UNE ANNÉE LITTÉRAIRE FASTE POUR LE SÉNÉGAL

Le pays a rayonné dans le monde des lettres en 2021, qui a vu Mohamed Mbougar Sarr remporter le prestigieux prix Goncourt, et Boubacar Boris Diop se faire attribuer le très renommé prix international de littérature Neustadt

Sarr a remporté cette distinction, le 3 novembre, pour le roman ‘’La plus secrète mémoire des hommes’’ (448 pages), coédité par Philippe Rey (France) et Jimsaan (Sénégal).

A 31 ans, il devient le premier Africain au sud du Sahara à se faire attribuer ce prix et le deuxième noir à l’obtenir, cent ans après René Maran, qui avait été distingué pour son roman ‘’Batouala’’ (208 pages).

A la sélection finale, le jury a préféré le livre de Mohamed Mbougar Sarr à ceux des Français Christine Angot, ‘’Le voyage dans l’Est’’, et Sorj Chalandon, ‘’Enfant de salaud’’, et du Haïtien Louis-Philippe Dalembert, ‘’Milwaukee Blues’’.

‘’Je félicite chaleureusement Mouhamed Mbougar Sarr, lauréat du prestigieux prix Goncourt 2021, pour son roman ‘La plus secrète des mémoires des hommes’. Je suis fier de cette magnifique consécration qui illustre la tradition d’excellence des hommes et femmes de lettres sénégalais’’, a réagi le chef de l’Etat, Macky Sall, sur Twitter, peu après la consécration.

Le président de la République a élevé le lauréat au rang de commandeur de l’Ordre national du Lion du Sénégal, dix jours après que le Goncourt lui a été attribué.

Une vive polémique s’en est suivie, qui concerne, pas le livre pour lequel Sarr a été récompensé, mais le troisième de ses quatre romans, ‘’De purs hommes’’ (191 pages), paru chez Philippe Rey et Jimsaan en 2018 : l’auteur est accusé de faire l’apologie de l’homosexualité, ce dont il se défend.

‘’La plus secrète mémoire des hommes’’, son quatrième roman, est ‘’un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel’’.

‘’Un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, par le désir de dépasser la question du face-à-face entre l’Afrique et l’Occident’’, a jugé l’auteur.

Le roman raconte l’histoire de Diégane Latyr Faye, un jeune écrivain sénégalais qui, en 2018, découvre à Paris un livre mythique, ‘’Le Labyrinthe de l’inhumain’’, paru en 1938.
Une ‘’réputation d’écrivain talentueux’’
Mohamed Mbougar Sarr a également publié ‘’Terre ceinte’’ (264 pages), chez Présence africaine, en 2015. Ce livre a obtenu le prix Ahmadou-Kourouma, et le Grand Prix du roman métis. En 2017, Sarr a fait paraître ‘’Silence des chœurs’’ (416 pages) chez Présence africaine. Ce roman a été récompensé par le prix littéraire du Monde et le prix Etonnants Voyageurs, en 2018.

Le journaliste, écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop a remporté le prix international de littérature Neustadt, le 26 octobre, pour son livre-témoignage sur les cent jours du génocide rwandais, ‘’Murambi, le livre des ossements’’ (220 pages), publié par les éditions Zulma en 2014.

‘’C’est un grand honneur qu’un écrivain africain chevronné, de la stature de M. Diop, ait remporté le prix Neustadt. C’est un point de repère pour le prix et pour la renommée croissante et bien méritée de M. Diop en Occident’’, a écrit Robert Con Davis-Undiano, le directeur exécutif de World Literature Today, un magazine de l’Université d’Oklahoma (Etats-Unis d’Amérique).

Diop a reçu, lui aussi, les félicitations de Macky Sall. ‘’Boris Diop vient confirmer, ainsi, sa réputation d’écrivain talentueux et l’excellence des lettres sénégalaises’’, a réagi le chef de l’Etat.

Le prix international de littérature Neustadt, considéré comme le Nobel américain de littérature, est l’un des rares prix internationaux auxquels poètes, romanciers et dramaturges sont éligibles.

Boubacar Boris Diop a reçu le Grand Prix du président de la République pour les arts et les lettres en 1990, pour ‘’Les tambours de la mémoire’’ (237 pages), ainsi que le prix Tropiques, pour ‘’Le Cavalier et son ombre’’. Son livre ‘’Doomi Golo’’ a été le premier roman à être traduit du wolof en anglais.

Cette année, Diop a donné la conférence inaugurale du deuxième Salon national du livre, du 2 au 5 décembre, à la place du Souvenir africain, à Dakar.

Ailleurs en Afrique, d’autres auteurs ont été distingués. Le 7 octobre, le romancier tanzanien Abdulrazak Gurnah a remporté le prix Nobel de littérature, pour sa narration ‘’empathique et sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents’’. Il est auteur d’une dizaine de romans, dont ‘’Paradise’’ et ‘’Près de la mer’’.

seneplus.com

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