FORUM MONDIAL DE L’EAU DANS UN PAYS DE PÉNURIE GRAVE…

Forum mondial de l’eau à Dakar : « La sécurité de l’eau pour la paix et le développement durable »

Du 21 au 26 mars, Dakar, au Sénégal, accueille le 9e Forum mondial de l’eau (FME), principal événement international sur les questions d’eau douce. Décryptage avec l’hydrologue Emma Haziza, fondatrice et présidente du centre de recherche Mayane, pour l’adaptation des territoires face aux risques majeurs, notamment au réchauffement climatique.

La communauté mondiale de l’eau et de l’assainissement va se retrouver au Sénégal, du 21 au 26 mars prochains, pour la 9e édition du Forum mondial de l’eau sur un thème évocateur : « La sécurité de l’eau pour la paix et le développement durable ».

Ce forum, organisé tous les trois ans par le Conseil mondial de l’eau, est le plus grand événement international sur l’eau. Il réunit des participants de tous les niveaux et dans tous les domaines, y compris dans le monde politique et universitaire. La société civile et le secteur privé sont également représentés, et en quelques années le nombre de participants est passé de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers de représentants.

Une première en Afrique subsaharienne

C’est la première fois que le forum mondial de l’eau est organisé dans un pays de l’Afrique subsaharienne. « Dakar, c’est vraiment la ville de tous les extrêmes » explique Emma Haziza. Depuis la fin des années 60, le Sénégal est soumis régulièrement à des périodes de sécheresse intense. Un phénomène qui s’accentue avec le réchauffement climatique.

En parallèle, Dakar est aussi une ville qui est régulièrement confrontée à des inondations importantes, notamment sur la zone côtière car l’eau s’infiltre de plus en plus dans les sols et de manière durable. »En fait Dakar est l’un des lieux les plus vulnérables de la planète », ajoute l’hydrologue. L’Afrique ne manque pas d’eau, elle manque d’infrastructures de distribution et d’assainissement. Toutes les régions du pays sont concernées, aussi bien les milieux urbains que les zones rurales.

Les villes sont soumises à ce que l’on appelle un « îlot de chaleur urbain ». À chaque fois que la température grimpe, le manque d’eau et la sécheresse s’accentuent et les villes se retrouvent avec des problèmes d’adduction en eau potable. Les zones rurales sont également concernées. « En campagne, on observe des phénomènes importants de pollution des sols, dans lesquels il n’y a plus de matière organique, plus de microbiote, ce qui entraîne des problèmes énergétiques et alimentaires », poursuit Emma Haziza.

Et de conclure : « Vu les prévisions démographiques des pays africains, on se rend compte que dans l’avenir, on aura de plus en plus d’assoiffés, mais aussi d’affamés ».

Un africain sur quatre ne dispose pas d’accès à l’eau potable

Et la population du continent africain devrait doubler d’ici à 2050. L’une des priorités aujourd’hui, c’est de travailler à l’amélioration de la qualité de l’eau car « lorsqu’on a un problème de quantité, il faut absolument que la qualité soit là », explique la spécialiste de l’eau. Il faut absolument trouver une solution pour la gestion des déchets et des pollutions à l’origine de la plupart des maladies liées à l’eau.

Des maladies qui font de nombreux décès chaque année, notamment des enfants. Selon les chiffres de l’UNICEF, 500 enfants meurent chaque jour dans les pays d’Afrique subsaharienne à cause du manque d’eau salubre et d’un assainissement insuffisant. Et ce qui est vrai en Afrique est également une réalité en Inde, où l’on creuse de plus en plus profondément dans les nappes, et où l’on atteint des niveaux de cyanure très importants, ce qui vient contaminer directement la population.

En Afrique subsaharienne, 70% des habitants ne sont reliés à aucun réseau, ce qui veut dire que tous les rejets vont dans la nature, entraînant une pollution immédiate et sur le long terme des milieux naturels. « Comprendre le problème de l’eau , c’est comprendre qu’il y a un problème au niveau économique, mais aussi énergétique, alimentaire et sanitaire ».

