L’AFRIQUE VEUT CHANGER LE SYSTÈME FINANCIER MONDIAL

Macky Sall fait le procès du système financier international

Le chef de l’Etat sénégalais a durement critiqué les règles régissant la gouvernance économique mondiale « qui ne correspondent pas à nos réalités ».

Le président Macky Sall n’y est pas allé par quatre chemins pour dénoncer les exigences des institutions financières internationales envers les pays africains. « Tout le monde est d’accord que les conditions actuelles qui régissent la gouvernance économique sont dépassées et inadaptées à la réalité. A quoi bon donc continuer à imposer à l’Afrique de respecter des chiffres de déficit de 5 % ou 6 % dans cette double crise ? Ça n’a aucun sens », a pesté le président en exercice de l’Union Africaine (UA), selon Apanews.

Selon ce dernier, les politiques économiques en vigueur ont été adoptées bien avant les indépendances des pays africains. « Nos réalités ne sont prises en compte ni par les agences de notation ni par ceux qui décident. Mais c’est clair que ça ne marche pas. Et ça ne peut pas marcher. C’est ça la vérité. Soit, nous avons le courage de le dire ou on se tait », a soutenu le président Sall.

Macky Sall s’exprimait lundi à l’ouverture à Diamniadio de la réunion ministérielle de la 54e Conférence de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies.

A en croire le chef de l’exécutif sénégalais, si le statu quo perdure « c’est l’atteinte même des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 qui sera définitivement compromise ». Partant de là, il a souligné la nécessité de sortir des schémas classiques qui ont déjà montré leurs limites même en temps normal. « C’est pourquoi, nous plaidons pour l’effectivité des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) pour nos pays », a déclaré Macky Sall.

Sur les 250 milliards de DTS émis par le FMI, seuls 33 milliards, soit 5 % ont été alloués à l’Afrique. « C’est ce que nous pesons selon les règles qui gouvernent le monde. Est-ce que c’est ce que nous pesons réellement sur l’économie mondiale et la population mondiale ? Les règles sont injustes. Elles sont dépassées et il faut que nous ayons ensemble le courage de remettre cela en cause avec ceux qui veulent progresser. Ceux qui ont un humanisme et une solidarité pour faire bouger les lignes », a-t-il martelé.

Soulignant la volonté des Etats africains d’innover en cette période de double crise, le président Macky Sall a invité les initiatives américaines et européennes consacrées à la relance à s’inscrire dans cette approche innovante avec des prêts longues durées en contrepartie de réalisation de projets d’infrastructures structurantes en co-traitance avec le secteur privé africain.

« Cela me parait essentiel et sans conditionnalité parce qu’autrement ces belles initiatives risquent de connaître les mêmes trajectoires », a-t-il averti.

Par ailleurs, Macky Sall a appelé l’Organisation de Coopération et de Développement économique (OCDE) à revoir ses règles d’octroi de crédits aux pays africains. « Les pays développés veulent vendre, nous voulons acheter et construire notre développement alors le dialogue entre nous devrait être facile mais les règles sont difficiles », s’est-il désolé.

Pour le successeur de Félix Tshisekedi à la tête de la présidence tournante de l’UA, « l’Afrique ne parle pas d’aide pour se développer mais de partenariats puisque l’aide ne permet de régler aucun problème mais au moins qu’on discute sur les conditions d’accès aux crédits, aux marchés financiers dans des conditions que les pays développés utilisent pour avoir des ressources ».

Il a ainsi plaidé pour l’allongement des maturités des prêts de l’OCDE pour une meilleure adéquation avec la durée d’exploitation des infrastructures financés par ces crédits import-export.

De même, Macky Sall a dénoncé l’obligation d’acompte de 15 % et la mauvaise notation des pays africains du fait de la perception très élevé du risque par rapport aux risques réels. Ces paramètres entraînent, d’après lui, un renchérissement des crédits qui rend les pays africains moins compétitifs.

