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Les ménages dirigés par des femmes sont moins pauvres que ceux dirigés par des hommes

Le dernier rapport de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie s’est intéressé à la pauvreté de façon globale et a émis des points importants sur la pauvreté déterminée par le lieu de résidence. « Enquête harmonisée sur les conditions de Vie des Ménages (EHCVM) au Sénégal », telle est la thématique autour de laquelle tourne ledit rapport.

La pauvreté est définie par le dictionnaire comme un phénomène multidimensionnel. Elle peut être examinée sous l’angle du revenu, des libertés individuelles, d’accès aux services sociaux de base, etc… Mais de toutes ces dimensions, la plus courante est celle monétaire. Pour cette dimension, une personne est pauvre si elle n’a pas le minimum de ressources nécessaires pour satisfaire ses besoins fondamentaux (se loger, se nourrir, se vêtir, etc…)

Par ailleurs, mesurer la pauvreté passe par deux étapes, d’abord identifier les ménages ou individus pauvres et ensuite calculer les indicateurs permettant de cerner l’ampleur et la profondeur du phénomène. L’identification des pauvres nécessite elle aussi deux éléments à considérer, un indicateur de mesure du bien-être ; un seuil de pauvreté.
Avant de présenter en détails ces différentes étapes, il convient de définir les différents concepts liés à l’analyse de la pauvreté.

« Des disparités sont notées sur le niveau de pauvreté selon le milieu de résidence. »

L’analyse du taux de pauvreté du dernier rapport de l’ANSD montre que les ménages du milieu rural sont plus exposés au phénomène de pauvreté que ceux du milieu urbain.

Comparativement à l’ESPS-II, les résultats de l’enquête EHCVM indiquent qu’au niveau national le taux de pauvreté a baissé de 5 points de pourcentage entre 2011 et 2018/2019 pour se situer à 37,8%. Cette tendance est observée dans les 3 strates (Dakar urbain, Autres urbains et Rural) avec des niveaux différents. En effet, la plus forte baisse est enregistrée à Dakar urbain où le taux de pauvreté est passé de 14,2% en 2011 à 8,7% en 2018/2019, soit une baisse de 5,5 points de pourcentage. Il est suivi par le milieu rural où le taux est estimé à 58,7% en 2011 contre à 53,6% en 2018/2019, soit un repli de 5,2 points de pourcentage. Dans les autres zones urbaines, le niveau de baisse est relativement faible comparativement aux autres milieux de résidence. Dans ce milieu, sur cette même période, le taux de pauvreté est passé de 30,9% à 29,9% soit une baisse de 1 point de pourcentage.

En terme d’effectif, le nombre de pauvres a augmenté de 200 048 individus entre 2011 et 2018/2019 au Sénégal, soit de 3,4% en valeur relative contre une augmentation de 25,1% de la population. À l’exception du milieu urbain de Dakar où le nombre de pauvres a baissé de 139 330, l’effectif des pauvres a augmenté dans les deux autres strates du pays, soit respectivement de 327 620 individus dans les autres zones urbaines et de 11 758 individus en milieu rural.

Concernant le niveau de dépense par tête selon le décile de bien-être et suivant le milieu de résidence, il est en hausse entre 2011 et 2018. Cette tendance haussière du décile de bien-être sur cette période est plus importante à Dakar urbain suivie de la zone rurale. Elle reste également plus élevée pour les plus riches comparativement aux plus pauvres.

Toutefois, les ratios inter-déciles, globalement en baisse sur la période 2011 à 2018/2019 quel que soit le milieu de résidence, traduisent une réduction de l’inégalité en particulier entre les plus riches et les plus pauvres.

Ledit rapport renseigne que la méthodologie utilisée dans l’EHCVM pour le calcul des indicateurs de pauvreté est basée sur le coût des besoins minima de base à savoir se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner s’éduquer etc. Ainsi l’agrégat de consommation a été calculé en sommant les dépenses liées à l’alimentation, au logement, à la consommation non alimentaire des biens non durables, à l’éducation, à la santé, au crédit de téléphonie portable et aux valeurs d’usage des biens durables. Pour tenir compte des différences dans la composition du ménage, l’agrégat a été normalisé par la taille du ménage. S’agissant du seuil de pauvreté, il a été calculé à partir de la valorisation d’un panier de consommation alimentaire construit au voisinage des ménages des déciles 3-8 afin de satisfaire les besoins nutritionnels journaliers.

