MOURIR C’EST CHER!

Combien coûtent les funérailles au Sénégal

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Les grosses dépenses étaient réservées aux événements festifs. De nos jours, on constate que ce n’est plus le cas dans notre pays. Les funérailles peuvent aussi être très couteuses dans notre pays.
Après un décès, il y a toujours une procédure à suivre pour le défunt jusqu’à l’enterrement. Et ces étapes diffèrent selon les religions et les ethnies.
Chez les musulmans, la toilette est un moment essentiel du rituel funéraire. Elle est réalisée par des membres de la famille ou des « bénévoles » qui sont, en réalité, désintéressés par les membres de la famille. Le rituel consiste à laver le corps du défunt avec de l’eau, à le parfumer, avant de l’envelopper dans un linceul blanc de 7 mètres, à 700 FCFA le mètre non cousu. Ce qui fait que la purification du défunt ne doit normalement pas dépasser 10.000 FCFA. Il faut, toutefois, payer les fossoyeurs pour la dernière demeure du défunt. Mais certains en abusent, en achetant des parfums excessivement chers, ce qui n’est pas recommandé.
À Touba, un tarif fixe est de mise pour tous les aspects liés à la préparation du défunt : une somme fixe de 11.000 FCFA. Elle servira à acheter le linceul à 4.500 FCFA, à payer le fossoyeur (1.500 FCFA), le laveur du corps (1.500 FCFA) et celui qui va coudre le linceul à la main (500 FCFA). Les 500 FCFA serviront à confectionner le tableau d’identification de la tombe. Le reste (1.500 FCFA) participe à l’entretien de la morgue. Des informations complètes sur le défunt sont aussi exigées. Elles seront consignées dans les registres tenus à cet effet. La prière des morts est ensuite prononcée par un imam, sans génuflexion ni prosternation, à la Mosquée ou au cimetière avant l’inhumation du défunt, placé du côté droit, le visage tourné vers la Mecque.
Le rituel musulman autorise un délai d’inhumation très court, dans les 24 heures suivant le décès, sauf exception. « La religion nous interdit certaines pratiques. Notre devoir c’est d’enterrer le défunt tel qu’il est venu au monde, et on ne doit pas se permettre de faire certaines dépenses pour préparer l’inhumation », rappelle imam Cissé.
Et pourtant, dans les funérailles on dépense des sommes colossales, non pas pour la toilette mortuaire et l’enterrement du défunt, mais surtout pour la nourriture et les boissons. Il est coutume qu’on achète des bœufs, des hectolitres de boissons, des tonnes de biscuits et de bonbons et de multiples sacs de mil et de sucre pour les « naka ».
Des funérailles en fonction des bourses chez les catholiques
Chez les catholiques, après le décès, il est nécessaire de contacter une église. Le responsable de cette église a l’obligation d’avoir des renseignements complets sur le défunt avant de s’engager à une messe. C’est-à-dire vérifier la situation de vie du défunt, s’il est marié, célibataire ou baptisé. Toute personne non baptisée peut demander une cérémonie religieuse catholique. Celle-ci sera légèrement différente avec la non-présence des rites de la croix ou de l’eau comme ils font référence au baptême. Pour les personnes adultes non baptisées, mais qui manifestaient leur envie de le faire avant leur décès, la célébration sera semblable à celle d’un baptisé. « L’église ne demande que 5.000 FCFA pour accorder une messe », nous a fait savoir le père Paul de l’église des Parcelles Assainies. Une veillée funéraire peut être célébrée au domicile du défunt. Cette veillée se fait à l’initiative de la famille ou de l’entourage de la personne défunte. Néanmoins, cette pratique est de moins en moins courante.
« L’habit ne fait pas le moine » et pourtant, il faut reconnaitre que ce que « nous portons révèle ce que nous sommes », dit l’adage. Ce que porte le défunt chrétien dépend du choix des funérailles, selon que le défunt est exposé ou pas… De toute façon, il convient de choisir des vêtements que le défunt aurait choisis lui-même.
En général, le défunt est habillé selon ses goûts, mais il est coutume d’habiller les femmes avec un chemisier et une jupe ou alors une robe et pour les hommes une chemise avec cravate et pantalon. Les chaussures ne sont pas forcément obligatoires. Il est également possible de faire porter des bijoux au défunt.
Célébrée dans l’église du lieu de résidence du défunt, la cérémonie est organisée en fonction du choix de la famille en matière de textes bibliques, de prières et de chants. La célébration à l’église se double parfois d’un temps de prière supplémentaire, organisé au cimetière.
Véritable temps de recueillement constitué de rituels précis (rite de la Lumière, lecture de textes religieux, prière universelle, dernier adieu…), la cérémonie catholique a évolué pour répondre aux aspirations des familles. Elle peut ainsi être aménagée sur autorisation de l’évêque, sans les rites et l’eucharistie. La plupart du temps, les catholiques font appel à une pompe funèbre qui s’occupe parfois du transfert du corps, des soins de conservation, du caveau, du monument, du cercueil, des fleurs et même de la gravure. Ils sont là pour accompagner la famille du défunt. Ils ne donnent généralement pas leur prix. Mais c’est moins cher dans des cas généraux. Dans ce cas, ce sont elles qui fixeront avec la paroisse le jour et l’heure de la cérémonie.
La location de corbillard est un service offert par la mairie pour permettre de transporter le défunt au cimetière. La procédure de demande de location existe dans les mairies de ville et dans certaines mairies d’arrondissement. Il est variable selon les délibérations du conseil municipal. À Dakar, en plus des frais de carburant qui sont à la charge du locataire, on doit payer une redevance de 10.000 FCFA.
Il est, toutefois, difficile de donner un prix fixe pour les préparatifs de l’inhumation catholique, mais il faut retenir que les dépenses sont trop lourdes. « Je ne peux pas donner la somme exacte qu’on a dépensée pour préparer l’enterrement de mon père. Toute la famille a donné sa participation », nous a affirmé ce jeune homme répondant au nom de Henry Louis, qui a perdu son père au mois de novembre. Quand certains pensent que les morts ne doivent rien emporter dans leur tombe, d’autres pensent tout à fait le contraire. Sur cet aspect, la préparation de l’inhumation devient de plus en plus chère et occupe une forte place économique dans certaines familles sénégalaises.
seneweb News

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4 réponses

  1. juuf dit :

    On y revient toujours au même phénomène, ce ne sont pas les formalités et rites religieux en soi qui coûtent chers mais les cérémonies « sociales » accueil, repas, betails à abattre, griots etc … qui coûtent. Est ce que la religion l’exige ainsi ???

  2. jacobus dit :

    les sénégalais aiment bien le  » m’as tu vu  » Il faut faire mieux que le voisin

  3. Candide dit :

    Mourir ne coûte rien à celui qui meurt… Ce sont les funérailles qui coûtent chères, partout. Quand on perd un proche, un être cher, on ne regarde pas à la dépense. Peu importe que le défunt ait été croyant ou pas, peu importe la religion, les us et coutumes, on se plie tous logiquement aux nécessités d’une inhumation « dans les règles » pour faire honneur autant que possible au disparu.

  4. eddy dit :

    Oui honneur au disparu,mais c’est surtout pour faire mieux que le voisin,peu importe la cérémonie ,ils dépensent l’argent qu’ils n’ont pas,pour en mettre plein la vue aux autres!!!!!

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