QUELLE PAUVRETÉ AU SENEGAL ?

Pauvreté subjective au Sénégal : «56 % des Sénégalais s’estiment pauvres» (Mounirou Ndiaye, économiste)

Le débat sur les chiffres de la pauvreté au Sénégal n’est pas à son épilogue. La polémique enfle toujours, surtout après les sorties du ministre de l’Economie battant en brèche les chiffres de l’Ansd. Analysant le phénomène à l’aune de l’augmentation de la population, Mounirou Ndiaye, enseignant à l’université Iba Der Thiam de Thiès, invite à «tout relativiser».

«En 2011, qui est l’année de repère, il y avait 13,3 millions d’habitants au Sénégal. En 2019, il y avait 17,3 millions d’habitants. Calculer la pauvreté sur 13 millions d’habitants et sur 16 millions d’habitants, c’est différent. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que c’est une pauvreté monétaire qui est mesurée. C’est-à-dire on prend le Pib en volume et on divise par la population. C’est normal qu’effectivement, le taux baisse», explique-t-il sur le plateau de l’émission «Objection» de ce dimanche sur Sud Fm.

Mais, précise-t-il, sur la plan réel, tenant compte de l’inflation, «il y a ce qu’on appelle la pauvreté subjective». «Cette pauvreté subjective a été mesurée par l’Ansd en 2016 et elle disait que 56 % (45 % à Dakar) des Sénégalais s’estiment pauvres eux-mêmes», révèle Mounirou Ndiaye. Ces derniers s’estiment pauvres, car des facteurs liés à l’inflation ou à l’augmentation de leurs charges font qu’ils n’arrivent plus à mener la même vie qu’il y a quelques années, avec le même revenu.

«Alors qu’aujourd’hui, les statistiques nous disent qu’il y a 56 % de pauvres en monde rural et 19,8 % de pauvres en zone urbaine. Donc, tout est à relativiser», souligne-t-il.

Thiebeu NDIAYE – Seneweb.com

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. issa gibb dit :

    La misère d’un pays ne se mesure pas qu’au seul niveau monétaire ou du montant du PIB par habitant…
    Mais aussi, la misère (éducative) se mesure quand un pays n’a que 34 % de ses enfants scolarisés à plein temps, loin, très loin de pays Africains, comme le Maroc, le Rwanda ou l’Ethiopie qui avoisinent 90% d’enfants scolarisés, malgré toutes les aides internationales au Sénégal pour l’Education de ses Enfants ???…
    Mais aussi, la misère (libertaire) se mesure quand un peuple est privé de ses libertés et droits fondamentaux, comme dans une dictature bananière, avec des cas de tortures ou d’assassinats dans ses prisons, etc …
    Mais aussi, la misère (religieuse) se mesure quand un peuple est opiumisé par la pratique d’une Religion dévoyée jusqu’à laisser des marabouts escrocs, mettre ses propres enfants en Esclavage de la mendicité forcée au 21° siècle, au nom de cette même Religion…
    Mais aussi, la misère (politique) se mesure quand un Etat ne fait rien pour instruire son peuple pour mieux le gouverner, le manipuler et l’enfumer de promesses jamais tenues ou quand un Etat laisse racketter les automobilistes par ses policiers et ses gendarmes, en toute impunité, etc …
    Mais aussi, la misère (économique) se mesure quand la Corruption sévit dans un pays, comme sport national dans toutes les strates du pays jusqu’au plus au sommet de la primature, plus tous les détournements des aides internationales, qui empêchent le pays de se développer depuis les Indépendances, même pas d’émerger….
    Mais aussi, la misère (judiciaire) se mesure quand un président et son ministre de la Justice sont membres du Haut Conseil de la Magistrature, bafouant toutes les règles de la séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire dans une démocratie, pour mieux écarter selon son bon gré, ses opposants politiques et protéger les malversations de ses amis alliés politiques…
    Mais aussi, la misère (culturelle) se mesure quand des Associations Islamistes dénoncent à la police complice, le sac même pas rose, mais blanc du chanteur Waly Seck, le tee-shirt mouillé, trop moulant dans le vidéo-clip de la chanteuse Princesse Mayor aux cheveux rouges, dans un pays qui ne sait qu’abreuver son peuple, de combats de lutte, de matchs de football et de débats religieux comme seuls programmes de télé…
    Mais aussi, la misère (intellectuelle) se mesure quand les religieux confrériques font interdire au Sénégal, le livre « Les Derniers Jours du Prophète Mouhamed » d’une écrivaine Tunisienne ou encore quand le vice-président de la Fédération des maitres coraniques Sénégalais lance une fatwa contre le président et le gouvernement à cause d’un projet de modernisations de daaras pour sortir les enfants Talibés mendiants, de la rue ???…
    Etc… Ainsi, on peut facilement comprendre que le Sénégal n’est pas qu’à 56% de pauvres, mais que le Sénégal est bien enfoncé à 100 % dans la misère (ou dans les misères) avec les exemples cités, ci-dessus (Liste non-exhaustive)… In chà Allah !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :