SAUVEGARDE DU PATRIMOINE EN SENEGAMBIE

Les mégalithes de Sine-Ngayene au centre de projets culturel et touristique

‘’Autonomiser les communautés locales et engager les jeunes à s’approprier de la valeur de civilisation des cercles mégalithiques de la Sénégambie’’ est le thème d’un vaste chantier initié par l’organisation non gouvernementale Corps Africa. Les mégalithes se définissent, de manière simple, comme des pierres tombales de la période protohistorique. Corps Africa et les communautés frontalières s’impliquent à leur sauvegarde.
En gros, le projet se résume à l’implication des jeunes dans la préservation du patrimoine. A Nioro, dans la région de Kaolack, la semaine écoulée, le maire de Ngayène Sabakh, le président du Conseil départemental, des responsables de la jeunesse et de la culture ont tenu à échanger sur le processus de valorisation des sites mégalithiques par la préservation, la communication et l’exploitation des lieux à des fins touristiques. De larges explications ont été données sur les dispositions prises parles autorités gouvernementales sénégalaises et gambiennes. Badara Diallo, du Conseil départemental de Nioro, considère que la rencontre entre Gambiens et Sénégambiens autour du patrimoine, des sites mégalithiques est l’illustration de la volonté des communautés à aller ensemble.
A l’en croire, la volonté de partage se traduit aussi dans l’utilisation des langues locales. Les sites mégalithiques de Sine-Ngayène en Sénégambie et de Wasu en Gambie constituent une richesse infinie à préserver pourles jeunes gambiens et sénégambiens, les générations futures. Et Badara Diallo de rajouter que ce projet doit être vulgarisé. Si les localités littorales du Sénégal, comme Mbour, ont le tourisme balnéaire, la zone transfrontalière à la possibilité de mieux faire grâce au tourisme de découverte, avec l’existence des mégalithes érigés patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. En effet, ces deux activités touristiques constituent une mine d’or pour l’économie du Sénégal. A l’en croire, la démarche en cours ne doit pas être l’affaire stricte de Corps Africa.
Par conséquent, M. Diallo a invité les autorités des deux pays à s’impliquer. Goumba Gaye, dit Momo Gaye, le maire de Ngayène-Sabakh et représentant des maires du département de Nioro, a insisté sur la volonté affichée du ministère de la Culture d’envisager beaucoup une valorisation des sites mégalithiques.
Ainsi l’édile de Ngayène-Sabakh a loué le pragmatisme de l’ONG Corps Africa, avec le camp-chantier préconisé pour informer, communiquer et participer à la réhabilitation des installations sur les sites mégalithiques. Selon lui, un centre d’interprétation va être construit, en plus d’un campement touristique. Il a remercié les autorités gambiennes pour leur prestance à participer à l’initiative de protéger et d’exploiter le patrimoine. Il a salué la présence remarquée de l’Association pour la revalorisation de la culture du Sine-Saloum, le Malabar de Nioro. Il a dit toute sa satisfaction sur le comportement exemplaire de Corps Africa. Il a eu à s’imprégner des réalités locales, en travaillant sur la santé en milieu rural, l’éducation et le maraîchage, sans compter ses efforts pour la sensibilisation et la communication sur l’importance des mégalithes.
VALORISATION ET VISUALISATION DES MEGALITHIQUES : Au centre des actions pour une meilleure gestion des sites
Seydou Kane de la Direction du patrimoine a fait part de la volonté affichée du ministère de la Culture de s’engager dans la protection et la sauvegarde des sites mégalithiques de Sine Ngayène, de Darou Anar au Sénégal et apprécie les efforts de la Gambie dans les localités de Keur Bâtie. Ces sites regroupent 52 pierres tombales, des mégalithes. Selon lui, ils font partie d’un lot de 1987 sites répertoriés. C’est un classement de l’Unesco qui en a retenu quatre, cités plus haut, en Sénégambie.
