SALE DAKAR

Nettoyer les rues de Dakar, ce calvaire tu par de braves Sénégalais

Depuis plusieurs années, la mairie ville de Dakar a été confrontée à des problèmes d’insalubrité. Ainsi, pour pallier à cette question environnementale, elle a procédé à la création d’’entreprises de nettoyage, comme le Camcud entre 1993 et 1994. Toutefois, malgré les nombreuses sociétés qui se sont succédé, la ville de Dakar peine toujours à rendre ses rues propres.
Depuis 1993, les autorités sénégalaises peinent à rendre la ville de Dakar propre. Après la création de Camcud, les responsables ont fait appel aux jeunes des ASC. Les responsables du nettoyage de la capitale, pour trouver une main-d’œuvre, se sont rendus au niveau des quartiers. Avec l’ancienne composition des associations, il était facile pour les gens de postuler. « Je travaille dans ce secteur de la salubrité depuis 1994. Notre critère de recrutement est différent de celui d’aujourd’hui », a laissé entendre Ndiay,e ancien éboueur et responsable de recrutement.
Un système archaïque…
C’est à partir de 7H 30 mn que ces travailleurs du nettoiement se présentent devant leur bureau. Et par un système de sélection, ils se rendent dans leur secteur. Parmi eux, des femmes, mères de familles et bien-sûr, des hommes. Ainsi, après cette sélection des équipes, un contrôleur de la société passe sur chaque secteur pour superviser les travailleurs avant 13 heures.
Les femmes têtes couvertes d’un foulard et d’une casquette se dressent à chaque coin de la ville. En pleine circulation et munies d’un balai, elles nettoient les saletés sur le trottoir. Quelques unes d’entres elles, ayant choisi ce métier « par défaut », peinent à accepter leur choix. La voile et la casquette leur permettent de se cacher du grand public.
Et quelques fois, il leur arrive de devoir jouer aux mendiantes pour avoir de quoi se payer un sachet d’eau : « Sama thiamign amo daara ma dieund ndox » (Frère n’avez-vous pas de la monnaie afin que je puisse avoir de l’eau), disait une dame à mon passage.
….entre irrégularités et irrégularités
Et pourtant elles sont employées d’une société de la place mais les responsables de ladite société ne respectent ni les conditions de travail encore moins le salaire de ces dernières.
« Je travaille ici depuis presque 2 ans. Mais jusqu’à présent je trouve des difficultés pour nourrir ma famille. Et comme dans ce pays il n’y a pas de travail, je suis obligée de m’accrocher à ce boulot », a réagi Nogaye.
Ils travaillent six jours sur cinq. Les journées de dimanche sont considérées comme jour de repos. Dans le mois, ils ne gagnent que 65.000 Fcfa car ils ne travaillent que 26 jours dans le mois. Les travailleurs reçoivent leur salaire en argent comptant, sans bulletins de paye. A la fin du mois, les chefs convoquent leurs éléments devant les points de recrutement pour distribuer les enveloppes.
Et comme ses pairs, Nogaye ne bénéficie ni de couverture maladie, encore moins de prise en charge par les patrons. Même pour les jours de fêtes, ils ne reçoivent donc pas de soutien.
Selon ces travailleurs, c’est au gouvernement de prendre en charge la question de la salubrité. Ainsi ils ne peuvent comprendre qu’une grande ville comme Dakar ne soit contrôlée que par 52 agents des services de l’hygiène. La question de la salubrité devait être un problème de tous.
« Je pense que dans ce pays les gens ne respectent rien. Du lundi au samedi les agents du nettoiement s’occupent des rues de la capitale. Mais après un certain temps, les espaces nettoyés se remplissent encore de tas d’ordures. Dans leurs têtes, la rue appartient au gouvernement et les ordures n’ont pas de place chez eux mais dans les rues », se désole Cheikh Ndiaye.
Pour lui, il faut une sensibilisation afin d’assister à un changement de comportements. « Nous ne pouvons que demander au gouvernement de veiller sur la salubrité. Il y a des gens qui jettent des ordures un peu partout et n’importe comment. Et comme c’est à l’Etat de réprimander nous lui demandons de prendre la question en charge », a expliqué Madior Fall.
Ce qui fait le plus mal à ce dernier c’est de voir les charrettes transporter les ordures. « Dire que ces mêmes conducteurs de charrettes assurent aussi le transport de nos aliments », s’exclame-t-il.
Nettoyer les rues, « un choix par défaut »
Quant à Aissatou Faty, la trentaine et habitante de la banlieue, elle a choisi ce métier par défaut. Après trois ans de chômage, elle a finalement choisi de tenter sa chance dans ce secteur : « nous les jeunes, nous avons envie de travailler. Et malgré les efforts du gouvernement, la jeunesse n’est pas bien servie. Parmi les jeunes certains ont fait les études secondaires où universitaires mais ils ne retrouvent pas de boulot« , a expliqué Aissatou Faty.
Brave, elle n’a pas voulu se laisser décourager par sa situation antérieure. Elle fut secrétaire dans une société immobilière de la place. Mais un bon jour elle est remerciée par le chef, « sans justification valable ». Ce nouveau boulot de balayeur a permis à Aissatou Faty de se familiariser avec beaucoup de gens dans son milieu. Malgré le maigre salaire, la dame parvient à aider ses deux parents : « même si je ne gagne pas assez dans ce secteur, ce travail me permet de subvenir à mes besoins. Et avec ce salaire, je contribue à la dépense quotidienne. Mais aussi je gère mes besoins personnels sans l’aide de personne » , a réagi Aissatou Faty, fièrement.
Le plus grand regret des balayeurs de la rue c’est le non-respect des conditions de travail. Car, selon eux, les syndicalistes ne travaillent que pour la cause des cadres de ce secteur. Le retard de salaire, dès fois après 26 jours de travail sous la chaleur, est aussi une difficulté majeure. La plupart de ces travailleurs ne bénéficie que d’un statut de journalier.
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3 réponses

  1. Messant dit :

    Malheureusement ici au Sénégal la population n’a pas conscience des risques qu’elle encourt de vivre dans l’insalubrité. Tout le monde jette à terre tout et n’importe quoi du simple mouchoir en papier jusqu’aux bidons de plastique……….
    C’est aussi à la base un problème d’éducation et un manque de respect pour ces pauvres gens qui font le nettoyage. C’est au gouvernement d’agir car l’emergence d’un pays passe aussi par la propreté.

  2. Reyser dit :

    Après avoir lu ce que je savais, que les employeurs Sénégalais exploitent leur personnel. On comprend mieux le résultat aux présidentielles, Sonko espéré vainqueur pour se débarrasser des toubabs alors que les toubabs (pas tous) considèrent le personnel et j’en suis. Je vous laisserais le numéro de téléphone de ma femme de ménage Tenigue qui arrive au boulot avec un grand sourire payé quarante cinq mille CFA pour 48 heures de travail mensuel. Je n’ai pas le numéro sous la main, je vous le communiquerai sur demande.

  3. Bernard dit :

    Citation de l’article: »Dans leurs têtes, la rue appartient au gouvernement et les ordures n’ont pas de place chez eux mais dans les rues » = C’est donc à l’Etat de nettoyer ! Mais les Sénégalais oublie que l’Etat c’est eux ! Ce n’est plus la France qu’ils critiquent chaque jour ….et qui maintenait leur pays propre. Maintenant, c’est le moment de devenir responsable. Plutôt que de critiquer et d’arnaquer les Toubabs, les Sénégalais doivent se retrousser les manches…… ce n’est pas le pétrole qui va apporter la propreté.

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