classe supérieure. Cela d’autant plus que la date de reprise prévue pour le 4 mai pourrait visiblement être repoussée, sachant que tout dépend du séjour de l’épidémie.
Le télé enseignement, une trouvaille difficile de mettre en œuvre
Le constat est unanime : le Covid-19 a porté un coup fatal au secteur éducatif comme il l’a fait d’ailleurs avec les autres domaines de la vie socio-professionnelle. Et comme le télétravail, employé par les entreprises pour s’adapter à la situation de crise, des initiatives de télé enseignement ont été prises pour ne pas laisser oisifs les apprenants. Toutefois, la noblesse de ces décisions n’efface pas les effets totalement dépréciés qui pourraient en résulter. Au stade où on en est, ces cours distribués à la télévision ne remplissent pas toutes les conditions d’un cours normal tant sur le plan de l’organisation que des procédés empruntés. On n’est vraiment pas dans des salles de cours, même virtuelles.
Ce qui rend le télé enseignement particulièrement difficile au Sénégal, c’est que le numérique n’est pas assez promu pour pouvoir héberger les élèves et étudiants. Sur le plan de l’enseignement à distance, notre pays est donc très mal préparé non seulement pour ce qui concerne la formation universitaire mais aussi et surtout pour l’enseignement moyen et secondaire.
Malgré ces programmes éducatifs télévisés et la mise en place par le ministère de l’éducation des plateformes de cours en ligne, il faut reconnaitre que le défi reste entier. Ces cours dispensés en ligne ne réussissent que la prouesse de violer le droit à l’équité, qui est pourtant fondamental, à cause de la fracture numérique qui caractérise notre pays. Ce point est tellement important que l’Unesco l’a mis dans ses recommandations publiées le 28 mars dernier. Pour cet organisme onusien, « il est fondamental de lutter contre la fracture numérique, notamment concernant l’accès des élèves aux cours et la préparation des enseignants, sans oublier la communication entre écoles et famille » en cette période de pandémie.
L’urgence de développer le numérique pour booster le secteur éducatif
Sur bien des plans, les pays africains dont le Sénégal accusent un retard énorme par rapport à la tendance mondiale. Alors qu’il fête ses 60 ans d’indépendance, notre pays traine le pas quant à la modernisation de son système éducatif. S’il est vrai que les enseignants sont formés de façon relativement qualitative et que les programmes sont repensés pour produire plus de résultats avec l’adoption de l’approche par compétences (ACP), le sentier vers un système éducatif performant et moderne reste presque entier. Sans l’avènement réel du numérique dans le secteur, l’éducation restera toujours archaïque et dépassée par les réalités actuelles.
A la suite de la décision de la suspension des cours, l’ancien ministre Mary Teuw Niane avait posté sur sa page Facebook une publication qui dit tout sur la nécessité de recourir à cet outil pour plus d’efficacité. Il affirme en effet que : « Le numérique est un atout pour l’éducation et les pays comme les nôtres. Le numérique devrait nous aider à passer ce cap de suspension des cours en présentiel et faire de cette période un vrai moment d’activités à la maison pour les enfants et la jeunesse apprenante ». Cette remarque est d’autant plus pertinente qu’elle provient de l’ancien ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et qui a réussi à faire de l’enseignement en ligne une solide réalité à l’Université virtuelle du Sénégal qu’il a bâtie avec succès.
Les obstacles au télé enseignement
Autant tout le monde s’accorde sur l’importance et l’efficacité de l’enseignement en ligne, autant il est indéniable que le Sénégal ne peut pas y recourir sans passer par des préalables fondamentaux. Mis en œuvre, ce type d’enseignement pourrait maximiser les chances des apprenants, réduire les difficultés de déplacements et fournir assez de temps d’exercice aux élèves et étudiants. Aussi cela pourrait-il contribuer à réduire les effets très négatifs des grèves cycliques. Mais, il faut une véritable volonté politique pour y arriver tant les obstacles à franchir sont nombreux.
Le premier obstacle a trait à la disponibilité de l’outil, en l’occurrence l’internet. Le Sénégal n’est pas pourvu en connexion sur toute l’étendue de son territoire. Sauf pour renforcer la fracture numérique, il s’impose à l’Etat de faire de l’accès à l’internet une réalité. Dans bien des contrées, les élèves et enseignants évoluent dans des difficultés extrêmes et ne disposent même pas de la 2G.
Le deuxième obstacle va être, après la disponibilité d’un bon réseau pour tous, la possibilité d’y accéder à moindre coût ou même sans bourses déliés. Encore que tout le monde ne peut pas avoir par devers soi un appareil à même de le permettre de se connecter. Le dernier obstacle mais pas le moindre est relatif à la formation des enseignants et apprenants au maniement du numérique à des fins éducatives. Il faudra nécessairement, comme suggéré par l’Unesco dernièrement, former les uns et les autres à l’utilisation adéquate et efficace du numérique pour espérer réussir l’enseignement en ligne. C’est d’ailleurs cette approche que l’Université virtuelle du Sénégal a adoptée pour rendre les enseignements-apprentissages possibles sur ces différentes plateformes.
A moins que ces dispositions ne soient prises, essayer d’imposer l’enseignement en ligne au Sénégal relèverait au mieux d’un manque de cohérence au pire d’une ignorance totale de la notion de l’équité parce que tout simplement la fracture numérique ne fera qu’approfondir l’injustice sociale et l’inégalité de chance entre les élèves et étudiants. Le Covid-19 aura au moins réussi à nous interpeller sérieusement sur la nécessité de repenser notre système éducatif afin d’éviter des suspensions de cours à l’avenir.
Ababacar Gaye/SeneNews

