HONTEUSE SENELEC

La Sénélec, comme jamais, comme partout dans le pays, n’assure pas ses installations et fatigue la pays de ses coupures quasi permanentes. Un exemple du scandale à Foundiougne:

Coupures d’électricité à Foundiougne: le courroux des populations

Les coupures intempestives d’électricité soulèvent l’ire des populations. La Société nationale d’électricité avance des problèmes de transport causés par les intempéries.

Foundiougne est une presqu’île située dans la façade maritime du Delta du Saloum. Même s’il reste une localité paisible, cette ville est confrontée à des difficultés. Celles-ci ont pour noms : manque d’eau, d’infrastructures et des coupures intempestives d’électricité. L’électricité y est même un luxe. Chaque jour, des dizaines de coupures d’électricité sont enregistrées sans aucune explication et les populations semblent se résigner. Debout devant son local, la restauratrice Maguette Faye marchande du poisson pour le repas du jour. Vêtue d’une robe bleue, foulard autour de la tête, la jeune dame dit ressentir l’impact des coupures d’électricité. « Les coupures ont fini par avoir raison de mon frigo. Je ne sais combien de fois j’ai dû jeter mes provisions faute d’électricité. Mes produits pourrissent entre mes mains au quotidien. C’est pour cela que j’achète les produits au jour le jour. Cela a impacté mes revenus car le prix du poisson varie et je ne peux pas augmenter le prix du plat de riz. Je perds des clients et du profit. Je ne sais pas ce qui se passe avec la Senelec, mais elle nous fait vivre un enfer », déclare la jeune dame.
Souvent, plus 20 coupures par jour sont notées et il arrive, selon la restauratrice, que les gens passent 24 heures sans électricité. Pape Fall est un réparateur d’appareils électroménagers. Depuis des mois, son travail est au ralenti à cause des coupures.
Devant son atelier, il discute avec un groupe d’amis. Ce père de famille se tourne les pouces faute d’électricité. « Je suis au chômage, comme vous pouvez le constater. Et pourtant ce n’est pas le travail qui manque. Les coupures récurrentes d’électricité peuvent endommager les appareils que j’utilise car, après chaque coupure, le courant revient avec plus de voltage », note le bonhomme. D’après lui, ces derniers temps, des coupures de 12 heures voire 24 heures sont notées. « J’ai arrêté de compter le nombre fois que le courant est coupé par jour. Il arrive que je travaille la nuit car c’est pendant cette période que nous avons un peu de stabilité. Ce qui se passe à Foundiougne est inadmissible et les conséquences sont dramatiques », s’insurge Pape Fall.
Mamadou Diouf, tailleur de profession âgé d’une cinquantaine d’années, subit les méfaits des coupures d’électricité. En discussion avec une cliente mécontente, ce maître tailleur raconte ses mésaventures à cause de l’indisponibilité du courant. « Je suis un doyen dans ce métier, mais aujourd’hui des jeunes osent me manquer de respect parce que je n’ai pas respecté le délai de livraison, alors que ce n’est point de ma faute. On passe nos journées à se tourner les pouces faute d’électricité et cela impacte nos affaires. Les clients nous laissent ici pour aller à Kaolack ou à Fatick car on n’arrive plus à honorer nos engagements. J’ai envie de raccrocher car j’ai des charges que je n’arrive plus honorer », s’indigne M. Diouf. À Foundiougne, les coupures d’électricité impactent tous les secteurs d’activités ; ce qui engendre un manque à gagner énorme aussi bien pour les populations que pour la Senelec.

BIRAMA DIENG, CHEF D’AGENCE DE LA SENELEC

« Les intempéries sont à l’origine des perturbations »

À la Senelec de Foundiougne, on s’active pour soulager les populations, assure le chef d’agence qui valse d’un service à un autre pour expliquer les raisons des perturbations. Selon lui, les intempéries en sont les principales causes. « L’agence de la Senelec de Foundiougne ne produit pas d’électricité. Nous dépendons de centrale de Kahone dont nous ne gérons pas la distribution. La ligne qui relie Foundiougne et Kaolack est très longue. Nous sommes souvent confrontés à des poteaux qui tombent pendant les pluies et cela impacte la distribution de l’électricité. À Touba Sanokho, les poteaux électriques causent beaucoup de problèmes. Nous avons commencé à les changer. Mais on a dû arrêter les travaux à cause de l’hivernage », explique le chef d’agence Birama Dieng. Il précise que l’axe Djilor-Foundiougne ne connaît plus un problème parce que les poteaux ont été changés.
D’après lui, avec les travaux de renforcement de la ligne électrique de Fatick, les coupures seront bientôt un mauvais souvenir. « Notre objectif, c’est d’avoir zéro coupure, mais pour y arriver, les populations doivent nous aider en payant leur facture. Aujourd’hui, la Senelec court derrières des milliards à cause de factures impayées. Cela nous handicape et on doit trouver une solution. Nous sommes au service des populations et chaque fois que la Senelec manque à ses engagements vis-à-vis des populations, elle encourt des pénalités par les corps de contrôle », soutient Birama Dieng, invitant tout un chacun à y mettre du sien pour relever les nombreux défis.

Marie Bernadette SÈNE/lesoleil.sn

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. GARCIA dit :

    Que l’état et les organismes d’état qui doivent plusieurs milliards depuis des années et la Sénélec résoudra ses problèmes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :