MAGAL OR NOT MAGAL ?

Faut-il maintenir le Magal de Touba ?

Le pèlerinage mouride rassemblera, en septembre, quelque 4 millions de fidèles. De quoi susciter les inquiétudes, alors que le Sénégal connaît une troisième vague épidémique.

Au Sénégal, mieux vaut ne pas poser la question, au risque d’être taxé d’apostasie et d’en subir les conséquences. Et pourtant, puisque celle-ci se pose, les médias se doivent bien d’en faire état.

Les 25 et 26 septembre, dans le centre-ouest du pays, se tiendra le Magal de Touba, ce pèlerinage typiquement sénégalais en hommage à Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké (Serigne Touba), le fondateur du mouridisme. Chaque année, lors de ce rassemblement, la confrérie la plus influente du pays célèbre en prières, dans la ville sainte où il repose, son fondateur et guide spirituel, à la date anniversaire (du calendrier musulman) où l’administration coloniale française l’avait contraint à l’exil au Gabon, en 1895.
Un quart de la population

Même si elle est soigneusement éludée au Sénégal, la question se pose toutefois avec acuité : en pleine recrudescence de la pandémie de Covid-19, est-il raisonnable d’autoriser un rassemblement d’une telle ampleur ? À Touba, le Magal réunit traditionnellement plus de 4 millions de Sénégalais venus de tout le pays et de la diaspora, soit près du quart de la population nationale.

S’interroger sur cette question de santé publique ne relève pas du blasphème. On en voudra pour preuve les mesures énergiques qu’a pris l’Arabie saoudite afin de contenir la contamination des fidèles lors du hajj – l’un des cinq piliers de l’islam. En juillet 2021, seuls 60 000 Saoudiens et étrangers résidant dans le royaume – tous dûment vaccinés – ont été autorisés à fouler les lieux saints. Avant la pandémie, en 2019, ils étaient 2,5 millions venus du monde entier…

En période de Covid-19, les pèlerinages posent un défi de santé publique qu’il est bien délicat de résoudre. L’Inde en fournit un exemple édifiant. En mars 2020, les cas de Covid-19 avaient crû de plus de 10% en 24 heures après la découverte d’une importante vague de contagion liée à un rassemblement du Tablighi Jamaat, une congrégation musulmane fondamentaliste.

Un an plus tard, après quelques mois d’accalmie qui avaient pu laisser à penser que la situation sanitaire était à nouveau sous contrôle, l’Inde a connu une spectaculaire deuxième vague. Le 24 avril 2021, elle comptait 349 000 nouveaux cas – contre moins de 15 000 cas par jour un mois et demi plus tôt.

En cause, des meetings politiques aux quatre coins du pays, dans un contexte de campagnes électorales multiples, mais aussi des rassemblements religieux, comme le Kumbh Mela – considéré comme le pèlerinage le plus important du monde car réunissant des millions de fidèles –, durant lequel les hindous sont invités à aller se baigner dans le Gange pour se laver de leurs péchés.

Dans le cadre religieux, médecine et prévention épidémiologique n’ont pas forcément leur place. Pour Mame Mactar Guèye, porte-parole de l’association islamique Jamra, interrogé par JA, la question sanitaire liée à l’organisation du Magal en pleine troisième vague ne se pose pas. Si l’intéressé reconnaît que « cet événement se tient en pleine pandémie, avec l’apparition de nouveaux variants », il estime toutefois que « la prégnance de la foi des adeptes du mouridisme, qui tiennent à “leur” Magal, a fini par l’emporter sur les légitimes appréhensions des autorités sanitaires du pays ».
Mesures préventives

En guise de mesures préventives, « l’implantation de 180 centres fournissant des prestations sanitaires dans la région de Diourbel pour prendre en charge les pèlerins, animés par 5 760 agents de santé », devrait suffire, ajoute-t-il.
à lire « Les morts du Covid-19 en Afrique seraient trois à quatre fois plus nombreux », selon l’OMS

Autrement dit, le Magal de Touba ne saurait avoir qu’une boussole : la combinaison entre foi musulmane et traditions de la confrérie mouride, sans considération excessive pour les risques encourus. « Sainteté » et « Santé », à quelques lettres près, pourraient donc se confondre.

Mais, depuis la précédente édition du Magal, en octobre 2020, à une période où le Sénégal pouvait se croire relativement épargné – et où l’on n’avait constaté aucun pic de contamination au lendemain du pèlerinage –, un nouveau péril s’est invité. Réputé plus contagieux, le variant Delta (une forme mutante du virus originel) a fait irruption au pays de la Teranga, entraînant une brusque dégradation de la situation sanitaire.

Alors que, du début d’avril à la fin de juin 2021, le nombre de nouveaux cas quotidiens était globalement demeuré sous la barre des 100 personnes infectées, ce chiffre s’est mis à grimper subitement. Le 18 juillet, la courbe atteignait 1 722 nouveaux cas en 24 heures. Malgré un léger fléchissement par la suite, on en recensait encore 1 045 au 31 juillet.
Flambée épidémique

À la suite de cette flambée épidémique, le système de santé sénégalais a rapidement atteint ses limites, en particulier dans la région (surpeuplée) de Dakar, comme le détaillait, le 4 août, une longue enquête de BBC Afrique. Nombre de lits insuffisant dans les hôpitaux spécialisés, pénurie en oxygène, personnel soignant exténué et dépassé… Selon le Dr Marie Khémess Ngom Ndiaye, présidente du Comité national de gestion des épidémies (CNGE), l’analyse des prélèvements récents révèle une présence du variant Delta de l’ordre de 70 %.

Dans le même temps, le taux de vaccination piétine, en raison de problèmes d’approvisionnement en vaccins et de la défiance, bien ancrée, d’une partie de la population. Le 6 août, selon le ministère de la Santé, un peu plus de 1 million de Sénégalais avaient été vaccinés sur une population totale de 17 millions. Mais, selon le site de référence Our World in Data, qui recense les taux de vaccination à travers le monde à partir des données officielles, seuls 3,6 % des Sénégalais avaient bénéficié d’une vaccination partielle à la date du 3 août, et 1,8 % d’une vaccination totale.
Incantation rituelle

Face à cette situation devenue préoccupante, l’organisation du Magal, sans limitation du nombre de participants, s’annonce périlleuse. Face au poids démographique et à la ferveur de la communauté mouride, les autorités sénégalaises semblent résignées à laisser l’événement se dérouler sans limitation autre qu’un hypothétique respect des gestes barrière. Et, dans les médias locaux, nul ne se risque à tirer le signal d’alarme tant qu’il en est encore temps.

La protection de Serigne Touba, les bénédictions de l’actuel khalife général, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, et l’incantation rituelle en vigueur au Sénégal – Inch’Allah ! – suffiront-elles à éloigner le péril sanitaire lors de ce rassemblement à haut risque ?

On ne peut que l’espérer.

Et prier, pour éviter au Sénégal un scénario à l’indienne…

Mehdi Ba/jeuneafrique.com

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7 réponses

  1. Ndeye dit :

    Même article que l’année dernière et qu’es-ce qu’il c’est passé ?? Et bien rien !

  2. issa gibb dit :

    Les Assassins Mourides à l’œuvre pour sauvegarder leurs privilèges éhontés et garder leur hégémonie sur 3 ou 4 millions d’ignares savamment entretenus, opiumisés de fausse religion…
    Ils n’ont toujours pas compris que Serigne Touba ne peut rien faire contre le ConnoVirus Chinois et cela depuis 2 ans ??? C’est grave, d’être têtu et aussi arriéré à ce point, tout en gouvernant le Sénégal ???
    Pas sorti de l’Auberge, ce pauvre Sénégal avec les Mourides…. In chà Allah ! Ou Serigne Touba ???