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13 réponses

  1. issa gibb dit :

    Photo d’une école franco-burkinabé au Burkina Faso en avril 2019 ???
    Les Jeux Olympiques qui se déroulent tous les 4 ans, sont reportés en juillet-août 2021 au Japon, soit 5 ans, rattrapables en 2024, si tout va bien ??? Sage décision : Il vaut mieux, un report que la mort par le Covid19 !
    Ne serait-il pas plus lucide de considérer l’année scolaire 2019-2020 au Sénégal comme une année blanche et faire redoubler tous les élèves ou étudiants sur l’année 2020-2021 pour avoir une année éducative correcte et le passage d’examens correct en juin 2021, alors que des examens en juin 2020 sont fortement compromis par le Coronavirus qui n’a toujours pas disparu au Sénégal, en Afrique et dans le Monde ???
    Avec en contre-partie, repousser l’âge d’entrée à l’école Sénégalaise de 1 an pour les nouveaux petits entrants, pour ne pas engorger les écoles maternelles avec les redoublants et la nouvelle génération entrante à l’école…
    De plus, qu’avec un taux de 37 % de scolarisation à temps complet au Sénégal, l’engorgement des maternelles ne serait même pas atteint, avec un petit effort de l’Etat à créer quelques classes maternelles supplémentaires où çà coincerait en nombre d’enfants en maternelle ??? Et ne pas se perdre son temps dans des réunions à la con pour repenser le système éducatif qui n’amèneront jamais à rien, vue l’Immobilisme dont fait preuve l’Education Nationale au Sénégal depuis des décennies… Ou « Pourquoi tortiller du cul, pour chier droit » comme on dit en Gascogne, chez les mousquetaires quand une situation peut se traiter simplement sans aller chercher bien loin pour la résoudre…

  2. issa gibb dit :

    Photo d’une école franco-burkinabé au Burkina Faso en avril 2019 ???
    Les Jeux Olympiques 2020 qui se déroulent tous les 4 ans, sont reportés en juillet-août 2021 au Japon, soit 5 ans, rattrapables en 2024, soit 3 ans après, si tout va bien ??? Sage décision : Il vaut mieux, un report que la mort par le Covid19 !
    Ne serait-il pas plus lucide de considérer l’année scolaire 2019-2020 au Sénégal comme une année blanche et faire redoubler tous les élèves ou étudiants sur l’année 2020-2021 pour avoir une année éducative correcte et le passage d’examens correct en juin 2021, alors que des examens en juin 2020 sont fortement compromis par le Coronavirus qui n’a toujours pas disparu au Sénégal, en Afrique et dans le Monde ???
    Avec en contre-partie, repousser l’âge d’entrée à l’école Sénégalaise de 1 an pour les nouveaux petits entrants, pour ne pas engorger les écoles maternelles avec les redoublants et la nouvelle génération entrante à l’école…
    De plus, qu’avec un taux de 37 % de scolarisation à temps complet au Sénégal, l’engorgement des maternelles ne serait même pas atteint, avec un petit effort de l’Etat à créer quelques classes maternelles supplémentaires où çà coincerait en nombre d’enfants en maternelle ??? Et ne pas se perdre son temps dans des réunions à la con pour repenser le système éducatif qui n’amèneront jamais à rien, vue l’Immobilisme dont fait preuve l’Education Nationale au Sénégal depuis des décennies… Ou « Pourquoi tortiller du cul, pour chier droit » comme on dit en Gascogne, chez les mousquetaires quand une situation peut se traiter simplement sans aller chercher bien loin pour la résoudre…