Le raccordement des chiffres de pauvreté a été fait en utilisant deux méthodes : une méthode directe basée sur les résultats de l’enquête expérimentale de 2017 et une approche basée sur les coefficients d’ajustement afin de s’assurer de la robustesse des résultats obtenus.

« Focus sur la pauvreté et les inégalités dans les régions »

Des résultats de l’enquête, il apparaît des différences de niveau de pauvreté considérables entre les régions. La région de Dakar, de par ses opportunités économiques, présente le niveau de pauvreté le plus bas avec moins d’une personne sur dix soit un taux de 9,0%. Elle est suivie par la région de Thiès où le tiers de la population (34,1%) est touché par la pauvreté.

Les autres régions pourraient être regroupées en deux groupes ou catégories. Le premier groupe concerne principalement les régions du Sud et de l’Est. Il s’agit des régions de Sédhiou (65,6%), Kédougou (61,9%), Tambacounda (61,9%), Kolda (56,6%), Ziguinchor (51,1%) et Kaffrine (53,0%) où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le second groupe est composé des régions du Nord et du centre que sont Saint-Louis (40,1%), Kaolack (41,5%), Louga (43,4%), Diourbel (43,9%), Matam (47,7%) et Fatick (49,2%).

Les inégalités portant sur l’agrégat de bien être quant à elles sont plus élevées dans les régions de Kédougou et de Dakar. En valeur, les ménages de Dakar dépensent par membre environ 2 à 2,5 fois plus que partout ailleurs dans le pays.

S’agissant de la contribution à la pauvreté, certaines régions malgré leur fort niveau d’incidence ne sont pas les plus grandes contributrices en raison de leur poids démographique relativement faible par rapport à d’autres régions. Dès lors, il est aussi important de tenir compte de cet aspect dans les interventions de ciblage des pauvres. Les régions de Diourbel et de Thiès sont les plus grandes contributrices à la pauvreté globale avec des parts respectives de 12,9% et de 11,7%. À l’opposé, la région de Kédougou (1,9%) et celles de Dakar, de Ziguinchor et de Matam, avec 5,5% de contribution chacune, sont les moins contributrices à la pauvreté globale.

Les résultats de l’enquête ont mis en évidence des différences de niveau de pauvreté entre les régions d’une part et les catégories de population avec des niveaux d’inégalité importants d’autre part.
Les régions du Sud et de l’Est sont les plus touchées par la pauvreté. Celles de l’Est font face à des inégalités plus élevées au sein de leur population.

L’enquête a révélé que les ménages pauvres consacrent plus de la moitié de la consommation (53,4%) aux produits alimentaires (y compris l’autoconsommation et les dons alimentaires) contre 44,1% pour les ménages non pauvres.
Par ailleurs, les ménages dirigés par des femmes sont moins pauvres que ceux dirigés par des hommes. En effet, deux personnes sur dix (21,8%) vivant dans des ménages dirigés par une femme sont pauvres contre un peu plus de quatre sur dix (42,7%) sous l’autorité d’un homme.

dakaractu.com

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2 réponses

  1. issa gibb dit :

    « La Femme est l’avenir de l’Homme » comme dit la chanson et au Sénégal, plus qu’ailleurs !
    Au Sénégal, ce sont les femmes qui triment toute la journée pendant que les Hommes palabrent à rien foutre sous le baobab… Tout comme, les jeunes Hommes qui regardent leurs mères, leurs sœurs, leurs grand-mères et leurs tantes courbaient le dos à la tâche quotidienne, pendant qu’ils se grattent les couilles à rien foutre, perchés sur un muret, ou à jouer au foot, toutes les journées… Y-a pas photo !
    Au Sénégal, il est plus que pressant de sortir de cette société patriarcale et islamiste à la con où les Hommes ne foutent rien et les Femmes travaillent à fonds… En commençant par, ce que l’Etat Sénégalais donne les aides ou les subventions, rien qu’aux femmes pour espérer faire évoluer le pays et se sortir de la misère… Dans le cas contraire, avec les Hommes aux manettes et leurs gourdins à la main à faire des gosses pour qu’ils s’occupent d’eux, à la vieillesse : çà « démerge » dur depuis trop longtemps et ce n’est pas comme cela qu’on arrive à faire avancer un pays… In chà Allah !

    • Tiocan dit :

      Comme vous dites, il est pressant de sortir de cette société patriarcale et islamiste à la con. Malheureusement, le Sénégal qui s’islamise et se radicalise actuellement ne semble pas laisser beaucoup d’espoir à court et moyen terme. Peut être quand les poules auront des dents?

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