Au-delà des réalisations, parlant des infrastructures routières et trente poteaux signalétiques menant à Sine-Ngayène, il a révélé la construction d’un centre d’interprétation et d’un campement pour accueillir et héberger des visiteurs. Pour lui, la valorisation et la visualisation sont désormais au centre des actions sur le site. Pour Momar Sall, de la délégation gambienne, la collaboration avec les autorités sénégalaises sur la question est à saluer et fait son bonhomme de chemin. Le travail fait au sein des communautés est riche de la formation de vingt guides en Gambie pour éclairer les visiteurs de Keur Bâtie et de Wasu. Il a salué les actions de Corps Africa fédérant les communautés gambiennes et sénégalaises à travers la culture et la gestion du patrimoine. Pour M. Sall, la Gambie a fini de faire des images et interprétations des mégalithes, des supports didactiques destinés à la construction de savoirs des enfants. Son homologue, Papa Alassane Ceesay, a loué tous les efforts entrepris ne faisant que s’inscrire dans une vieille tradition depuis la nuit des temps entre Gambiens et Sénégalais. Selon lui, le Saloum est indissociable de la Gambie, avec beaucoup de cultures partagées.
LES SITES MEGALITHILIQUES : Une richesse à découvrir
Le maire de Ngayène-Sabakh a cadré la place des sites mégalithiques intéressant les ministères de la Culture et du Tourisme. Pour Goumba Gaye, dit Momo, les sites mégalithiques regorgent de mystères et de données historiques à connaître. Pour lui, ces pierres n’ont pas encore dit et révélé tous leurs secrets. Leur disposition n’est ni banale ni délibérée. A l’en croire, ils sont disposés en 52 cercles par rapport aux points cardinaux. Les mégalithes ou pierres tombales constituent des blocs de pierre de plus d’une tonne et transportées sur plusieurs kilomètres, de leur lieu de production à celui de leur implantation. Le maire de Ngayène-Sabakh se dit émerveillé par les savoirs et savoir-faire de ces premiers hommes ayant vécu en ces lieux. En plus, il a révélé des informations sur les sépultures. Les tombes ont montré des guerriers tués et enterrés avec des lances. Certains sont retrouvés dans les tombeaux avec leurs avoirs, des poteries, des perles et des objets de valeurs diverses.
Toutefois, il a déploré les fouilles anarchiques souvent faites par des particuliers, volant des reliques et des restes. Pour jouer au gendarme du patrimoine, le maire révèle des visites inopinées pour décourager le fait. Sur les efforts de valorisation des sites de Sine-Ngayène et de Anar, le maire de Ngayène Sabakh a exprimé toute sa satisfaction, grâce aux efforts et réalisations du gouvernement parmi lesquels des routes et des pistes facilitant l’accès aux sites. Les commodités pour un bon séjour sur les sites s’améliorent avec l’électrification des sites et des villages voisins. Il a salué le projet de Corps Africa de septembre 2021 pour la réhabilitation des installations, des murs des écoles, de la clôture du site de Sine-Ngayène. Mamadou Sarr, le directeur de Corps Africa s’est dit satisfait du leadership local adhérant aux initiatives de développement local. Il a expliqué l’importance des connaissances apprises parles volontaires de son ONG. Pour eux, leur crédo reste l’intégration au sein des communautés, partager avec elles tout ce qui est utile et participant au développement des terroirs et des contrées. Selon lui, les volontaires transforment les conditions difficiles en conditions favorables de travail. Sur le plan culturel et artistique, il s’est demandé si l’Europe n’est pas plus riche que le vieux continent sur l’archivage de certains éléments du patrimoine car beaucoup de masques et de vestiges disparus d’Afrique trônent dans des musées européens.
Son autre interrogation ou appel concerne la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à propos de la sauvegarde du patrimoine culturel par la montée de certains mouvements versés dans la destruction de monuments historiques. Au bout du compte, le camp-chantier programmé à Sine-Ngayène va accueillir 200 participants, dont 50% de gambiens et de sénégalais et 20% venant des autres pays.
Samba Niébé BA/sudonline.sn