  3. JPC dit :

    Débattre sur la scolarité ne mettra personne sur la « même longueur d’ondes ».
    Dans ce milieu, il y a minimum quatre composantes :l’État, le corps enseignant, les élèves et les parents.
    Chacunes, en ce qui les concerne, ont une vue bien différente des objectifs à atteindre.
    La situation exceptionnelle que nous subissons tous fait monter une pression entre les différents acteurs. Pression inutile ? Très certainement car c’est sur la Santé publique qu’il faut se concentrer.
    N’en déplaise à certains mais avant de recommencer les cycles de scolarité, toutes ses composantes
    doivent prendre toutes les mesures de protection sanitaire.
    La sagesse impose de ne prendre aucun risque. Chacunes auront l’obligation de se mettre d’accord sur le prévention et son contrôle.
    Dès la réouverture des établissements scolaires, consacrer une semaine de cours dans l’enseignement obligatoire à la sensibilisation sera très bénéfique. C’est aussi un rôle fondamental de l’enseignement.
    Sur le terrain, le corps enseignant est parfaitement capable d’adapter les programmes notamment en épurant ce qui peut être reporté.
    Même si les enseignants sont presqu’exclus d’une formation permanente faute de budgets alloués, ils sont très bien au fait des réalités.
    Tout n’est pas « rose » dans ce secteur loin de là, évitons les critiques qui ne sont pas, à ce stade, d’actualité.

  4. Ndiaye dit :

    Encore un ami qui ne veut que du bien à l’Afrique!
    Ta solution « vaccin » pour une année blanche pour l’école Sénégalaise, j’espère que tu la préconises aussi pour tous les pays contaminés .. y compris la …

    • isssa gibb dit :

      J’ai proposé une solution qui me parait applicable au Sénégal :
      – vu, le niveau désastreux de l’enseignement au Sénégal,
      – le pourcentage faible de scolarisation des enfants au Sénégal (37 %)
      – les relations minables entre les ministres successifs de l’Education Nationale et les syndicats des enseignants, pendant 7 ans avec le sinistre-ministre S.M. Thiam qui se continuent avec son remplaçant Mamadou Talla, avec toutes les grèves à répétition des enseignants, chaque année, qui pénalisent les élèves pour voir le désastre des résultats aux examens d’états des élèves, d’années en années…
      => Une année blanche ou une année perdue pour cause de grèves des enseignants en janvier et février 2020, suivie de 2 mois de confinement pour cause de pandémie Covid 19 , correspond à 4 mois d’absence des élèves pour parler de redoublement…
      Ce qui ne pénalisera pas la Jeunesse sénégalaise, car à la sortie des leurs études, ils se retrouveront sans emploi dans un pays sans industrialisation et où les rares bonnes places sont prises par les progénitures des potentats politiciens et religieux…
      Une année éducative supplémentaire pour la jeunesse prolétaire sénégalaise ne peut être qu’un bienfait pour les occuper les jeunes, avant le néant de survie que sera leur vie d’adulte dans une économie informelle de survie pour 95 % d’eux…
      Sors-toi les doigts du cul, Ndiaye, car tu commences à puer vraiment de la gueule… C’est désagréable !
      On attend toujours, des nouvelles de la Muraille Verte et tes chiffres sur la pandémie, Connard !
      Car , tu ne proposes toujours rien !… Tu sers à rien !

  5. Maguet dit :

    Effectivement, dans le contexte sénégalais cette idée peut bien sembler pas si radical que ça, puisqu’elle a déjà été évoquée lors des grèves des enseignants. Mais en Europe, cela ne serait jamais toléré, donc je trouve que les élèves et parents sénégalais ne doivent pas l’accepter non plus.

