LA PROBLEMATIQUE DES JAKARTA

Circulation dans la capitale : Les conducteurs de deux-roues étalent leurs doléances

Avec la circulation des deux-roues, la capitale offre un autre décor, au point qu’on n’hésite pas à la comparer à bien des égards, à la capitale du Saloum, où les motos Jakarta disputent le «marché» de la mobilité aux taximen. Ces derniers étalent leurs revendications et rêvent d’un mieux-être.

La ville de Dakar ressemble à bien des égards à la ville de Kaolack, avec la présence en son sein de ces motos-taxis, communément appelés «moto-Jakarta». On retrouve ces moyens de transport dans la banlieue, plus précisément au rond-point Case-bi et au croisement Cambérène. Les conducteurs de ces deux-roues proposent leur service, moyennant une somme négociée avec le client. Au rond-point Case-bi, un jeune conducteur, assis à bord de son Jakarta, garde son mal en patience en attendant de voir un client solliciter ses services. A l’autre bout des lieux, des motos Jakarta dont les roues sont cadenassées, s’offrent aux yeux des passants. C’est la police qui a mis le grappin dessus, témoignant des difficultés que les conducteurs de deux-roues éprouvent à exercer leur métier normalement. Un métier qui n’est d’ailleurs pas reconnu et fait l’objet d’une interdiction de la part des autorités, au point que cela leur vaut de nombreuses tracasseries policières la plupart du temps. «Notre seule présence sur les lieux suscite l’indignation des policiers, qui nous somment de vider les lieux. On n’a pas d’endroit où stationner. On nous interdit de nous garer sur les lieux. Le pneu de la moto est détruit après avoir été mis aux arrêts. Il faudra 10 mille francs pour le réparer», se lamente un jeune Jakartaman, qui a requis l’anonymat. «On sait que notre métier n’est pas reconnu. Mais, il nous permet de gagner de l’argent», poursuit le bonhomme. Qui souligne que parmi les conducteurs de Jakarta, il y en a certains qui sont titulaires d’une Licence en Droit et d’autres, d’un Master dans un domaine bien précis.
Originaire de Fatick et ayant tenté en vain à deux reprises d’obtenir son baccalauréat, le jeune conducteur de Jakarta informe qu’il va encore se présenter à cet examen, en tant que candidat libre. «Je compte tenter une troisième fois, ma chance pour décrocher le Baccalauréat en série L. Je révise mes leçons durant la soirée et très tôt le matin, avant de me rendre au travail», soutient le conducteur, qui dit pratiquer ce métier depuis le bas âge à Kaolack, surtout pendant les vacances scolaires, nous dit-il.
Pratiquant ce métier depuis trois mois, Mor Dièye a dû se rabattre sur les «taxi Jakarta», après un échec dans le commerce qu’il dit avoir investi d’abord. Tout en déplorant les tracasseries policières, il laisse entendre qu’une réglementation de leur secteur les aiderait davantage à exercer leur métier sans anicroche. Mor Dièye, qui a quitté Kaffrine pour rejoindre la capitale sénégalaise, espérant avoir un avenir beaucoup plus radieux, souligne qu’il peut arriver qu’il se retrouve avec 10 mille francs de recettes journalières. Il peut arriver aussi que les choses ne marchent pas comme il le souhaite.
Ce n’est pas seulement à Dakar qu’il transporte de la clientèle. Mor Dièye renseigne qu’il lui arrive en se rendant à Kaffrine, de conduire un client à destination, moyennant 5 mille francs Cfa. Un autre conducteur de moto-Jakarta, qui ne souhaite pas dévoiler son identité, de dire qu’il y a une dizaine de jours, il a transporté un client de Dakar à Mbour en aller et retour, contre une somme variant entre 15 et 20 mille francs Cfa.
Employé d’un tiers, le jeune homme souligne qu’on lui exige une recette journalière. «On me demande de verser 3000 francs par jour. Après avoir acheté du carburant, tout ce que je gagne me revient de droit», soutient celui qui demande aux autorités de les aider à disposer d’un garage, où ils pourront garer leurs motos et exercer de la meilleure des manières, leur métier. «Un garage est aménagé ici pour les taxis et les taxis-clandos. Nous voulons qu’on nous cède un espace, où les clients viendront nous trouver facilement», indique le jeune conducteur de moto-Jakarta, qui souhaite qu’un permis spécifié soit dédié aux conducteurs de Jakarta. D’autant que la majorité d’entre eux ne disposent pas de permis de conduire et de carte grise, souligne-t-il avant de dire, qu’il «faudrait casquer entre 60 et 70 mille francs pour pouvoir disposer d’une carte grise».

Garer sa voiture et rouler en Jakarta pour aller au travail
Avec les travaux au niveau du rond-point Case-bi, le trafic devient de plus en plus difficile. C’est au pas de caméléon que la circulation des voitures, prises dans les bouchons, se fait. Un jeune conducteur de moto-Jakarta nous a fait une confidence selon laquelle, il y a plusieurs personnes qui garent leur véhicule chez eux, optant de se rendre au travail en louant les services des motos-Jakarta. Une manière pour eux de montrer l’«important» rôle qu’ils remplissent en ces temps dans la capitale sénégalaise, où ils disent n’avoir besoin que d’une quinzaine de minutes souvent pour rallier le centre-ville en partant de la banlieue.
Une question taraude l’esprit d’une certaine opinion, craignant souvent de voyager à bord de ces deux-roues qui, d’après elle, ne remplissent pas toutes les conditions sécuritaires, avec souvent des accidents graves. Et Mor Dièye de mettre cela, sur le compte «d’une irresponsabilité» de la part de certains conducteurs, qui devraient prendre le soin de s’entourer de certaines garanties en respectant les règles de bonne conduite, a-t-il laissé entendre.

ambodji@lequotidien.sn

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2 réponses

  1. yvesbzh dit :

    Le jour où l’on verra un seul chauffeur Sénégalais respecter le code de la route, les poules auront des dents

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