Vous aimerez aussi...

11 réponses

  1. Stephane dit :

    Honteusemennt chiper sur Wiki ….

    Le site mégalithique est situé près de la localité de Sine Ngayène, Kaolack. Il compte 52 cromlechs, chacun composé de piliers de latérite taillée d’environ 2 m de haut et pesant 7 t1,2. Les cromlechs contiennent chacun une dizaine de piliers et mesurant de 4 à 6 m de diamètre ; au total, le complexe mégalithique comprend 1 102 pierres dressées. La zone couvre 5,26 ha.

    Les cromlechs surmontent des sépultures. Des tumulus existent également sur le site.

    Une carrière de latérite se trouve à environ 1 km à l’est du site.

    Historique
    Le site date d’entre le iiie siècle av. J.-C. et le xvie siècle2.

    En 2006, le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial comme partie des cercles mégalithiques de Sénégambie, avec les cercles de pierres de Wanar (Sénégal), Kerbatch et Wassu (Sénégal)2

  2. Stephane dit :

    Le site date entre le IIIème siècle avant JC et le XVI ème
    Une longue période ?

  3. Stephane dit :

    Pour le tourisme ca pourrait faire un lieu interréssant à visiter .Pour Touba un lieu à ignorer absolument

  4. Dany dit :

    Il y a déjà quelques années que des assos locales se battent pour la revalorisation de ces sites mais elles n’étaient guère entendues…Et Corps Africa ( ONG marocaine à l’origine ) arrive avec les bons réseaux, tant mieux mais ne pas oublier les locaux , notamment l’Adrgps basée à Kaolak . En tout cas avec cette visite des « autorités », le site est nickel ce qui n’était pas le cas en 2019 quand j’y suis allée, signalétique quasi disparue, plus de clôture, cercles émergent à peine des hautes herbes, animaux errants…
    Développer un circuit touristique en Sénégambie, belle ambition mais surtout sensibiliser la population locale et les écoliers sur la richesse de leur patrimoine, mais comme l’évoque Stephane ,certains ne voient pas cela d’un très bon oeil….

  5. Dany dit :

    Un petit mot en plus, ces sites on été fouillés pendant la colonisation par des archéos français et encore récemment, dont celui de Wanar à l’ouest de Nioro par des équipes franco- sénégalaises sous la direction du professeur Laporte de Rennes spécialiste de la période. Une délégation scientifique chinoise s’y est aussi intéressée… A l’entrée du musée des Civilisations Noires à Dakar il y a une reconstitution d’un cercle et à Paris depuis sa création, à l’entrée de la section Afrique du musée du quai Branly, un pierre lyre du site de Wanar.

  6. GROUX dit :

    Je m’y suis rendu il y a peu de temps. Signalisation inexistante, c’est un véritable jeu de piste pour y arriver. Explications vaseuses de la part du guide – très gentil au demeurant- , le frère du Chef de V!llage, du style « ça date du 3° millénaire avant J.-C. », il y a juste un zéro de trop. On vous montre la « tombe » du roi et de la reine et on vous explique trois minutes plus tard que ça date d’une époque où il n’y avait ni roi ni reine. Bon, pardonnons à ce pauvre homme, il n’a pas fait d’études en archéologie. Mais ne pardonnons pas au ministère de la Culture d’être infoutu de mettre à la disposition du visiteur quelques fiches plastifiées qui donneraient un minimum d’informations. Le petit musée mériterait d’avoir davantage d’œuvres (on trouve par exemple de très nombreux outils préhistoriques au Sénégal) et davantage d’explications. Espérons que ces projets aboutissent, la culture, c’est si important !
    Réginald GROUX
    Directeur / fondateur du musée MAHICAO à Djilor Djidiack

    • Stephane dit :

      30 ans de Sénégal un vague souvenir d’un reportage sur la RTS il y à plusieurs années , originaire d ‘ Erdeven et Carnac ca me parle, un spot pour les touristes à valoriser qui pourrait-être bénéfique aux villageois si de puants antiquaires ne s’en mêlent

    • Stephane dit :

      donc c’est 300 ans avant JC , Ca change beaucoup ?

  7. Ndiaye dit :

    Si quelqu’un peut expliquer pouruoi on ne trouve pas de trace de dinausores dans toute l’Afrique d l’ouest, en tout cas pas au senegal

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :