TOUS À LA PLAGE !

CANICULE, PROMISCUITÉ, MANQUE D’ESPACES D’ÉPANOUISSEMENT DES JEUNES

La ruée vers les plages, quoiqu’il en coûte
En cette période de canicule, les plages sont prises d’assaut par des populations à Dakar. Les bordures de mer sont les lieux de convergence de nombreux Dakarois et de banlieusards en cette période estivale, surtout les vendredis soirs et les week-ends, en attendant l’effectivité des vacances avec la fermeture de classes et la fin des examens scolaires. Une fréquentation qui n’est pas sans risque puisque l’on déplore, chaque année, des centaines de cas de noyade et disparitions parmi les baigneurs. Des accidents mortels qui ne dissuadent guère les adeptes des plages pour tromper la forte canicule des journées chaudes d’été dans une capitale qui étouffe, en proie à la promiscuité et le manque d’espaces d’épanouissement des jeunes…

Plage de Cambérène ! La bande de sable qui borde la mer est noire de monde. On y rencontre toutes catégories de personnes et d’âges différents. Le spectacle et la situation ici en disent long sur le reste des plages de la capitale sénégalaise en cette période estivale.

En effet, face à la forte chaleur qui a fini par s’installer dans Dakar et sa région, à l’image des régions intérieures et surtout frontalières du pays qui vivent cette situation depuis mars déjà, certaines populations ne trouvent mieux que d’aller passer la journée ou l’après-midi, surtout les weekends, en bordure de mer. Le bon courant marin tout frais et pur que charrie l’océan motive plus d’un à faire le déplacement en ces endroits pour passer du bon temps. Soit en famille, entre amis ou collègues, soit pour des sorties pédagogiques, en associations ou seul. Jeux, sports, baignade, campings, commerce (vente de crèmes glacées, eaux, jus, fruits, sandwichs, etc.) ou simple promenade, à chacun sa préoccupation et ce qui ce qui motive son déplacement.

Serigne Ndiaye, vêtu d’un équipement sportif explique la raison de sa présence à la plage de Cambérène. «Je suis là juste pour des séances d’entraînement et non pour la baignade». A peine quelques mètres, l’on peut apercevoir des jeunes qui jouent au football. D’autres, tranquillement assis, en train de faire du thé sous des tentes. L’un d’eux nous confie que «ce sont des amis qui sont là pour changer d’air, après une journée de travail».

Du coup, une vendeuse de «madd», de son nom scientifique «Saba Senegalensis», un fruit tropical sauvage très prisé par les populations surtout les jeunes, filles et femmes, en cette période de l’année, interrompt le débat pour présenter son produit. Juste derrière cette scène, certains s’activent à la baignade. Il y a beaucoup de personnes dans l’eau, des tout-petits, des adultes et d’autres d’un âge plus avancé. Et voilà qu’un papi sort de l’eau. Après les salutations, il souligne : «il fait chaud. Il n’y a pas de lieux adéquats pour passer de bon temps avec la famille, les petits enfants. Ou bien, il faut casquer fort pour le luxe». Interpellé sur la question de la sécurité et de la présence des maîtres-nageurs, il répond : «je ne suis pas au courant de la présence de maitres-nageurs ici». Il déplore le non présence de ces techniciens secouristes. Car, dit-il, «je suis témoin de cas de noyades».

Tout le long de la façade maritime, de Cambérène à Yoff, partout où l’on est passé, l’affluence est le même. A la plage de BCEAO à Yoff où l’on est arrivé après quelques minutes de marche, la remarque est qu’ici les baigneurs sont dispersés, sauf juste que, d’un côté, la baignade se fait un peu en ordre. Qu’est-ce qui l’explique ? «C’est la présence des maîtres-nageurs qui organisent et surveillent la plage», répond M. Fall, un de ces secouristes qui nous montre du doigt la zone limite. Il soutient qu’il y a des gens têtus qu’il faut toujours rappeler à l’ordre. Seulement, comme à Cambérène, le décor ici aussi est presque le même. Soit c’est des gens qui se retrouvent en petits groupes et font du thé, soit c’est des grillades de poissons, des vendeurs de boissons…

Ami et ses copines déclarent : «nous venons presque tous les jours à la plage. Nous nous adonnons à des activités ludiques ; nous faisons un peu de sport, en même temps nous nous baignons». En voilà un groupe de jeunes qui courent ensemble. Pas besoin de décliner leurs identités, ils sont d’une école de lutte (Rock Energie de Modou Lo).
Accroché, Modou Lo Junior, un des leurs, explique que «c’est le lieu adéquat pour des séances de contact». Pendant ce temps, des enfants, loin de toutes ses considérations et activités des adultes, ont leurs propres préoccupations. C’est le cas de ces gamins trouvés en train d’imiter à construire, avec le sable, des maisons, des objets, faire des dessins animés, entre autres. D’ailleurs, ce qui est frappant, ce sont les nombreux groupes que l’on croise le long du chemin et qui envahissent les plages. Comme qui dirait que la plage ne désemplit pas ; mais elle devient plus en plus un lieu de convergence de milliers de Dakarois et Banlieusards tenaillés par la canicule. Cela s’explique aussi par le problème de la promiscuité et le manque d’espaces d’épanouissement des jeunes dans la capitale

MADIAGNE SAMB & ID / sudquotidien.sn

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