  3. Bob dit :

    La directrice du CDC, Rochelle Walensky, admet que le vaccin contre le covid ne prévient pas l’infection par le covid ou la transmission de la variante Delta Pour ajouter au démantèlement de ce canular du vaccin contre le covid-19, le directeur du CDC, le Dr Rochelle Walensky, vient d’admettre quelque chose d’étonnant sur CNN :  Les vaccins contre le covid-19 ne préviennent PAS les infections au covid-19. Ils n’empêchent pas non plus les gens de transmettre la « variante Delta » de ce que le CDC appelle le virus covid. En fait, Walensky vient d’admettre que les passeports vaccinaux sont inutiles et ne prouvent rien. Si une personne « totalement vaccinée » peut quand même attraper et transmettre le covid, alors le passeport vaccinal n’est rien d’autre qu’une preuve d’obéissance, pas une preuve d’immunisation. Le virus covid-19 est un canular, mais la protéine spike armée est bien réelle et tout à fait mortelle. Alors que le virus covid-19 semble n’être rien d’autre que des virus du rhume ou des virus de singe renommés, la nanoparticule toxique de la protéine spike – qui est maintenant injectée par le biais des vaccins – est une arme biologique mortelle lancée aux Etats-Unis, puis renforcée à Wuhan grâce à l’argent des contribuables américains. Il semble maintenant évident que l’objectif de l’hystérie des covidés était d’inciter les gens à accepter des injections de protéines de pointe, intentionnellement mal étiquetées « vaccins ». Ces protéines de pointe, à partir desquelles le vaccin covid est maintenant appelé « piqûre de coagulation », provoquent des caillots sanguins, des lésions neurologiques, des accidents vasculaires cérébraux, des crises cardiaques, des avortements spontanés et des lésions vasculaires universelles, même selon le Salk Institute, un organisme à vocation généraliste. Extrait de leur article sur la protéine spike et ses effets néfastes sur le système cardiovasculaire humain : Aujourd’hui, une nouvelle étude majeure montre que les protéines de pointe du virus (qui se comportent très différemment de celles codées en toute sécurité par les vaccins) jouent également un rôle clé dans la maladie elle-même. …[L]e document fournit pour la première fois une confirmation claire et une explication détaillée du mécanisme par lequel la protéine endommage les cellules vasculaires. Il y a un consensus croissant sur le fait que le SRAS-CoV-2 affecte le système vasculaire, mais on ne comprenait pas exactement comment il le faisait. De même, les scientifiques qui étudient d’autres coronavirus soupçonnent depuis longtemps que la protéine spike contribue à endommager les cellules endothéliales vasculaires, mais c’est la première fois que ce processus est documenté. Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont créé un « pseudovirus » qui était entouré de la couronne classique de protéines spike du SRAS-CoV-2, mais qui ne contenait pas de véritable virus. L’exposition à ce pseudovirus a entraîné des lésions des poumons et des artères d’un modèle animal, ce qui prouve que la protéine de pointe seule suffit à provoquer la maladie. Des échantillons de tissus ont révélé une inflammation des cellules endothéliales qui tapissent les parois des artères pulmonaires. La protéine spike a été développée en tant qu’arme biologique afin de provoquer des symptômes généralisés qui peuvent ensuite être faussement étiquetés « covid », puis cités pour promouvoir encore plus d’injections de vaccins contenant davantage d’armes biologiques à base de protéine spike. Le « virus » covid-19 n’est qu’un cocktail de virus de singe et de virus du rhume, tandis que la protéine spike – qui est la cible antigénique des vaccins – provoque des lésions vasculaires, des problèmes d’infertilité, des dommages au système immunitaire, etc.

    • Stephane dit :

      Dans votre comme commentaire aucune explication sur les cas graves non vaccinés qui occupent les lits de réanimation

  4. Ali dit :

    Bravo Bob, la ya personnes pour contredire ce que vous dites, normal c’est bien argumenté et c’est les informations d’un organisme officiel.

    Malheureusement, certains pays comme le Sénégal, la France, etc n’en tiennent pas compte et reste figés aux informations d’y il a plusieurs mois.

    Bon c’est vrai, il y a un stock important de vaccin (thérapie génique expérimentale pour être précis) qui doit être écoulés rapidement vu la date de péremption pour la plupart en octobre 2021.

    Ça correspond, d’après ce que j’entends dans mon milieu professionnel que Les injections vont s’arrêter vers cette date pour être remplacé par un traitement, très coûteux, à savoir les traitements anticorps monoclonaux

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