PRESSE ET CORONA

La presse sénégalaise craint la dissémination du coronavirus

Les journaux sénégalais, reçus samedi à APA, traitent principalement des potentielles conséquences des récentes mesures entérinées par le gouvernement pour apporter une bouffée d’oxygène à des secteurs affaiblis.Vox Populi note à Dakar « un laisser-aller après l’allègement des mesures anti-Covid ». A en croire ce journal, cela se manifeste par le fait que « des Dakarois prennent d’assaut les rues et les transports (en commun) sans se soucier du port du masque ».
Dans les colonnes de Vox Populi, Professeur Massamba Diouf avertit : « Si on laisse circuler le virus, on risque de perdre les personnes âgées ».
Pour sa part, EnQuête constate que Professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses du Centre Hospitalier et Universitaire de Fann (Dakar) est passé « de héros à zéro ».
Ce quotidien souligne que « depuis un certain temps, les relations entre le ministère de la Santé et Professeur Moussa Seydi ne sont pas au beau fixe. D’après certaines indiscrétions, tout est fait pour savonner (sa) planche et l’écarter de la riposte contre le coronavirus, d’où la nomination du Professeur Ndour à la tête d’une structure concurrente ».
Mais ces « assertions (ont été) rejetées par le directeur de cabinet du ministère (de la Santé et de l’Action sociale) Docteur Aloyse Diouf ».
Sous le titre « Combat épic », Le Quotidien se fait l’écho des « contradictions entre les chiffres et la réalité » de l’épidémie de la Covid-19 au Sénégal.
Poursuivant, ce journal indique qu’ « en testant 1700 personnes, les autorités se sont retrouvées avec 134 cas positifs qui semblent montrer la fragilité de la situation, malgré les dernières assurances du ministre de la Santé et de l’Action sociale qui entrevoyait une maîtrise de la maladie. (Mais) avec 30 cas communautaires, le combat est loin d’être gagné ».
L’AS en conclut que « la Covid-19 reprend (déjà) son envol » au Sénégal. Cité par ce journal, le Professeur Issa Wone, médecin de Santé publique à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (sud) soutient : « Si on veut atténuer les conséquences économiques, il faut assouplir (l’état d’urgence). Mais si on veut que (cet) assouplissement ne conduise pas à la catastrophe, il faut miser sur les mesures de prévention ».
En tout cas, Le Soleil exhorte les populations à « ne pas se relâcher ». Le quotidien national remarque un « rebond des cas communautaires » car, pour la première fois depuis l’irruption du virus au Sénégal, « 30 cas (issus de la transmission communautaire) » ont été enregistrés en une journée.
Dans une interview accordée à L’Observateur, le Professeur Mamadou Diouf, enseignant à l’Université de Columbia, aux Etats-Unis déclare : « La faim ne justifie pas (la prise) de risques qui dépassent largement les individus, mais touchent des communautés entières et peuvent mettre en péril les groupes les plus vulnérables ». D’après cet historien, « les experts en Santé publique et en Economie sont convaincus qu’une réouverture aura des conséquences encore plus terribles, d’autant plus que les pays africains n’ont pas les moyens de réunir les conditions d’une (reprise) maîtrisée (des activités économiques) et des espaces publics ».
Enfin, Sud Quotidien fait savoir que « les mesures d’assouplissement n’en finissent pas de susciter des réactions. Si du côté (de la mouvance présidentielle), l’on applaudit les (décisions) visant à trouver le juste milieu entre la nécessité de faire revivre l’économie et la sécurité sanitaire des populations, du côté de l’opposition radicale, ces mesures sont perçues comme une reculade ou un pilotage à vue de l’Etat ».
APA

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