Saly a le blues

SALY : La station a le blues
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Cette année encore, la saison touristique n’a pas produit les résultats escomptés. A Saly, le taux de fréquentation des hôtels dépasse légèrement les 50% selon le président du Syndicat d’initiative de la région de Thiès, Boubacar Sabaly. Il informe d’une baisse de 30% des arrivées de touristes français. « Où sont passés les touristes ? », s’interrogent les hôteliers. Pour eux, la réponse est à chercher d’abord dans le déficit de promotion de la Destination Sénégal. Le patron de l’hôtel « Les Bougainvillées » juge dérisoire le montant d’un milliard alloué pour la promotion de la Destination. Au moment où nos concurrents, à savoir la Tunisie et le Maroc, ont des budgets de promotion chiffrés à des dizaines de milliards de FCFA. Plus grave, pour lui, les autorités chargés du secteur, malgré leurs nombreuses participations à des Salons de tourisme dans les marchés émetteurs, tardent encore à faire du Sénégal, « un paradis touristique ». D’autre part, les coupures intempestives du courant ont aussi sérieusement affecté la saison, malgré le fait que beaucoup d’entre eux disposent de groupes électrogènes. Ces délestages ont surtout perturbé l’alimentation correcte en eau de la station et surtout du côté de la Somone. Le malaise des professionnels a été atténuée par les groupes électrogènes achetés par la Sapco. Ce qui a permis un bon fonctionnement des châteaux d’eau et une bonne alimentation en eau de la station balnéaire. Les petites structures ont plus souffert de cette situation. Servir des produits frais leur était difficile, faute de groupes électrogènes. En mal de promotion, elles se sont rabattues sur la clientèle locale difficilement décrochée dans les grosses entreprises de la place. Les délestages plongeaient souvent Saly dans une grande obscurité. Le résultat est que les touristes n’osaient plus sortir. Les bars, restaurants et autres Fast Food tournaient ainsi au ralenti. Ce qui a durement affecté l’économie mbouroise. LES MAUX DE SALY Il y a, en premier lieu, la prostitution. Nombreuses sont devenues maintenant les filles qui fréquentent la station pour y exercer le plus vieux métier du monde. Elles viennent de Mbour, mais de plus en plus, de Dakar et Thiès. Elles logent à Mbour et la nuit, on les retrouve dans les nombreuses boites de nuit de la station. Certains n’hésitent plus à dire qu’« à Saly, c’est le tourisme sexuel ». L’insécurité y est aussi un phénomène préoccupant. Il y a quelques mois, un Français du nom de Bruno Bassoly a été agressé et tué en plein jour sur la route de la Somone. Un autre touriste, d’origine espagnole, fut aussi tué à Saly Niakh Niakhal dans sa résidence. La brigade spéciale de gendarmerie de Saly a, certes, renforcé ses moyens, mais le mal persiste encore. La mendicité gangrène également Saly. Ils sont de plus en plus nombreux les mendiants qui ont jeté leur dévolu sur Saly. Il paraît qu’on y donne des aumônes en euros. De même, la fréquentation de la station par les enfants tend à favoriser la pédophilie. C’est pourquoi, la Gendarmerie a pris des mesures dra c oniennes pour limiter l’entrée des talibés dans la station. Une certaine anarchie est aussi notée à certains endroits. Des commerces ont fini d’occuper les chaussées. Le village artisanal étouffe, ses occupants dépassent largement le nombre initialement prévu et de mauvaises installations électriques sont constatées sur les lieux avec des risques réels d’incendie. On voit des jeunes qui se considèrent comme des antiquaires et qui harcèlent les touristes dans la rue. Ces derniers n’osent même plus se rendre à certains endroits de Saly et de Mbour de peur d’être agressés verbalement, voire physiquement. Enfin, Saly n’est pas saturé, mais il est vieillissant. Plusieurs réceptifs hôteliers datent de la création de la station dans les années 80. Le fonds pour la réhabilitation de Saly n’est toujours pas dégagé. Pourtant, la SAPCO a de grands projets dans de nouvelles zones touristiques comme Pointe Saréne, Joal- Fadiouth et Mbodiéne.
Source: « Réussir/Le magazine du Business »

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1 réponse

  1. EagleIV dit :

    Cet article est un bon résumé de la situation touristique sur Saly, mais qui peut également être étendue au reste du pays, car il est manifeste que les touristes délaissent le Sénégal qui reste une destination chère alors que les infrastructures s’effondrent.

    Je vois mal dans l’immédiat l’arrêt de cette chute, d’autant que la conjoncture économique mondiale y contribue n’arrange pas les affaires.

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