Manifestations violentes à Dakar

Sénégal: le climat social se détériore, violentes protestations

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Violentes protestations de centaines de marchands ambulants, manifestation contre la hausse des prix interdite in extremis à Dakar: le climat social s’est brusquement détérioré mercredi au Sénégal, où la population souffre du renchérissement des produits de première nécessité.

 

Ces protestations sont parmi les plus violentes depuis l’élection en 2000 du président Abdoulaye Wade, 81 ans, réélu dès le premier tour en février 2007 pour un mandat de cinq ans.

 

L’interdiction il y a une semaine par les autorités, sur ordre du chef de l’Etat, de tout commerce informel sur les trottoirs de la capitale sénégalaise a mis le feu au poudre dans un pays où le secteur informel génère la quasi-totalité des emplois.

 

Mercredi matin, plusieurs centaines de vendeurs ambulants, rejoints par des jeunes gens, ont violemment protesté dans le centre de Dakar contre cette interdiction, qui les prive de tout revenu.

 

Les commerçants mécontents ont d’abord allumé des feux à l’aide de pneus, de poubelles et d’étals en bois à des carrefours du quartier administratif du Plateau, autour du grand marché de Sandaga, rendant la circulation automobile quasiment impossible. Plusieurs véhicules ont été endommagés.

 

Des protestations similaires ont eu lieu dans le quartier populaire de la Médina, près du Plateau, où la situation a rapidement dégénéré. Les vitres de la mairie de la Médina ont été brisées à coups de pierre. Un véhicule municipal a été incendié et un autre caillassé.

 

"Ils sont venus et ont tout cassé. Les dégâts matériels sont très importants. Heureusement, il n’y a pas de blessé parmi les agents", a indiqué le maire de la Médina, Pape Momar Diop, sur une radio locale.

 

Dans le même quartier, des locaux de la Sénélec, la compagnie nationale d’électricité, ont été endommagés à coups de pierre et partiellement incendiés, a constaté un journaliste de l’AFP. Au moins trois véhicules de la société ont été endommagés ou incendiés.

 

De nombreux abris d’autobus et feux de signalisation ont été détruits par les commerçants en colère et l’ancien siège du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) dans le quartier de Colobane a été pris pour cible.

 

Les troubles ont ensuite gagné certains quartiers périphériques avant que la situation ne se normalise dans l’après-midi.

 

Le gouvernement sénégalais et des représentants de marchands ambulants ont par ailleurs trouvé un accord pour permettre à ces commerçants de travailler en toute légalité dans certains endroits de Dakar.

 

Un peu plus tard, le préfet de Dakar Mamadou Dia a annoncé à l’AFP qu’il avait interdit le défilé prévu à 15H00 (locales et GMT) dans la capitale à l’appel de 18 centrales syndicales pour protester contre les hausses des prix et réclamer une augmentation des salaires.

 

"La marche est interdite. On a pris un arrêté interdisant la marche, compte tenu des graves menaces de troubles à l’ordre public", a ajouté M. Dia.

 

Plusieurs centaines de manifestants ont toutefois commencé à défiler peu avant 16H00 (locales et GMT) depuis le quartier populaire de la Médina, a constaté un journaliste de l’AFP.

 

Mais des policiers se sont rapidement déployés devant eux pour arrêter leur progression. Des manifestants ont jeté des pierres contre les forces de l’ordre ripostant avec des grenades lacrymogènes, avant de se disperser sans incident.

 

Cette marche visait notamment à réclamer une baisse des prix de produits de première nécessité (pain, lait…) et l’augmentation des salaires. Sur les douze derniers mois, l’inflation a atteint près de 6% au Sénégal.

 

La manifestation avait été organisée par 18 centrales syndicales sur les 19 que compte le pays. Des marches similaire
s ont également été signalées à l’intérieur du pays, notamment à Mbour et Kaolack.

AFP

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1 réponse

  1. jeanne Dabo dit :

    Il est plus que temps que les sénégalais arrêtent de courber l’échine devant ce vieux dictateur et prennent leur destin en main fusse de manière forte.

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