LE RELIGIEUX À L’ÉCOLE

Sénégal, le retour du religieux dans les univers sécularisés

Afin de répondre aux pressions internationales concernant l’augmentation du taux de scolarisation et de conserver ainsi une aide qui lui est indispensable, le Sénégal a choisi d’ouvrir l’école publique à l’enseignement religieux.
La question de la laïcité à l’école agite actuellement en France des citoyens de toutes conditions sociales. Les politiciens se sont emparés et ont décliné sur la scène publique des visions de la laïcité qui s’opposent aujourd’hui avec beaucoup de passions, de violence et de ferveur.
Pour prendre un peu de recul, je vous propose un détour par le Sénégal afin d’observer les articulations et les raisons du retour du religieux dans l’école publique.
Afin de répondre aux pressions internationales concernant l’augmentation du taux de scolarisation et de conserver ainsi une aide qui lui est indispensable, le Sénégal a choisi d’ouvrir l’école publique à l’enseignement religieux. Cette décision lui permet, d’une part, de comptabiliser comme scolarisés les enfants qui reçoivent un enseignement religieux dans les daaras[1] et, d’autre part, de rapprocher l’offre éducative de la demande d’une certaine partie de la population farouchement opposée à la laïcité. Avec cette décision, le Sénégal entend faire grimper les taux de scolarisation au plus près des objectifs internationaux requis.
En remettant en cause la laïcité, pilier de l’école publique, et en intégrant les daaras aux institutions scolaires, l’Etat se donne les moyens d’exercer une influence sur les écoles coraniques et donc de contester certaines pratiques qu’il juge inacceptables. Les chefs religieux ont perçu cette menace et craignent que la remise en cause de la laïcité à l’école entraîne la fuite des élèves vers l’école publique qui propose un enseignement religieux et qu’elle ne leur fasse perdre une légitimité qui demeurait incontestable quand l’Etat n’avait pas droit de regard sur les daaras.
Partant du constat que l’Etat sénégalais ne peut garantir seul l’accès à tous à l’école officielle et pour répondre aux pressions internationales, l’Etat privilégie une approche participative des acteurs locaux, reflet des préférences des usagers, afin de dépasser le clivage entre initiatives privées et publiques. On assiste ainsi à un enchevêtrement des pouvoirs entre les instances internationales, les autorités religieuses et l’Etat et cette hybridation du système éducatif tend à en cacher les dysfonctionnements et rend l’intervention de l’Etat particulièrement difficile dans la mesure où la dépendance de ses différents partenaires l’affaibli.
Si la politique éducative du Sénégal se trouve affaiblie c’est parce qu’elle peine à suivre une ligne de conduite tant ses arrangements avec ses différents partenaires vont dans de multiples directions. La laïcité se trouve donc partie prenante des enjeux et ne peut plus s’ériger en valeur fondatrice autour de laquelle le système scolaire peut se construire et rassembler les individus. Or, la reconnaissance internationale de l’importance de donner à chaque enfant une éducation semble ne pouvoir se concevoir sans un consensus autour des valeurs de tolérance qui s’érigent dans de nombreux pays sous couvert d’application de diverses formes de laïcité. Si dans certains pays, l’application d’une laïcité restrictive, héritage de la colonisation, s’avère inadaptée dans sa fonction unificatrice d’une population majoritairement très croyante, on peut imaginer que le concours des institutions religieuses et/ou de l’Eglise reste un atout précieux. Il pourrait s’exprimer au sein d’une laïcité plus ouverte renouant ainsi avec les valeurs de tolérance dans un système scolaire qui reconnaîtrait l’importance d’une éducation religieuse laissant les institutions religieuses garantes et responsables de cet enseignement qui resterait indépendant du reste du curriculum et sans caractère obligatoire pour les élèves.
[1] Le mot daara au Sénégal, se réfère le plus souvent à une école coranique.
https://blogs.mediapart.fr/janus-k/blog/110521/senegal-le-retour-du-religieux-dans-les-univers-secularises

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2 réponses

  1. Le chaman dit :

    C’est le pompon ! Les Daaras ces fabrique d’enfants esclave de soit disant marabouts pour leurs grandes majorité, corrompu jusqu’à l’os, c’est enfants en en haillons, commençant dès les premières lueurs du jour à mendier partout dans le pays, seront comptabilisé en tant que scolarisés, et tout ça pour faire plaisir aux marabouts, et au nom des statistiques pour être aux normes des organismes qui finance l’éducation scolaire, le vers est plus que jamais dans le fruit, ce pays s’islamise chaque jour un peu plus, et bientôt la République Islamique du Sénégal verra le jour officiellement, c’est mon sentiment profond.

