L’ADMINISTRATION SENEGALAISE DÉPRIME LES ANALYSTES DE DONNÉES

Au Sénégal, l’accès à l’information scientifique à temps donne du fil à retordre aux analystes de données mais également aux hommes des média

L’indisponibilité de données scientifiques à temps est un état de fait au Sénégal. Ce qui souvent prête à confusion et ouvre un grand boulevard à polémique entre les acteurs politiques et pollue le débat public. Une responsabilité largement imputable à l’administration qui fait de la rétention d’informations sous prétexte qu’elle est confidentielle.

Au Sénégal, l’accès à l’information scientifique à temps donne du fil à retordre aux analystes de données mais également aux hommes des médias. Une situation inconfortable qu’a instauré savamment l’administration sénégalaise depuis toujours et ce, en dépit des nombreuses initiatives prises par les pouvoirs publics allant dans le sens de rendre performante cette administration. Mais, celle-ci semble enfermée dans un carcan qui bloque toutes les analyses particulièrement scientifiques.

Pour s’en convaincre, aucune communication n’est ce jour faite sur le montant approximatif que l’Etat du Sénégal va disposer des Droits de tirage spéciaux (Dts) du Fonds monétaire international (Fmi), et dont le décaissement de l’enveloppe de 650 millions de dollars est programmé dans moins de deux semaines, précisément le 23 août prochain pour les requérants dont le Sénégal.

Et pourtant, la Côte d’Ivoire, première puissance économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), dès les premières heures de cette décision de l’institution de Breton Woods a communiqué sur le montant qu’il va disposer de ces Dts, soit 900 millions de dollars.

Tout récemment, il a fallu que le coordonnateur du Forum civil, Birahime Seck réclame la publication des rapports d’évaluation des dépenses fiscales de 2015, 2016, 2017, 2018-2019 pour que le ministère des Finances et du Budget communique là-dessus même si les services de Abdoulaye Daouda Diop soutiennent que les rapports étaient déjà disponibles. Il en est de même pour l’achat de l’avion présidentiel à hauteur de 60 milliards.

La même préoccupation a été adressée dernièrement à travers une lettre ouverte au président de la République Macky Sall par le président du mouvement Gueum Sa Bopp Bougane Gueye sur entre autres questions relatives au «coronavirus business». Même constat pour l’achat du bateau, du niveau de la dette, du niveau d’exécution des budgets des départements ministériels.

Pour les médias, trouver une information scientifique à temps réel est un véritable casse-tête. Et pourtant, le Conseil des ministres de l’Uemoa dans le cadre de la réalisation de ses objectifs en matière d’intégration régionale, a procédé à la réforme du cadre harmonisé des finances publiques dans la zone Uemoa en visant deux objectifs fondamentaux à savoir l’amélioration de l’efficacité de l’action publique, pour le bénéfice de tous (citoyens, usagers, contribuables et agents de l’Etat) et l’instauration d’une véritable transparence dans la gestion publique.

Ainsi, à travers cette réforme, le Parlement et les citoyens doivent être régulièrement informés sur la procédure et l’exécution budgétaire et ils doivent recevoir une information de qualité. Cet état de fait desservit les tenants du pouvoir. Car, ouvrant une brèche à la confusion et à l’amalgame des politiques lorsqu’ils abordent le sujet d’actualité. Aujourd’hui, en dehors des budgets ministériels votés à l’Assemblée nationale personne ne connait le niveau d’exécution desdits budgets. Or, trimestriellement ou semestriellement les ministres devraient pouvoir communiquer sur le niveau d’exécution des budgets affectés, les écarts et le niveau d’exécution des projets

seneplus.com

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