    • issa gibb dit :

      Nous parlons du Sénégal !
      Pas de la France, où la décision a déjà été tranché par le ministre de l’Education Nationale, Blanquer qui favorise le contrôle continu pour l’obtention du baccalauréat en France…
      Tandis qu’au Sénégal, avec les grèves des enseignants en janvier et février 2020, plus les 2 mois actuels de confinements en mars et avril pour cause de pandémie => Nous sommes dans le cas de 4 mois d’absence de scolarité des élèves qui permet leurs redoublements… Ce qui n’est pas une mesure pénalisante pour un pays qui n’a que 37 % d’enfants scolarisés à temps complets… Pour des élèves qui sortent des études pour ne trouvaient aucun travail, ans un pays sans industries et où les places sont prises par les fils des élites politiques et religieuses… Une année éducative supplémentaire pour la Jeunesse sénégalaise ne peut être qu’un atout pour les occuper avant une vie dans l’économie informelle pour survivre !
      Désolé ! On ne peut fonctionner en pensée €uropéenne, face au lamentable niveau de l’Education Nationale au Sénégal !

  6. JPC dit :

    Un autre argument pourrait être soulevé: en tenant compte de la durée de la scolarisation obligatoire que représente une dispense des cours d’une durée de quatre mois consécutifs? Si, un élève est absent pour cause de maladie pendant quatre mois? Le collège du corps professoral va-t-il décider de lui faire recommencer son année même si ses résultats scolaires sont jugés suffisants pendant les trimestres antérieurs dans la même classe?
    Qui peut prétendre que ce qui aurait du être acquis pendant cette période ne sera pas « rattrapé »? Les programmes scolaires doivent-ils se figer de manière irrationnelle? Pour certains parents, l’année scolaire est une charge financière. Est-ce nécessaire d’augmenter cette charge?
    Tant en Europe qu’en Afrique et même dans les autres parties du monde, les thèses parfois fantaisistes prolifèrent alors qu’il suffit de s’adapter à une situation connue. C’est si dur de s’adapter?

  7. issa gibb dit :

    JPC, vous fonctionnez en référence avec le niveau éducatif €uropéen ou Occidental !
    Ce qui n’est pas du tout, le cas du Sénégal avec un triste bilan de 37 % de taux de scolarisation de ses enfants à temps complet… De plus, qu’avec les grèves des enseignants en janvier et février 2020, suivies par les fermetures d’écoles et le confinements des élèves en mars et d’avril 2020 pour cause de pandémie Covid19, nous sommes bien dans le cas des 4 mois d’absence de scolarité des élèves, qui peut justifier un redoublement général , vue le niveau de scolarisation du Sénégal , je le répète encore…
    Une année éducative supplémentaire pour une Jeunesse Sénégalaise ne serait pas catastrophique :
    Moins catastrophique que leurs futures sorties des études pour ne trouver aucun emploi dans un pays faiblement industrialisé où les places sont prises par les enfants des élites politiciennes et religieuses sans aucun partage, pour une vivre une vie d’adulte de survie au jour le jour pour 95 % d’entre eux, dans l’économie informelle…
    Comme quoi, il vaut mieux les laisser à l’école, un an de plus, tous ces Jeunes Sénégalais qui ont la chance d’être scolariser à 37 % d’entre eux, avant une vie de Merde, pour 95 % d’entre eux, adultes …
    « Ici, c’est Sénégal ! »
    Nous ne sommes encore pas d’accord… C’est le débat d’idées :
    Mais d’adaptation n’est pas Sénégalaise, ceux sont les palabres sous le baobab qui n’amènent à rien depuis des générations, d’où l’Immobilisme qui prévaut depuis les Indépendances, dans le pays…
    Cordialement à vous

    • JPC dit :

      Cher Monsieur Gibb,

      Au Sénégal, je séjourne toujours dans ma famille sénégalaise et dans un quartier où je suis le seul « étranger toubab ». Peut-être un des rares. Cela ne date pas d’hier.
      Depuis de nombreuses années, j’ai la chance de côtoyer, régulièrement, du personnel enseignant sénégalais.
      Je les écoute avec la plus grande attention : ils sont, eux aussi, des indicateurs précieux de la vie au Sénégal.

      En matière de scolarité, on n’importe pas un modèle ou un style comme on peut importer un véhicule « venant ». Il faut accepter les modèles et les conceptions indigènes. Cependant, il existe, un canevas structurel de l’organisation de fonctionnement dont personne ne peut se séparer ni même éluder.

