LES SECTES PROSPÈRENT

Sectes religieuses, faux prophètes… : le Sénégal à l’ère des «illuminés»!

Les images ont vite fait le tour de la toile : une cohorte d’individus, tous de blanc vêtus, ont été arrêtés, vendredi dernier, alors qu’ils étaient en train de faire leur ‘tawaf’ (circumambulation) autour de la Grande mosquée de Touba. Renseignement pris, il s’agit des membres de la secte du nommé Habib Diawané, qui se proclame « prophète sauveur de l’humanité avant la fin du monde ». Cette affaire rappelle els épisodes Zeyda Zamane, Omar Diop ou encore Al Hassan Mbacké Rouhou Lahi Daba de Kolda, entre autres faux prophètes.
Dans le Saint Coran, il est clairement indiqué que le prophète Mouhamed (PSL) est le Sceau des élus de Dieu et son dernier missionnaire sur terre. Mais le constat est qu’au Sénégal, de nouveaux croyants ont tendance à fouler allégrement du pied ces préceptes de l’Islam et s’autoproclament « envoyés de Dieu ». La dernière affaire en date remonte, vendredi dernier, à Touba. Plusieurs dizaines des membres du “Mouvement Diwanou Bamba Saliou Kara” ont été surpris en train de leur « tawaf » autour de la grande mosquée. « Nous avons reçu une mission consistant à faire un tawaf (7 tours) au niveau de la grande mosquée de Touba pour sauver l’humanité. La lumière, qui va nous permettre d’accomplir notre mission sur terre, se trouve dans la mosquée de Touba. Nous sommes venus, ici, pour nous en procurer. Je suis le prophète Issa qui va sauver l’humanité avant la fin du monde (apocalypse). Je suis revenu au monde pour avoir des descendants. Je suis le dernier messager ». Ce sont-là les propos, largement partagés dans les médias, de leur personne morale, Habib Diabane, au cours de son face-à-face avec les enquêteurs de la police de Touba. Six d’entre eux ont été déférés, lundi dernier, au Tribunal de grande instance (Tgi) de Diourbel pour « rassemblement illégal, charlatanisme, profanation d’un lieu de culte ». Informé de la situation, le khalife général des mourides a recommandé que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur aux initiateurs de cette œuvre « satanique ». Serigne Mountakha Mbacké n’exclut pas d’user de toutes ses prérogatives pour chasser toutes les personnes incriminées dans cette affaire inédite.
Mais, en regardant dans le rétroviseur, l’on se rend compte que ces pratiques commencent à prendre de l’ampleur au sein de notre société. Ainsi, début février 2020, une certaine Ndèye Fatou Ndiaré Diop, voix grave, intonation changeante, accoutrement bizarre, se parant toujours de grosses lunettes, a effectué des sorties fracassantes qui ont suscité la colère des grands foyers religieux du pays. Ces derniers n’ont pas mis de gants pour juger sataniques les actes de Zeyda Zamane, guide spirituelle de l’association Taha Mounawara. Quelques semaines plus tard, ce sera au tour d’Omar Diop de Rufisque de se révéler » au grand public. Il s’était autoproclamé « messager de Dieu » et disait être prêt à en « dévoiler les preuves ». Un fait similaire a été également constaté, au courant du moins de décembre, au village de Saré Gagne, commune de Mbourouco (département de Médina Yoro Foula). Dans ce terroir dénommé « Kaabada » existe, depuis plus de 20 ans, une secte « Mbacké Rouhou » avec à sa tête Daouda Bâ alias Baba Diné. Ils ont leur Kaaba pour leur pèlerinage, prient avec la langue pulaar et l’essentiel de leurs disciples vivent sur place. Mais, le faux prophète et certains de ses complices, croupissent en prison, depuis déjà plus d’un mois, pour, entre autres chefs d’accusation, séquestration, association de malfaiteurs, enlèvement par fraude, viol sur mineure de 14 ans, acte de pédophilie, consommation de mariage sur mineure.
Plus 80 sectes recensées au Sénégal
D’après Dr Mouhamadou Mansour Dia, sociologue des religions, ces pratiques ne datent pas d’aujourd’hui. « Ce qui est nouveau, c’est plutôt la médiatisation de la pratique religieuse d’une manière générale. Même certains sociologues refusent le termes ‘secte’ pour dire nouveaux mouvements religieux, parce que, par rapport aux religions traditionnelles ou révélées, il y a d’autres formes de religiogité qui émergent. Aux Etats-Unis, on parle beaucoup de la scientologie, qui est une forme de religion mais qui se révèle beaucoup plus à la science, à la raison », explique l’enseignant-chercheur à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs). Il considère la secte comme étant un groupement religieux créé en opposition à des idées ou bien à des pratiques religieuses dominantes. Prenant, en effet, l’exemple de l’Islam, le sociologue renseigne qu’« au VIIème siècle déjà, tout juste au temps du quatrième khalife, Alioune, il y a avait des sectes ».
« Ce qui s’est passé récemment, il s’agit exactement d’une secte du Mouridsme, qui a des idées en opposition aux enseignements, aux pratiques religieuses véhiculés Serigne Touba. Car, dans cette confrérie, on admet que le pèlerinage se fait à la Mecque », a ajouté le chercheur. Il révèle que 83 sectes sont dénombrées au Sénégal, même si « je peux dire qu’on en a beaucoup plus ».
Salla GUEYE/lesoleil.sn

Vous aimerez aussi...

5 réponses

  1. Yvesbzh dit :

    Encore un beau ramassis d’abrutis
    Bientôt il y aura autant de prophètes que d’habitants

  2. C’et un business tellement juteux que l’on comprend que certains veuillent y rentrer et d’autres s’y opposent.

  3. Ndiaye dit :

    Tant qu’ils n’organisent pas de suicide collectif comme d’autres, qu’on leur foute la paix
    la liberté de culte est garantie par la constitution. Croire (ou pas) n’est pas un crime

  4. oliv dit :

    certaines on plus réussies que d’autres, se sont bien gavées au fil des siecles et continuent d’asservir les peuples, tout le monde à sa chance comme on dit au pays de la teranga …

  5. Jean Artamonow dit :

    A force de leur laver le cerveau qui deviendra aussi gros qu’un grain de couscous…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :