LE DECRYPTAGE ECO

Monnaie unique de la Cedeao, des échos peu favorables

2020 ! Nous y sommes presque déjà. A mesure que les jours qui restent de 2019 s’égrènent, les débats enflent ; les interrogations surgissent et demeurent sans réponse. L’adoption de la monnaie unique Eco sera-telle effective à partir de 2020, comme annoncée par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, lors de leurs rencontres sur le sujet ? Mystère et boule de gomme. La question est présentement sur toutes les lèvres. Elle cristallise les attentes et attire les attentions. On jase et on spécule partout. Qu’il s’agisse du milieu des décideurs politiques ou de celui des économistes, les commentaires font rage. Chacun tente de dresser ses propres scénarii fondés sur des hypothèses. Quant aux populations, les principales concernées, c’est le silence radio. Il n’existe, pratiquement, pas de signe montrant leur intérêt aux débats sur la question alors que c’est elles qui feront partie des premiers maillons de la chaîne à subir les conséquences de l’introduction d’une monnaie unique dans l’espace Cedeao. D’autant qu’elles devraient l’utiliser pour en faire leur instrument d’échange, leur unité de compte et réserve de valeur. Ceux-ci constituent les trois fonctions monétaires.
L’on ne peut, pour le moment, que s’en tenir à la dernière décision prise par les chefs d’Etat de la Cedeao, lors de leur réunion tenue, le 29 juin 2019, à Abuja. Ces derniers proposaient « l’approche graduelle » pour la création de la monnaie unique en privilégient le démarrage avec les Etats membres qui respectent les critères de convergence. Autrement dit, les Etats viendront à leur propre rythme, en fonction de leur capacité à respecter les critères de convergence macroéconomique. Mais au rythme où vont les choses, rien ne laisse présager une adoption prochaine de l’Eco. Il n’y a, presque, pas de communication officielle venant des voix légitimes sur la question à l’endroit des populations. Même s’il faut reconnaître que les questions monétaires ne se débattent pas sur les toits. La dévaluation de janvier 1994 en est un exemple.
Les rares sorties ou déclarations sporadiques de certains ministres des pays concernées sont aussi imprécises que sommaires. Le scénario d’un nouveau report semble être plus à l’ordre du jour qu’une adoption, au regard des réserves émises par certains économistes avertis. « Je reste convaincu que l’Eco ne verra pas le jour en 2020, comme cela a été annoncé, car les conditions techniques ne sont pas réunies », tranche, dans la Tribune Afrique, l’économiste bissau-guinéen, Carlos Lopez, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Uneca). Son collègue sénégalais Moustapha Kassé se montre également pessimiste en comparant l’Eco à un serpent de mer, victime d’une préparation qui n’est pas sérieuse et d’études techniques insuffisantes. Certains dirigeants des Etats de la Cedeao semblent, également, surfer sur la vague du pessimisme. Le Président du Bénin soutenait, dans une récente interview, que ce n’est pas évident que techniquement, les Etats soient prêts à rentrer dans une monnaie l’année prochaine.
Les Etats membre ont-ils pu respecter les critères de convergence, une des conditions jugées essentielles pour l’introduction de l’Eco ? Quel organe institutionnel communautaire pour assurer la régulation et la gestion de la politique monétaire ? Le régime de change flexible tel qu’annoncé sera-t-il maintenu ? Quelle valeur pour la monnaie Eco par rapport aux devises étrangères et autres monnaies nationales ? C’est une kyrielle de questions auxquelles nos chefs d’Etat devraient apporter des éléments de réponse avant la date butoir de 2020. Il faut l’avouer, les conditions sont loin d’être réunies et les délais sont assez courts pour lancer un projet aussi gigantesque que l’Eco. La question de la gestion des réserves de changes n’est pas encore résolue, de même, le traité instituant cette union monétaire reste méconnu. En attendant 2020, les yeux sont rivés sur la capitale nigériane où devront se réunir, le 21 décembre 2019, les chefs d’Etat de la Cedeao pour plancher sur la question de la monnaie unique.
Abdou DIAW/lesoleil.sn

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7 réponses

  1. Reyser dit :

    La question que je me pose c’est, comment ferons les Sénégalais sachant souvent ni lire ni écrire pour s’en sortir avec cette nouvelle monnaie.

  2. Ndiaye dit :

    Ils feront comme les 1.300.000 français analphabètes (mais pas bêtes).

  3. Yvesbzh dit :

    Laissons les se demerder ,et s’autogerer ,mais de grâce s’ils se plantent ils faudra les laisser dans leur merde et n’ont pas voler à leurs secours
    Car ce serait trop facile
    Après tout ils sont indépendants depuis plus de 50 ans
    Qu ils volent de le!rs propres ailes c’est normal
    Mais qu ils assument seuls leurs échecs ou leurs succès

  4. trevidic dit :

    Bonjour, En fait en allant sur des sites nous pouvons lire des chiffres qui ne correspondent pas !
    Ex : En 2015 pour le SENEGAL « actu prim  » donne un chiffre de 55,7% d’analphabètes avec une répartition de 68,5 % pour les hommes, et, 43,8 % pour les femmes soit 112,3 ?
    Le chiffre de 2% pour la FRANCE (et hors métropole…) semble cependant réaliste pour rapport à 67,5 millions ., nous dirons simplement qu’un effort important se fait au SENEGAL pour combattre
    ce fléau ,et qu’il est positif.

  5. Khadim Niang dit :

    نحن بحاجة للحصول على عملة جديدة ضد فرانك وأن يتم كل الاتفاقيات مع المسؤولين

  6. Khadim dit :

    نحن بحاجة للحصول على عملة جديدة ضد فرانك وأن يتم كل الاتفاقيات مع المسؤولين

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