Il a ainsi pointé du doigt ces pays qui souvent ont des problèmes de recettes et ont du mal à s’acquitter de l’acompte alors qu’on pourrait se contenter de 5% avec des durées d’au moins vingt ans.

« On ne peut pas construire un chemin de fer et demander un remboursement sur 10 ans, ou une centrale électrique à rembourser sur la même durée, ce n’est pas possible », a soutenu M. Sall.

Le chef de l’Etat sénégalais a enfin réitéré la nécessité de mettre un terme aux congés fiscaux induits dans le secteur extractif afin de renforcer le financement des économies africaines. Selon le président Sall, l’autre enjeu de financement des économies africaines réside dans la justice fiscale notamment dans le secteur extractif, mines, gaz…

« Comme partout ailleurs, l’exigence du paiement de l’impôt là où la richesse se crée, doit être effective en Afrique. Si, on nous paie les taxes dus, on n’aurait même pas besoin de l’aide publique au développement. C’est un enjeu de plusieurs milliards par an, une opportunité de croissance et de prospérité pour nos pays », a-t-il fait savoir.

africanmanager.com

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5 réponses

  1. oyster dit :

    « Tout le monde est d’accord « pour dire qu’il faut changer le système ,sauf que chacun veut se préserver de l’autre .
    La prévision à long terme qui inspire confiance n’est pas en rapport avec le vivre à court terme des Africains.
    en attendant le palabre sans fin ne fait pas reculer la méfiance.

  2. Didier dit :

    Le Macky a raison : tout l’argent qui va de l’étranger vers le Sénégal doit être considéré comme des DONS sans possibilité pour les donateurs de contrôler leur affectation. C’est pas un peu facile ?

  3. amy dit :

    Macky SALL dénonce les règles des institutions financières internationales qui sont dépassées et inadaptées. C’est le même qui plaide pour l’annulation de la dette africaine. C’est le même qui prétend renégocier les contrats passés entre l’Etat du Sénégal et les entreprises privées. Mais monsieur le Président pour passer un contrat il faut être deux au moins et en remettant en cause votre signature, vous envoyez un signe très très fort à vos partenaires. Ce signe attendu est la CONFIANCE et je crois que vous l’avez perdue depuis longtemps

  4. issa gibb dit :

    Propos d’un mendiant pleurnichard professionnel
    Comme si les acteurs mondiaux vont écouter ses doléances à la con…
    Car il a perdu le sens des réalités mondiales
    Et perdu la confiance à l’International :
    Par ses comportements dictatoriaux dans son pays
    avec la censure de la presse, les tirs policiers à balles réelles,
    ses tentatives de museler toutes oppositions…
    Par ses positions neutralistes dans la guerre en Ukraine
    ou ses positions anti-homosexuelles de plus en plus soutenues
    Puis, ses remises en question des contrats avec les investisseurs étrangers
    pour toucher plus de jackpots, s’en avoir rien foutu et s’en rien foutre
    en chiant sur les règles élémentaires des contrats en droit international…
    Tout comme il a perdu la confiance de son peuple :
    Avec les promesses de 2012, désormais rangées au oubliettes
    Une émergence descendue à un pays à économie limitée
    Avec un peuple Sénégalais toujours enfoui dans la misère,
    malgré quelques autoroutes et de si nombreuses mosquées
    Le nombre des enfants Talibés Esclaves mendiants qui a doublé
    Pour découvrir que les jeunes Sénégalais n’ont pas toujours d’emplois
    lors les émeutes de mars 2021 après 9 ans de gouvernance ???
    => Finalement, le mauvais cholestérol du gros patapouf-pdt
    ne fait pas bon ménage avec une bonne gouvernance éclairée… In chà Allah !

  5. Marc Rond dit :

    Le Sénégal pèse tellement sur le plan économique qu’il peut imposer sa loi !

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