ÉCOLE DE COSMÉTIQUE À DAKAR

Une école de cosmétique à Dakar pour multiplier les chances d’emplois

Une nouvelle école privée de cosmétologie, Farifima International Cosmetology School, vient d’ouvrir ses portes à Dakar début avril pour former les jeunes à différents métiers du cosmétique, à l’initiative d’une entrepreneuse qui a déjà lancé sa propre ligne de produits de beauté. Un moyen de former les jeunes qui obtiendront au bout de six mois un certificat reconnu par l’État en fabrication cosmétique alors que ce secteur est en plein boom.
Trente jeunes ont les yeux rivés sur le tableau où la formatrice, Mariane Ouattara, inscrit la formule d’une crème de jour. Après avoir lancé son laboratoire et sa marque de cosmétiques, l’entrepreneuse et docteure en chimie a décidé de créer une école suite à un constat :
« Il n’y a pas de formation, il n’y a pas de main-d’œuvre dans ce milieu. En ouvrant cette école, je forme des personnes qui vont travailler d’elles-mêmes, de futurs employés. Les débouchés ne sont pas seulement dans le milieu des cosmétiques ; on fait du contrôle qualité, de l’agro-alimentaire cosmétique. Des personnes iront dans les pharmacies pour conseiller des clients, dans les laboratoires ou le positionnement des marques. Nous forgeons aussi les personnes à être autonomes, à pouvoir se battre, parce que dehors, ce n’est pas facile. »
Après la théorie, la pratique. Les jeunes expérimentent la formule dans le petit laboratoire. Aminata Zaraï Sambou suit cette formation pour se reconvertir et créer sa propre marque de produits capillaires. « Quand j’ai pensé lancer mon propre projet, ma propre entreprise, je ne savais pas ce que j’étais en train de faire. Tout allait bien pour aller voir les financiers, mais la fabrication et la production cosmétique, c’est quelque chose que je ne maîtrisais pas. Et si toutes les matières sont déjà disponibles ici, nous sommes les mieux placés pour être sur le marché. »
Nguissaly Ndiaye, le seul homme de la formation, veut lui professionnaliser son commerce d’huiles cosmétiques naturelles et artisanales. « Dans tous les grands laboratoires, il y a des hommes dans les cosmétiques et dans l’industrie chimique. Pour les produits cosmétiques, les hommes sont les clients les moins fiables. Mais on commence à sentir une légère amélioration avec les pousse-barbe, certains parfums. Donc si on arrive à développer certains produits, ils vont sûrement adhérer. Surtout les cosmétiques naturels, c’est quelque chose qui commence à plaire. C’est un métier de l’avenir. »
Ce projet bénéficie du soutien du Fonds de financement pour la formation professionnelle et technique (3FPT), où travaille Sidy Ba. « C’est un certificat de spécialité qui dure six mois. Nous accompagnons les jeunes en payant leurs frais de formation. Nous en avons déjà accompagnés 120, pour un coût avoisinant 50 millions de francs CFA. » Sur le long terme, l’objectif est de démultiplier les écoles, dans toutes les régions du Sénégal.
Selon le dernier rapport du média spécialisé Setalmaa sur les produits de beauté en Afrique francophone, les produits capillaires, de soins de la peau et de maquillage représentent un marché de 874 millions d’euros en 2020 et pourraient passer à 1,5 milliard d’euros en 2025. Un secteur donc très porteur avec un fort potentiel d’emplois.
Théa Ollivier/RFI

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