C’est la lutte finale…

Désapprobation du choix du site de la future arène nationale de lutte

1696103_3_2a29_combat-de-lutte-senegalaise_98721fdd1521964d5516d31b6cfa32c1.jpg

Une polémique a éclaté à Dakar à propos du choix, par le gouvernement sénégalais, du site de la future arène nationale de lutte.

L’édification de l’arène de 20.000 places est prévue dans la banlieue de Dakar sur un terrain de quelque 195 hectares. Le choix de ce site dérange scientifiques, écologistes, maraîchers et riverains, qui, chacun à sa manière, conteste la décision du ministre sénégalais des Sports d’y construire une arène.  

Les scientifiques craignent que cette infrastructure sportive ne compromette le technopole, un projet visant à regrouper plusieurs disciplines sur ce site « afin de faciliter la recherche et l’innovation par le développement d’entreprises et de structures non polluantes, tournées vers les nouvelles technologies de l’information et de la communication et vers l’ agro-industrie », selon les termes d’une pétition qui circule sur le net.

Les écologistes et les riverains redoutent l’aggravation des inondations dans une zone déjà très touchée par les fortes pluies de ces dernières années et la disparition de ce « poumon vert » de Dakar et de ce réservoir pour capter les eaux de ruissellement des quartiers périphériques.

Et les maraîchers appréhendent de leur côté la disparition totale de leurs activités agricoles qui permettent depuis des décennies d’alimenter Dakar en légumes frais.

Seuls le ministre des Sports, Mbagnick Ndiaye, et l’association des lutteurs soutiennent l’édification de l’arène uniquement dédiée à la lutte, sport le plus populaire du pays, qui est pourtant obligé à squatter les stades réservés au football.

Le ministre expliquait son choix par le fait que « trouver un autre site va retarder les travaux » de grand projet du chef de l’ Etat sénégalais.

Pour sa part, le secrétaire général de l’association des lutteurs, Khadim Gadiaga, appuie le projet qui dotera la lutte d’ une infrastructure digne de ce nom et proche des pratiquants qui vivent presque tous en banlieue.

Ces arguments sont loin de convaincre environnementalistes et acteurs politiques qui mobilisent non pas contre le projet d’arène, mais contre le choix du site.

Ainsi, une pétition est lancée par le député Cheikh Oumar Sy, membre d’un mouvement appartenant à la majorité parlementaire, pour emmener les autorités à changer de site.

Le député précise qu’il n’est pas opposé à la construction de l’ arène, mais juge « plus opportun que cette arène soit construite hors de la ville de Dakar pour surtout permettre aux autres régions de profiter de cette opportunité économique ».

L’association des diplômés de l’Institut des Sciences de l’ Environnement, prône aussi la délocalisation, estimant qu’il serait « contradictoire de vouloir lutter contre les inondations et d’accentuer, au même moment, la destruction des zones de captage des eaux pluviales ».

De son côté, le directeur des projets et programmes de l’ONU- Habitat, le sénégalais Alioune Badiane, a appelé les autorités à se conformer à la règlementation internationale relative à la préservation des zones humides.

Devant ces vagues de protestation, le nouveau ministre du Tourisme et du Développement durable, Mor Ngom, laisse entendre que le choix du site n’est pas définitif.

« Il y a des études d’impact qui sont en train d’être menées. A la fin (..), nous allons pouvoir trouver une solution, qui je suis sûr et certain, sera la meilleure », a assuré lors de sa prise de fonction. 

xinhua

Vous aimerez aussi...