SALY: RÊVES ET CAUCHEMARS

L’attrait de Saly, la station touristique balnéaire du Sénégal. Entre illusions et désillusions,du rêve au cauchemar

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Si le rêve américain a longtemps nourri l’espoir, le rêve de retrouver un monde meilleur fait de gloire et de fortune à Saly-Portudal meuble aussi le sommeil de beaucoup de jeunes sénégalais. Hommes et femmes, d’origines diverses et variées convergent vers Saly avec des motivations communes : réussir.
Présomptueux et avides de gloire, certains ont les yeux rivés vers l’Europe, Saly n’est qu’un tremplin pour trouver l’âme sœur venue en touriste et se faisant, avoir le sésame pour voyager loin, aussi loin que la galère au Sénégal ne sera qu’un mauvais souvenir lointain.
D’autres, étudiants cartouchards, élèves recalés viennent à Saly faire valoir leur niveau en langues étrangères auprès des touristes comme guides. Pêle-mêle, femmes rurales à la recherche de travail de bonne dans les résidences, de jeunes désœuvrés sans qualification, lorgnant un emploi de gardien, de jeunes filles, prostituées déclarées ou call-girls sous le couvert de travailleuses dans les hôtels et réceptifs touristiques ; voilà le melting-pot explosif de Saly.
Une communauté cosmopolite matinée à la présence de touristes et résidents étrangers jouisseurs et fêtards. Un cocktail détonnant pour des scènes torrides de vie nocturne où prostituées, gigolos, touristes à la recherche de sensations fortes sont les principaux acteurs.
Des rencontres, des destins se font et défont ; des tragédies se jouent. C’est le prix à payer pour atteindre l’objectif initial, décrocher l’oiseau rare, le touriste riche et fortuné prêt à toutes les largesses. L’homme providentiel qui changera durablement la trajectoire de votre vie et fera de vous un ou une nantie.
Beaucoup d’appelés, peu d’élus.
Si certains ont pu, par force de pugnacité, de sacrifices et artifices atteindre leurs objectifs : voyager ou considérablement changer le niveau de leur vie en épousant ou en vivant en concubinage avec un ou une riche touriste ; d’autres, la grande majorité, se cherchent et cherchent toujours malgré les échecs répétés, un environnement de plus en plus hostile, difficile et concurrentiel. L’espoir fait nourrir l’homme mais nombreux sont parmi les chasseurs de « gloire et fortune », ces candidats au voyage en « pays de cocagne » qui perdent leurs illusions et finissent en rupture de ban de la société dans l’alcoolisme, la drogue ou s’embourbent à Saly sans espoir d’un retour triomphal au bercail faute de succès dans leurs aventures.
Rendant la station balnéaire de la petite côte de plus en plus insécure.
Rêves de gloire et déception : témoignages
Candidats au voyage en Europe assimilée au » pays de Cocagne »
Noms d’emprunt pour nos témoins :
Décadentes métamorphoses d’une jeune fille aux origines rurales à Saly
Elizabeth raconte : « En quittant mon Ndiagagnao natal, j’étais pleine de rêves. Il faut dire que je suis issue d’une famille polygame avec des querelles de ménage permanentes. Des coépouses, ma mère était la plus démunie. Fille unique âgée de 19 ans, j’ai arrêté mes études en classe de quatrième secondaire. Avec mon français rudimentaire, je suis venue à saly pour faire fortune et aider ma mère. J’ai cherché un emploi de bonne dans les résidences jusqu’au jour où j’ai connu mon premier entretien d’embauche chez un vieux retraité blanc, ce qui fut aussi ma première déception, mon premier choc. En effet, le blanc m’a demandé combien je demandais pour mon salaire mensuel, j’ai répondu vingt-cinq mille francs. Le vieux toubab après un soupir a longuement ri aux éclats avant de me dire : » Tu es jeune et très belle, tu peux gagner vingt-cinq mille en une journée. Il te suffit juste de me faire la pipe, une fellation et tu es grassement payée »J’ai fui comme si j’avais le diable à mes trousses.
J’ai été hébergée par des membres de ma communauté sérère qui squattait une maison désaffectée. Le soir, c’était des « ngonaals » à n’en plus finir entre charretiers dégoulinant de sueur et lavandières à la propreté douteuse.
J’ai quitté cette maison qui n’était pas au niveau de mes ambitions pour trouver du travail chez des travailleuses de nuit. Malheureusement, ce fut le début de ma descente aux enfers. Souvent seule dans cette maison, je m’amusais à porter devant le miroir les chics habits de mes prostituées de patronnes. Tout semblait si facile et opulent chez elles : cigarettes, alcools, manger à gogo, parfums de luxe, monnaies en euros. Oui, j’avais promis à ma mère d’être riche et ces filles de joie m’offraient un raccourci. Avec mes économies, j’ai acheté quelques jeans et robes et commencé à singer ces filles dans leurs gestuelles et mimiques.