  2. issa gibb dit :

    Simple annonce ou nouvelle stratégie de l’Etat Sénégalais pour sauvegarder les belles et généreuses enveloppes internationales pour la scolarisation des enfants Sénégalais : Enveloppes qui ne finiront pas dans la scolarisation des enfants Sénégalais, comme d’habitude, car si l’Etat Sénégalais s’occupait de la bonne scolarisation des enfants au Sénégal, çà se saurait et surtout çà se verrait… Au contraire :
    – Avec seulement 34 % d’enfants scolarisés à temps complet, le Sénégal est dans le bas-fond de la scolarisation en Afrique et dans le Monde : Loin, très loin de pays comme le Maroc, l’Ethiopie ou même le Rwanda qui sort pourtant d’une guerre civile et malgré toutes les aides internationales citées ci-dessus… Chercher l’erreur !
    – Avec un ministre de l’Education Nationale, le minable orgueilleux Thiam qui a rien foutu pendant 7 ans, allant jusqu’à se fâcher et arrêter toutes discussions avec les syndicats d’enseignants Sénégalais… Et avec son remplaçant, Talla, ex-ministre de l’Artisanat qui ne fait pas mieux… Chercher l’autre erreur !
    – Avec des résultats faibles au Baccalauréat qui oscillent entre seulement 34% et 37% de réussites par an, à cause des grèves permanentes des professeurs pour cause de salaires impayés par leur ministère de tutelle, entrainant des programmes bâclés et vus sommairement par des élèves victimes d’adultes fainéants et irresponsables et surtout non-professionnels…
    – Avec des élèves Sénégalais scolarisés à 97 % dans la filière Littéraire qu’on connait sans grands débouchés alors que le Sénégal manque de tout, d’ingénieurs, de médecins, de comptables, de managers, etc… Autre grosse erreur !
    – Avec une forte Islamisation du corps professoral dans les écoles publiques Sénégalaises (presque plus laïques) avec la volonté d’éradiquer l’enseignement de la Langue Française, alors que le Français est toujours la Langue Officielle au Sénégal dans sa Convention Nationale, que tous les cours de l’Enseignement Supérieur dans les Universités sont encore en Français et que tous les documents et concours d’entrée dans les administrations sont toujours en Français…Le Wolof étant la si grande langue commerciale internationale, il n’y a plus que 32% des Sénégalais qui pratiquent convenablement le Français au Sénégal… Chercher toujours l’erreur ! Ou autre victoire Islamiste !
    – Avec le problème des enfants Talibés dont les maitres coraniques regroupés dans la surpuissante Mafia Maraboutique Sénégalaise, leur interdisent l’accès à l’enseignent Universel (français, calcul, sciences, etc…) considérant que seul, l’apprentissage du Coran est utile pour réussir sa vie d’adulte (Thèse Islamique extrémiste par excellence) et surtout, ces marabouts luttent farouchement contre toutes intrusions de l’Etat Sénégalais dans leurs écoles coraniques (daaras) pour pouvoir continuer l’Esclavage de leurs élèves Talibés dans la Mendicité Forcée en toute impunité, qui leur rapporte très, très bien… Avec la lâche et hypocrite complicité de l’Etat sénégalais, conscient de tous les abus maraboutiques faits à des enfants innocents sur son sol et qui s’exporte dangereusement dans tous les pays voisins de l’Afrique de l’Ouest … Chercher toujours l’erreur !
    – Liste non-exhaustive…

    => Comme quoi, l’Etat Sénégalais a fait ses preuves qu’il en a rien à foutre de la scolarisation des enfants Sénégalais et qu’il pratique une politique éducative ignare car « Une Jeunesse instruite se révolte » et çà mettrait leurs privilèges éhontés des élites politiciennes, confrériques et maraboutiques complices, en péril…
    Cet article est tout de même bancal, car il parle aussi des institutions religieuses et de l’Eglise dans l’instruction scolaire : Autre coup de pied au cul à la Laïcité dans les écoles publiques…
    Mais de là, à intégrer les Talibés des daaras esclavagistes dans le comptage des enfants scolarisés au Sénégal : Ce serait le comble de l’Hypocrisie du Crime contre l’Humanité que laisse commettre depuis 30 ans, l’Etat Sénégalais envers les enfants Talibés sur son sol…
    Ce pauvre Sénégal marche sur la tête depuis bien longtemps et personne ne semble vouloir le remettre dans le bon sens ??? Peut être parce qu’il est devenu un éternel mendiant depuis les Indépendances et pourri jusqu’à la moelle… Que l’équilibre Laïcité-Islamisation est rompu et que tout espoir est perdu… In chà Allah !

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