      Les enseignants sénégalais et sénégalaises vous expliqueront – beaucoup mieux que moi – la grande difficulté de se mettre « au niveau » des étudiants. Excepté parfois au niveau universitaire, les cours ne sont pas dispensés ex cathedra. Le diplôme de fin d’études n’est qu’un sésame (obligatoire pour accéder à certaines professions) qui n’ouvre pas toutes les portes. Connaissances et aptitudes sont liées intrinsèquement à l’individu et pas à un diplôme. N’oublions pas les autodidactes.

      Qu’il me soit permis de vous adresser un reproche voire une lacune dans votre raisonnement. 
      Vous avez omis la place essentielle et primordiale de « l’enfant » ou « étudiant ». L’enseignement est au service des enfants ou étudiants .Vous voulez briser les espoirs qu’ils nourrissent ? Vous voulez les sanctionnez pour des raisons totalement non inhérentes à leur volonté ? Vous voulez leur faire croire que l’école ne sert à rien et qu’ils ont perdu leur temps puisque vous suggérer de recommencer une année scolaire ?. Ajouter une année d’études ne va pas apporter une augmentation de la fréquentation de l’école ni améliorer la qualité des connaissances puisqu’on prend les mêmes et on recommences sans définir d’autres critères ou adaptations indispensables.
      Il ne faut pas faire naître des réactions et des sentiments de frustration qui pourraient réapparaître plus tard dans la mémoire de ceux qu’ils les ont subis.

      Seriez-vous parmi les adeptes de l’immobilisme ? Pourtant, la lecture de vos commentaires démontre le contraire. Vous dénoncez des pratiques, des comportements avec l’opiniâtreté inébranlable qui vous caractérise . Le Sénégal appartient aux sénégalais et aux sénégalaises : c’est ma conviction et surtout la vôtre.
      Cependant, parfois, l’impression qui ressort de la lecture de vos commentaires laisse apparaître une forme de découragement, de fatalisme voire une colère à peine voilée – ce que je comprends – vu les sujets que vous traitez et non des moindres.

      Pardonnez-moi de soulever une omission dans ma réponse à votre commentaire: dans les 37 %, les pauvres enfants talibés ? Ce sont des parias (personnes exclues socialement) . Ces enfants ne sont pas rassasiés.
      Vous vous insurgez, vous n’êtes pas le seul et vous avez raison. Nous ne sommes pas encore assez
      nombreux. Depuis 1992 (ratification par le Sénégal de la Convention des Nations Unies sue les droits des enfants), les palabres sous le baobab s’éternisent, par manque de salive, les paroles s’arrêtent. Qui va utiliser le clairon ?

      Boileau a écrit:  « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » continuez dans votre lutte –
      qui, pour moi, est légitime mais certains ne veulent pas accepter en arguant d’explications superfétatoires – pour faire disparaître cet état de fait intolérable : eux aussi sont des enfants qui méritent une attention toute particulière.

      En matière d’instruction, la marche arrière ne doit pas exister. On ne recule pas, on avance.
      D’accord ou pas d’accord mais je continuerai à vous lire comme tout ceux qui utilisent ce site dédié au Sénégal.
      Avec tout mon respect, Monsieur Gibb.

      • issa gibb dit :

        Non, JPC !
        Pas de frustrations, ni de sanctions, ni d’espoirs brisés, ni d’écoles qui ne servent à rien, ni de perte de temps à s’instruire et aucun remords futurs pour les enfants…
        Si des enseignants bien attentionnés expliquent à des enfants et à des parents, qu’il vaut mieux faire redoubler des enfants qui n’ont pas pu voir tout le programme scolaire de l’année pour cause de la pandémie Covid19… Au lieu de passer en classe supérieure et ne plus suivre !
        Cette démarche me semble possible, au Sénégal :
        C’est un accord à trouver entre les enseignants et les parents-enfants pour que cette lacune (programme scolaire incomplètement étudié) ne pénalise pas les enfants dans le cursus de leurs études futures… C’est mon avis et mon expérience : Un programme scolaire bâclé peut entrainer des problèmes, sur toute la suite des études…
        Mais, pas systématique non plus, si des élèves ont le niveau pour passer en classe supérieure ou si des professeurs jugent qu’ils peuvent passer en classe supérieure, malgré l’absence de cours et un programme amputé pour cause du Confinement au Coronavirus… Surtout en secondaire où les universitaires, où les élèves et les étudiants peuvent étudier seuls et peuvent se rattraper pendant les vacances avec de la volonté, OK !
        Mais pour les petits jusqu’en 3ème, une année de redoublement n’a jamais tué personne et il n’est pas question de reculer, mais d’être au niveau avec un programme scolaire vu en entier, je vous en prie !

