FOCUS SUR LES HUÎTRES SENEGALAISES

Les huitres, une source de revenus importante pour les exploitants sénégalais

L’ostréiculture rapporte des millions de FCFA à l’association AIVD du village sénégalais de Dassilame Sérère. Cette filière pourvoyeuse d’emplois et de revenus pour les femmes et les jeunes doit néanmoins introduire des techniques de production améliorées pour atteindre son plein potentiel.

Basée dans le village de Dassilame Sérère au Sénégal, les ostréiculteurs de l’association inter-villageoise de développement (AIVD) récoltent depuis des années des huitres provenant de l’estuaire du Saloum. Cuites à l’étouffée, puis séchées au soleil ou cuisinées en accompagnement, elles sont un régal pour les amateurs et constituent une source de protéines animales et très faciles à conserver.

Coordonnée par Mamadou Bakhoum, l’AIVD intègre des groupements de femmes des villages de Dassilamé Sérère, Bani et Souroul autour d’activités comme l’ostréiculture, l’apiculture ou encore le maraîchage. Selon lui, l’énorme potentiel économique des huitres pousse de nombreux jeunes de ces villages à renoncer à l’exode rural. Dans le cadre de ses activités, l’association a pu réaliser 36 000 mètres de guirlandes d’huîtres dans le delta du Saloum. Cette année, elle a récolté 3,2 tonnes d’huîtres d’une valeur marchande de 15 millions FCFA.

L’ostréiculture a été identifiée par le gouvernement du Sénégal et par la Banque Mondiale comme un secteur clé pour le développement durable. La crassostrea gasar, une huitre mi-plate mi-creuse qui se développe sur les racines des palétuviers des mangroves d’Afrique, est très présente en Casamance et dans l’aire marine protégée du Siné Saloum. L’activité constitue un gagne-pain pour les ruraux, et elle attire de plus en plus des entrepreneurs étrangers.

Si l’ostréiculture permet aux femmes et aux jeunes sénégalais de gagner entre 5 000 et 7 500 FCFA par jour, sa pratique peut s’avérer difficile, le travail se faisant de manière artisanale. « C’est un travail très dur parce que nous passons des nuits dans le fleuve, surtout s’il y a haute marée. Mais nous sommes obligées de le faire sinon nos familles ne mangeront pas », a confié l’employée d’une entreprise basée en Casamance.

Autre défi, les volumes de production sont de plus en plus faibles, ce depuis plus d’une décennie. Pour cause, la dégradation des écosystèmes au bord des cours d’eau. Un nouveau programme a été lancé à Ziguinchor par le ministère sénégalais des Pêches et financé par l’Union européenne et le ministère allemand de la Coopération économique. Le projet pourrait être salvateur pour les petits exploitants locaux qui espèrent une amélioration des techniques de production.

Aïsha Moyouzame/agenceecofin.com

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1 réponse

  1. Stephane dit :

    3500 kG de chair d’huitres séchés ce qui doit représenter des dizaines de tonnes d’huitres fraiche

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