NUAGE DE POUSSIÈRE ET SABLE SUR DAKAR ET PLUSIEURS LOCALITÉS

Les populations entre nécessité de vaquer aux occupations et risques sanitaires

Depuis la soirée d’avant-hier, mardi 16 février, Dakar a commencé à être envahi par un nuage de poussière. Cette situation s’est accentuée le lendemain mercredi où l’atmosphère est devenue plus hostile. Mais cette couche de poussière qui a couvert toute la capitale n’a pas empêché certaines populations à vaquer à leurs occupations. Ce malgré les mises en garde des spécialistes appelant à limiter les déplacements, sauf en cas de nécessité, et à se couvrir et porter correctement son masque, surtout les personnes vulnérables (asthmatiques, allergiques, sinusite etc.). Et pour faire face à la poussière, certains Dakarois rencontrés disent avoir pris des précautions pour mieux se protéger, surtout en cette période de pandémie du coronavirus.
Les prévisionnistes de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) ont alerté, dans leur bulletin météo, sur la prédominance d’un ciel passagèrement nuageux à couvert par endroit mardi soir et dans la journée de mercredi. Et bien, toute la journée d’hier, du mercredi 17 février 2021, à l’image de plusieurs localités du Sénégal, Dakar était entièrement couvert d’une épaisse couche de poussière.
En sillonnant les rues de certains quartiers de Dakar, particulièrement à Ouakam, l’ambiance n’était pas du tout celui habituel. Déjà vers 12 heures, à Ouakam, alors que le ciel était nuageux et couvert, le soleil dardait ses rayons sur terre. Et pour beaucoup de gens interrogés, la poussière demeure un phénomène naturel.
Toutefois, ils affirment avoir pris toutes les dispositions nécessaires afin de faire face à la situation. La dame Ramata Diallo, une commerçante âgée d’une cinquantaine d’années, trouvée entrain de discuter avec ses clients, ils échangent sur des prix, est de ceux-la. Interrogée sur la couche de poussière et son activité au dehors, la dame avance : «même si je ne souffre pas d’une maladie pulmonaire comme l’asthme, avec la poussière je me protège. Car, avec cette pandémie de Covid19, je suis obligée de porter le masque. Mais aujourd’hui, la situation est un peu dégradante et on est aussi exposé à la poussière. Je fais de mon mieux pour y remédier. D’autant plus que c’est un phénomène naturel, on prie Dieu que cela s’arrête là pour qu’on puisse continuer nos activités», mentionne-t-elle.
Suivant Ramata Diallo, le jeune homme Souleymane Karré explique, en ce qui concerne la poussière, qu’il s’en est toujours prémuni. «On est tous le temps protégé, et vue la poussière d’aujourd’hui, la protection est renforcée. Avec les masques, on se protège non seulement du vent et du coronavirus, mais ça nous permet d’éviter de chopper certaines maladies. Et la poussière peut affecter les personnes souffrant de la sinusite et d’autres maladies. Pour une nette protection, il faut porter le masque. Nous devons tout le temps nous protéger, surtout avec cette poussière», détaille le sieur Karré. Et dans ce même sillage, Fatou Thiam rejoint ses camarades commerçants. «La poussière demeure dangereux pour la santé. Sur ce, nous devons nous protéger, porter les masques et faire de notre mieux pour ne pas être infecté. Je ne suis pas atteinte des maladies pulmonaires ; n’empêche, je me protège jusqu’aux dents car mieux vaut prévenir que guérir. Le seul moyen recommandé, c’est de se protéger et redoubler d’efforts pour bien préserver sa santé», affirme-telle.
LE MIEUX POUR UN ASTHMATIQUE, C’EST DE RESTER A LA MAISON, DANS UNE CHAMBRE AEREE
En dehors de ces personnes bien portantes, la poussière a des impacts sur les enfants et les asthmatiques. Ce que confirme Salif Anne, infirmier en formation à l’Institut service de Santé de Dakar, précisant qu’elle entraine «la perturbation de la respiration chez les enfants. On parle de Bronchiolite, c’est-à-dire des difficultés respiratoires au niveau des bronches. Pour les asthmatiques, la poussière est dangereuse et cela peut aggraver leur situation. Le mieux, c’est de porter un masque ; mais cela n’est pas toujours efficace, car ils ont des difficultés avec le masque. Cela ne les arrange pas car ils ont besoin de l’oxygène. Et, avec le manque d’air, ils risquent encore mieux de souffrir. La meilleure solution en ces périodes de poussière, c’est de rester chez eux, dans une chambre un peu aérée», explique l’étudiant. Et il ajoute que «la poussière peut affecter les personnes ayant une pathologie, ce qui peut développer des réactions allergiques au niveau pulmonaire. Chez les enfants aussi, cela peut les exposer, mais elle peut également perturber la respiration chez les personnes non malades», alerte-t-il.
Aissata KEBE/sudonline.sn

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