LE TOURISME FRAPPÉ A MORT

le coronavirus porte un « coup de massue » au tourisme

Le secteur touristique sénégalais risque d’avoir du plomb dans l’aile avec la fermeture totale de l’espace aérien entrant dans le cadre de la riposte contre le coronavirus.
Le gouvernement, après avoir constaté la récurrence des cas importés de Covid-19 ou coronavirus, a décidé de suspendre tous les vols en provenance et à destination du Sénégal du 20 mars au 17 avril 2020.
Selon un communiqué du ministère du Tourisme et des Transports aériens, cette mesure s’applique dans toute sa rigueur à « l’exception des vols domestiques entre l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass (AIBD) et Ziguinchor (sud), des vols cargo, des évacuations sanitaires et des vols spéciaux autorisés ».
En conférence de presse jeudi dernier, Amadou Hott, le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale a annoncé un « plan de contingence de 64 milliards F CFA » dans le but de renforcer le système sanitaire du pays.
Au cours de ces échanges à bâtons rompus, M. Hott n’a pas manqué de relever l’impasse que va traverser l’économie nationale et surtout le tourisme durant cette période. « Le transport aérien, notamment Air Sénégal, l’AIBD et toutes les structures autour de cette plateforme, les sociétés d’hôtellerie, les restaurants et les agences de voyage seront forcément impactés par la suspension des vols », a déclaré l’ancien vice-président de la Banque africaine de développement (Bad).
En moyenne, le Sénégal accueille 1,6 million de touristes par an. Pour ce pays, la crise sanitaire qui secoue le monde entraînera une baisse significative du chiffre d’affaires des entreprises de ce secteur mais aussi de leurs fournisseurs. Le maintien des emplois sera certainement un combat permanent.
En marche vers l’inconnu
Sous le couvert de l’anonymat, un gérant d’une agence de voyages à Dakar ne dit pas le contraire : « J’observe pour le moment l’évolution (de la situation) avant de prendre des décisions ». Celles-ci peuvent aller du chômage partiel jusqu’au licenciement. En tout cas, ce chef d’entreprise employant une « vingtaine » de personnes, commence déjà à « ressentir » les effets de la fermeture des frontières aériennes.
Jusque-là, le gouvernement du Sénégal n’a pas encore rendu publique sa stratégie de soutien aux entreprises dont la bonne santé est tributaire de la circulation des personnes et des biens. A propos du moratoire fiscal tant souhaité par nombre d’acteurs du secteur privé, le ministre Amadou Hott a signifié que « ce n’est pas à l’ordre du jour ».
Mais le gérant de l’agence de voyages tire la sonnette d’alarme : « C’est un coup de massue qu’on reçoit. Tout est en stand-by ». Et même s’il n’a pas baissé pavillon, ses activités ne se limitent qu’aux « recouvrements ». Alors que sa société offrait un certain nombre de services comme la vente de billets d’avion, le convoi de pèlerins à La Mecque et les réservations d’hôtel. Ses principaux clients étaient les ONG, les entreprises, les particuliers et les commerçants dont « la plupart se rendait en Chine », où la maladie s’est déclarée en décembre 2019. Aujourd’hui, laisse entendre le responsable de cette agence, « beaucoup d’ateliers, de rencontres, de vols… ont été annulés ».
Portes closes
Dans la station balnéaire de Saly Portudal (près de 80 km au sud-est de Dakar), les complexes hôteliers voient les réservations s’effriter. Au Lamantin beach hôtel situé dans le département de Mbour où trois cas positifs de coronavirus ont été enregistrés selon la presse, le directeur associé, Eric Philibert a indiqué que la santé publique prime sur la course au chiffre d’affaires.
« Nous avons mis en place des +barrages+ avec deux infirmiers qui contrôlaient la température de chacun de nos employés deux fois par jour. Le directeur a sensibilisé tous nos employés sur les méthodes de désinfection, les comportements à adopter et les risques encourus. Mais devant les mauvaises habitudes tant des touristes que des employés, nous avons décidé de fermer l’hôtel afin de ne pas exposer les gens », a-t-il expliqué.
A travers le monde, quelque 300.000 personnes ont déjà contracté le virus, là où plus de 13.000 en sont mortes, d’après un bilan consulté ce dimanche. Selon la Commission Economique Africaine (CEA), citée par le ministre Amadou Hott, l’Afrique pourrait voir sa croissance passer de 3,2% à environ 2% seulement en 2020 à cause des effets négatifs du coronavirus.
Cependant, « les pays africains peuvent, selon la CEA, atténuer ces effets négatifs en promouvant le commerce intra-africain et en procédant à des réarrangements budgétaires pour redéfinir les priorités de dépenses et limiter les déficits », a souligné son compatriote économiste, Moubarack Lô, dans une tribune intitulée « Le coronavirus et nous ».
Oumar Dembélé/ODL/id/APA

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5 réponses

  1. Beatrice BRUN dit :

    Le Directeur du LAMENTIN a Saly a montré un exemple de fermeté et de rigueur pour la « Santé Publique » au détriment de la course au fric.
    BRAVO.

    • Galips dit :

      Donc exercer une activité constitue selon vous « une course au fric »
      Vous même de quoi vivez vous ?
      Si je vous dis « Cabanac » ?

  2. issa gibb dit :

    Toujours coincé avec le 1 million 600 000 touristes par an au Sénégal ??? Oui, bien sur !
    Le mensonge continue et le malheur, c’est qu’ils le croient… Arrivées à l’AIBD = Nombre de Touristes ???????
    Quand à Monsieur Eric Philibert, Directeur du Lamantin Beach a eu la meilleure des réactions, l’anticipation du pire, que l’Etat Sénégalais a tardé et tarde à prendre pour éviter la contamination et la propagation de la contamination du Coronavirus qui se propage à 10 nouveaux cas déclarés, chaque jour, depuis Vendredi dernier…

  3. Ce qu’il faudrait déjà faire, c’est de prévoir l’après-pandémie pour encourager les touristes à venir en masse au Sénégal, prix des billets d’avion Air Sénégal attractifs pour commencer, et mesures d’aide aux réceptifs. Tous les pays sont touchés, certains repartiront plus rapidement que d’autres, certains ne repartiront pas, sans doute.Peut-on demander au gouvernement d’être prévoyant, de gérer l’après-crise ? Ou bien va-t-on encore se retrouver les derniers du peloton ?

  4. le Chaman dit :

    J’ai moi même sursauté lorsque j’ai lu 1.6 millions de touristes dans l’année. Décidément ils sont toujours fâché avec les chiffres. L’interdiction des vols depuis jeudi dernier à 00h 01 minutes, et les chiffres d’arrivée à l’AIBD me laisse songeur. Jeudi 19 2948 passagers à l’arrivé selon les chiffres de l’ANACIM, vendredi 3953, samedi 2947 et hier 3596 passagers à l’arrivé. Des chiffres similaires à ceux de la première quinzaine! Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre.
    J’ai des doutes sur la survie de notre chère compagnie aérienne nationale. Ses avions clouées au sol et le remboursement des emprunts doivent toujours courir.

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