Aujourd’hui, je suis endurcie dans la prostitution bien aidée par mes anciennes patronnes, heureuses de me placer par ci, par-là parmi leurs connaissances avides de chair fraîche contre des commissions consistantes »
Awa ou l’appât du gain facile
Awa elle témoigne : » je suis divorcée et mère de deux enfants. L’entente avec mon père, un vieux conservateur Saint Louisien, devenait de plus en plus difficile dans la maison. Je suis titulaire d’un diplôme d’hôtellerie. Des promotionnaires de formation servaient à saly. J’ai confié mes enfants à ma mère, direction Saly. Employée comme serveuse dans un restaurant bar, je voyais défiler beaucoup de clients blancs tous aussi pervers les uns que les autres. Mon quotidien était rythmé entre provocations salaces et actes déplacés de leur part. J’assumais stoïquement, avec un sourire approbateur feint ; c’était le prix à payer pour garder ma place ou bénéficier de généreux pourboires. Jusqu’au jour où un jeune français m’a invité en boîte de nuit après le service. Invitation que j’ai acceptée. Sous les lumières tamisées et la musique lascive, nous avons flirté. De soirée en soirée dans les night clubs nous avons passé une nuit dans sa chambre d’hôtel. Il était généreux et m’a comblée en euros et shopping dans des magasins luxueux. Son départ m’a rendue accroc des sorties nocturnes et des gains faciles. Bien que nous ayons gardé les relations en nous promettant mariage le tout validé par des envois réguliers d’argent de sa part, l’appétit vient en mangeant. Je suis chaque soirée à la chasse du touriste nouveau venu, le fortuné diamantaire qui changerait littéralement mon destin et ferait de moi une reine jalousée, entre avions et villas ici et ailleurs. »
Abdou: destin sinueux d’un tordu
Abdou, un ancien militaire raconte :
« Libéré de l’armée, j’avais perdu mes repères. Il faut dire que deux ans de durée légale dans l’armée loin des miens et de l’autorité parentale m’ont rendu très libertin. Mon retour dans la vie civile a été ardu. Entre oisiveté et incompatibilité avec mon environnement immédiat du fait de certaines mauvaises habitudes que j’avais contractées durant mon service militaire, j’ai quitté la maison familiale pour Saly où j’espérais trouver un emploi de vigile dans les hôtels et nombreuses résidences privées. Pour retrouver une semblante de vie autonome et une parodie de tenue ou de vie militaire. J’ai été engagé dans une résidence appartenant à une riche veuve européenne. Avec mes muscles saillants et une tendance à me montrer devant elle en mâle phallique, j’ai pu finalement être son amant. Ce que je cherchais entre autres. Dans ma nouvelle vie de dépendant et de parasite choyé, sous l’emprise souvent de l’alcool à satiété ; j’étais devenu autoritaire et cassant. La vielle dame a vite fait de se lasser de moi. J’étais devenu insupportable. Malheureusement, j’étais habitué à cette nouvelle vie de nabab que seule une fortunée touriste naïve et amoureuse pouvait m’offrir. Depuis, je suis dans les boîtes de nuit de Saly comme videur, la journée, je suis dans ce qu’il y’a de plus galvaudé à Saly : antiquaire. Le tout dans une recherche effrénée de vieilles dames blanches pour une vie de rêve en vue de mariage ou visa pour l’Europe. L’attente semble durer éternellement, beaucoup sont dans mon cas avec les mêmes objectifs, la concurrence est féroce aussi déloyale que notre mode de vie, j’en conviens.
Saly ou l’espoir déchu d’un jeune ambitieux
Birane, lui c’est l’étudiant cartouchard à l’université de Dakar au département anglais.
Il nous narre son odyssée :
« Je suis cartouchard de l’université de Dakar, avec mon niveau concurrentiel linguistique, je suis venu à Saly pour un emploi de guide dans les agences. Je ne veux point durer à Saly, je cherche que le tremplin pour aller en Europe ; continuer mes études et faire fortune. J’ai des petites occasions de guide pour Gorée ou d’autres sites mais tout devient de plus en plus difficile et je perds mes illusions. J’ai eu une petite amie française, étudiante pas assez nantie pour réaliser mon rêve. Je me suis lié d’amitié avec un ami blanc qui m’a proposé le gîte dans sa résidence. J’ai découvert dans le tard que c’est un homosexuel. Malgré mes soucis, je ne vais pas aliéner ma dignité, mon intégrité morale j’ai quitté sa maison. Mais le coup est déjà parti, il se susurre de par les mauvaises langues de Saly que je suis un gay. Je vis intérieurement résigné mon désarroi. Me contentant de vivre mon rêve de fortune derrière le comptoir d’une épicerie de Saly où je suis employé. Précaire et résigné en attendant le touriste providentiel qui me sortirait de cette galère. Tant que Saly existera le rêve sera toujours permis.
Birane/directactu.net