« Ceux qui auront le pouvoir demain, seront ceux qui auront des réserves d’eau et qui auront les moyens de les défendre pour les conserver. »
Emma Haziza, hydrologue

L’un des enjeux géopolitiques de l’eau, c’est la gestion coordonnée des bassins hydriques internationaux. Le fleuve Sénégal par exemple, traverse la Guinée, le Mali et le Sénégal , ce qui veut dire « partage de l’eau » ! Une source régulière de conflit et de trafic également.

Emma Haziza est toutefois plus mesurée. « Contrairement à ce que l’on peut penser, on a très peu de guerre de l’eau, à proprement parler », dit-elle. L’hydrologue estime que l’on observe surtout des conflits qui se règlent par la coopération entre les différents pays, le problème c’est que cette coopération profite toujours au plus fort ! Et selon elle, le plus fort n’est pas forcément celui qui dispose de l’eau sur son territoire, mais celui qui a les réserves militaires pour intimider l’autre.

franceinfo – Catherine Pottier

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7 réponses

  1. Reginald GROUX dit :

    Dans la région de Fimela, le camion d’eau vendu 1 500 francs le m3 au lieu de 350 au robinet. La SEOH fait payer lourdement les usagers pour une rupture de service qui, contractuellement, ne devrait pas durer plus de 24 heures. L’argent a été trouvé pour acheter des camions neufs, mais pas pour améliorer la distribution : toujours peu d’eau au robinet, quand il y en a.
    Tant que ce qui ressemble fort à un racket continuera, il n’y a pas de raison que l’eau revienne au robinet. C’est tout simplement scandaleux : rupture de service, et c’est l’abonné qui paye au lieu d’être dédommagé. Naturellement, difficile de comptabiliser le nombre de rotations des camions, et tout le monde pense que c’est pour certains un moyen de gagner de l’argent sur le dos du consommateur. Personne ne bouge, cela fait cinq ans que ça dure… La réhabilitation du Château d’Eau de Yayème, lequel devait mettre fin au problème, semble n’avoir jamais été finie malgré les milliards dépensés pour sa réfection (sans doute plus cher que pour en construire un neuf); Forum de l’eau = gros pognon à venir, mais pour qui ?

  2. Alexandre Vanbraekel dit :

    les constructions de nouveaux sites de nouvelles villes vont bons trains , le tuyaux d’eau sont posées un peu partout mais rien dedans … les milliards des pays donateurs sont vite engloutis … ou ? mystère , mais les dons affluent de partout mais deviennent invisible comm el’eau !
    le Sénégal se trouve sur la plus grande nappe d’eau d’Afrique … mais ….
    le Forum de l’eau à Dakar déplacent beaucoup de monde coute cher et puis s’en vont et puis plouf plus rien…
    Et on se donne rendez vous l’année prochaine même heure pour revoir les copains …
    Merci Merci merci plouf je me noies dans mon chagrin !!!

  3. Stephane dit :

    Les ingénieurs et techniciens Sénégalais ont été incapables de souder une buse en  » Y  » au lac de Guer au bout de 3 mois ils se sont allongé devant l ‘expertise Française tellement ca grondais dans tout le pays

  4. Ndiaye dit :

    Il faut que les pays riches financent un peu plus et le problème est réglé. pas besoin qu’ils prennent l’avion pour assister au forum et dormir à l’hotel 5etoiles

    • Stephane dit :

      Sénégal n ‘est pas un pays pauvre, mal géré , incapables de faire un nœud au bout de leur zob,et une facilité de lécher le fion des colons

    • Alexandre Vanbraekel dit :

      les pays riches ne font que ça donner donner donner donner mais savez vous me dire ou les dons sont …. ?????

  5. yvesbzh dit :

    Pourquoi financer une énième fois ce que l’on à déjà financé ????
    Demandons nous plutôt OU est passé l’argent ???
    Que le Sénégal se démerde tout seul.
    Qu’il demande à son grand ami Poutine.

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