        Ce qui n’ a pas tué non plus, mon filleul qui s’est fait étendre avec les 38 autres élèves de sa classe au Bac français en 2018, parce qu’il n’avait pas étudié le sujet demandé en français coefficient 6, à cause des grèves à répétition des enseignants pour cause de salaires impayés et qu’en plus, leur professeur leur avait dit de faire l’impasse sur « Le Théâtre Contemporain Africain » qui n’avait que 2 % de chances pour sortir à l’examen ??? Eh bien , il est sorti !… Avec les 39 élèves de sa classe qui ont raté leurs Baccalauréat à cause de cette ânerie professorale…
        Et mon filleul a redoublé pour repasser le Baccalauréat en 2019…
        Vous voyez, moi aussi, j’ai des expériences vécues avec des enseignants sénégalais et d’autres histoires que j’explique aussi, en réponse à Maguet sur cet article ci-dessous…

        Quand aux enfants Talibés, c’est un autre combat, le plus grave au Sénégal puisque c’est un Crime contre l’Humanité que le Sénégal peut encore commettre en toute impunité, à la face du Monde, sans grandes réactions nationale ou internationales ???
        De quoi faire tomber les bras, mais pas longtemps car il s’agit de l’Esclavage d’Enfants au 21° siècle dans ce pays qui s’appelle : le Sénégal ! Un Pays esclavagiste d’Enfants…
        Cordialement aussi, à vous

  8. Maguet dit :

    Vous avez des enfants à l’école au Sénégal, Issa ??? Cela ne vous scandalise pas qu’on les fasse redoubler, sans la moindre faute de leur part ?
    Quand on dit, « on n’est pas en Europe ici » ou « nous ne sommes pas des Européens », cela équivaut le plus souvent à « les gens ici ne méritent pas mieux, ce n’est pas la peine de faire l’effort », cela trahit du mépris et une absence totale d’ambition. Ainsi on n’y arrivera jamais.
    Et ce que vous avez à dire à propos des élites religieuses et politiques n’a rien à faire dans ce débat, ce n’est pas une raison.

    Tant que les Sénégalais ne demandent pas qu’on les traite dans leur pays comme on traite les citoyens dans un pays civilisé, personne d’autre ne le revendiquera à leur place.

    • issa gibb dit :

      Maguet,
      Je n’ai pas d’enfants scolarisés au Sénégal…
      Mais j’ai scolarisé jusqu’à 80 enfants quand j’étais au Sénégal (2010-2014) et je connais le système scolaire.
      J’envoie, chaque année, depuis les fournitures scolaires à une vingtaine d’enfants à chaque rentrée scolaire
      et je paye encore la scolarité de mon filleul à l’ISM (Institut Supérieur de Management) à Mbour…
      Lion de moi, l’idée que « ces gens ici ne méritent pas mieux », vous vous faites de fausses idées !
      Le redoublement me semble une solution et en aucun cas « une sanction sans la moindre faute des enfants », pour repartir sur une bonne base d’un programme scolaire entièrement étudié à cause d’une année perdue pour cause de pandémie Covid19, avec une année supplémentaire qui sera salutaire pour les
      examens futurs : Car un programme scolaire incomplet peut être invalidant pour suivre le cursus dans les classes supérieures et vous le savez autant que moi…
      Je suis conscient aussi de la difficulté financière des sénégalais à scolariser tous leurs enfants :
      – avec en moyenne 10 000 FCFA (15 €) mensuel par enfant à l’école publique et à partir de 40 000 FCFA (60 €)par mois par enfant dans les écoles privées, plus l’inscription annuelle au départ… Et qu’une année redoublée coûte cher et je peux vous rejoindre sur ce point…
      – Mais, quand on sait aussi, que dans le secondaire, la majorité des élèves trichent sur leurs âges, déclarant avoir 18 ans alors qu’ils en ont 21 ou 22 ans pour rester à l’école ou même redoubler : Une année supplémentaire de redoublement pour cause d’épidémie, est possible, si la famille en a les moyens, bien sur…
      – Il y a plus grave encore, mais c’est aussi une réalité de l’école sénégalaise : Quand des professeurs incitent des bons élèves, au redoublement malgré leurs bons niveaux, pour continuer à toucher l’argent des mensualités des redoublants qui sont leurs seuls salaires quand leur ministre de tutelle oublie de les payer pendant 2, 3 ou 4 mois consécutifs… Je l’ai vécu ! En 3ème, mon filleul a eu son BEFM (brevet) « Two fingers in the nose » et pourtant son professeur voulait qu’il redouble « Pour avoir de meilleure notes ??? »… J’ai envoyé mon filleul en Seconde au lycée privé Mathématica à Mbour !
      – Il y a aussi des professeurs pourris (encore du vécu en 2014) qui interdisent à un excellent élève très bien noté toute l’année de passer les épreuves écrites du Bac, parce qu’il s’est blessé et ne peut pas passer les épreuves de sport ??? Comme si un handicapé ne pouvait pas passer le Bac écrit, sans les épreuves sportives ??? L’Ultime But de tout enseignant de voir réussir ses élèves au Baccalauréat est mis à mal au Sénégal ! Et le jeune a du redoubler pour repasser le Bac, en mentant sur son âge, l’année suivante…