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12 réponses

  1. pape dit :

    Ce birane c’est un voleur… il n’est pas l’auteur de l’article…
    Honte à directactu.net

  2. eddy dit :

    FAIRE FORTUNE,la plupart des gens qui sont ici ne sont pas des gens fortunés,difficile de leur faire comprendre!!!! c’est sur par rapport a eux nos moyens sont supérieurs,mais ils ignorent les charges que nous avons en France,donc ils deviennent exigent et perdent tout,et puis réfléchissez,on obtient plus des papiers aussi facilement ,ça vaut vraiment pas le coup…

  3. Stefano dit :

    Il denaro corrompe e rovina. I maschi non rispettano spesso la donna. Vogliono comprare il corpo delle donne. Il Senegal è un grande paese. Ora è stato trovato il petrolio. Che Dio aiuti il popolo senegalese a mantenere la la pace sociale.

  4. Stefano dit :

    Il denaro corrompe e rovina. I maschi non rispettano spesso la donna. Vogliono comprare il corpo delle donne. Il Senegal è un grande paese. Ora è stato trovato il petrolio. Che Dio aiuti il popolo senegalese a mantenere la la pace sociale.

  5. Brun dit :

    C est un thème récurrent que vous abordez dans votre blog et vous avez bien raison. Abordons le sujet de ces étrangers résidents ou vacanciers : Toutes ces pauvres vieilles femmes et hommes , affoles de voir leur corps se flétrir, atrophiés du sens moral, viennent sur la petite COTE ,parce qu’ au Sénégal (je cite) « on peut tout se permettre ».(9 années que j entends la réflexion de ces individus à la réflexion pauvre et limitee. Alors si vous leur parlez de Souleymane Bachir Diagne, de Felwine Sarr, ou de Achille M’Bembe…vu leur inculture abyssale…à votre avis…
    B Brun

  6. Pape Ndiay dit :

    Bonjour. Les gens prennent parfois la vie comme un rêve. Soyons réalistes… Salut

  7. ?? dit :

    C’est fini tout ça,le reve Européen est terminé,soyez réalistes,jeunes femmes,jeunes hommes,profitez de votre jeunesse vous avez la vie devant vous meme sans richesse matérielle,votre richesse ,c’est votre jeunesse,imaginez votre vie avec un homme ,une femme de soixante dix ans…

  8. chees dit :

    Meme la photo de l’article est pathétique!!!!!

  9. stephane dit :

    Quelle hypocrisie

  10. eddy dit :

    Il est certain que c’est moins fatigant que de bosser et surtout plus rentable

  11. Ras-le-bol dit :

    Facile de salir Saly ! quand on n’a rien à écrire, allez hop ! le sexe… à Saly de préférence !!! Les journalistes auteurs de ce genre d’articles ne méritent pas leur salaire.
    Ce sont des « branleurs » (excusez le terme, mais je trouve qu’il s’applique parfaitement en la circonstance !)
    Plus facile de disserter sur ce sujet-là que de dénoncer avec force et véhémence les nombreux viols dénombrés au pays… mais là, évidemment, les auteurs sont des compatriotes… alors chut !!!

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