DÉCOUVRONS TAABÉ

A la découverte de Taabé: Un village d’éleveurs qui veut entrer dans la modernité

Taabé, un petit village dans la commune de Kobilo, dont la population est à majorité éleveurs peuls, peine à prendre son envol parce qu’il n’a ni électricité encore moins de services sociaux de base

Taabé, un petit village niché à mi-chemin entre Kobilo et Thilogne, garde encore les marques de la vie des populations peules d’antan. En cette période d’hivernage, le paysage est verdoyant. Il est pratiquement impossible de voir le sol. La végétation offre un décor plutôt splendide dans ce petit royaume des éleveurs. L’élevage est la seule activité pratiquée dans cette localité. Ainsi, les bergers sont déjà partis avec leurs troupeaux. De loin, on entend le beuglement des vaches. Des excréments d’animaux sont un peu partout, rendant du coup la terre fertile. Les éleveurs ne peuvent pas rêver mieux. Tellement, les pluies sont au rendez-vous. Les femmes traient chaque jour des litres de lait. Il fait bon vivre en cette période d’hivernage. C’est une vie rustique que ces populations mènent depuis maintenant des lustres.

Toutefois, le village manque pourtant de beaucoup de choses pour prendre son envol. À part l’école élémentaire, le village ne possède aucune infrastructure digne de ce nom. Le Chef de village, El hadji Yéro Dia, n’a pas besoin de passer par quatre chemins pour égrener les doléances de son village. « Le manque de l’électricité a carrément handicapé notre vie », souligne le quadragénaire. Selon lui, l’électricité est une nécessité pour ce village d’éleveurs qui est souvent confronté à des cas de vol de bétail. Les populations font des demandes sans cesse, dit-il, mais il n’y a toujours pas de retour de la part des autorités. « Il n’y a pas de poste ou de case de santé », lâche le chef du village. Il est difficile pour ces populations de vivre sans « avoir des soins de santé ». En cas d’urgence, elles ne savent même pas à quel saint se vouer. C’est pourquoi le village a pris les devants pour construire une case de santé, mais le personnel n’est jamais venu, précise El Hadji Yéro Dia.

La liste n’est pas exhaustive car les populations boivent encore l’eau de puits. Pour le moment, le chef du village a usé de ses moyens pour installer un robinet chez lui mais les autres maisons n’y ont pas encore accès. Demba Dia est boutiquier. Il s’est installé à Taabé depuis 2007. Avec humour, Demba Dia raconte sans gêne le vécu des populations. Selon lui, il est paradoxal que Taabé soit sans électricité alors que les fils électriques passent par le village. « Les populations ont crié sous tous les toits pour réclamer l’électricité, mais c’est toujours peine perdue », se désole le boutiquier. Les gens ont porté des brassards rouges pour exprimer cet « oubli », néanmoins ils n’ont toujours pas eu gain cause. Kardiata Samba Sow qui porte la voix des femmes invite les autorités à penser à « ces pauvres dames » qui veulent travailler mais à qui les moyens font défauts. Par faute de moyens, elles perdent des « litres » de lait parce que, dit-elle, elles n’ont pas des moyens et les machines pour le transformer. Ici, certaines organisations non gouvernementales viennent aider les femmes dans le jardinage même cela a cessé parce qu’il n’y a pas d’eau pour arroser le jardin. « Nous voulons des financements », souligne cette porte-parole des femmes. Ces populations aspirent véritablement au changement pour un lendemain meilleur. Pour ce faire, elles appellent les autorités à plus de considération.

Falel PAM – MATAM – http://lesoleil.sn/a-la-decouverte-de-taabe-un-village-deleveurs-qui-veut-entrer-dans-la-modernite/?fbclid=IwAR32Vf_m61–xgGvgK1vZsydpA3XnJxhz9PxLOTDYGZdtWojIwJGIf8grfM

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