      – C’est cette situation lamentable de l’Education Nationale au Sénégal qui ne cesse de régresser qui m’interpelle avec un taux de scolarisation de 37 % d’enfants à temps complet et un taux de 38 % de réussite au Baccalauréat, alors que des pays comme le Rwanda ou le Maroc ont des taux de 90 % de scolarisation et de réussites au Bac, 70 % pour l »Ethiopie ??? Chercher l’erreur !
      Avec au Sénégal, un conflit permanent avec les ministres successifs de l’Education Nationale et les syndicats des enseignants qui se mettent si souvent en grève, parce qu’on ne leur paie pas leurs arriérés de mensualités impayées depuis des années, avec parfois 4 mois d’impayés à la suite, par année…
      Grèves des enseignants justifiées, mais qui pénalisent fortement les élèves et le programme scolaire annuel… Choquant aussi, quand on connait les aides internationales importantes pour la scolarisation des enfants Africains et en particulier pour le Sénégal et savoir que le sinistre-ministre S.M. Thiam en poste pendant 7 ans, se contentait d’envoyer une boîte de craie par classe pour toute l’année… Et que son remplaçant depuis 2019, Mamadou Talla ne fait pas mieux… Avec l’argent des aides qui disparait à chaque fois, par enchantement ???
      Sans oublier le sort des Enfants Talibés Esclaves Mendiants, laissés sans instruction générale dans les daaras esclavagistes d’enfants, qui finiront adolescents, puis adultes incultes et désocialisés à 95 % dans la survie et la délinquance dans les rues… Car l’apprentissage du Coran à coups de fouet pendant toute leur enfance esclave, ne leur servira à rien…

      Par contre, je persiste à dire que les élites politiques et religieuses font éduquer leurs enfants dans les meilleurs établissements jusque dans les écoles et universités €uropéennes ou Américaines, tout en tenant les enfants du peuple sénégalais, volontairement dans l’ignorance par une politique éducative catastrophique au Sénégal avec une population à 70 % analphabète, surtout chez les femmes et les filles trop rapidement déscolarisées, pour que leurs fils prennent leurs places et continuent à tenir le peuple dans l’ignorance, la misère et la soumission religieuse… Autre réalité à dénoncer pour que çà change !
      D’accord, un redoublement global n’est pas justifié si des élèves ont le niveau d’aller en classe supérieure malgré l’arrêt des cours pour cause de la pandémie… Mais loin des critères de course au fric et contre le temps des sociétés Occidentales et Asiatiques comme au Japon : Pour les autres enfants au Sénégal dans les petites écoles abandonnées des quartiers ou dans la brousse, le temps importe peu et une année scolaire supplémentaire redoublée serait positive, voire salutaire… Car à la sortie de l’école, la majorité de ces jeunes n’auront pas de travail (82% de chômage parmi les 18-25 ans au Sénégal) et ils risquent de
      tomber dans la délinquance et les drogues, désoeuvrés à ne rien faire …
      D’autant plus qu’on ne connait pas le Temps que durera cette pandémie Coronavirus :
      Autant qu’un maximum d’enfants sénégalais restent à l’école une année de plus pour s’instruire et rattraper le coup…
      Si vous êtes toujours pas d’accord… Tant pis !

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