RAPPORT ANNUEL 2020 D’AMNESTY INTERNATIONAL

Les droits humains, de mal en pis

SITUATION DES DROITS HUMAINS AU SENEGAL : Que de libertés bafouées
L a situation des droits humains au Sénégal a été au cœur des débats lors du lancement du rapport 2020- 2021 d’Amnesty International hier, mercredi 7 avril à Dakar. Ainsi, le document d’Amnesty International révèle des violations des droits humains notamment la liberté d’expression, les conditions de détention dans les prisons, le droit à la santé, les droits des enfants talibés, entre autres.
Selon Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International/Sénégal, les mêmes problèmes sont soulevés depuis 12 ans. Seydi Gassama est revenu sur «la question du recours à la force, lors des opérations de maintien de l’ordre. En janvier de l’année 2020, un homme est décédé lors d’une garde a vue à Fatick, l’homme a été battu par les Forces de défenses et de sécurité notamment la Police. Et l’autopsie a montré qu’elle est décédée suite à la violence des Forces de l’ordre. Et au mois de mai, il y a eu également des événements de même nature survenus au Cap Skiring. Des jeunes qui tenaient une conférence de presse pour dénoncer un manque d’eau, ont vu leur conférence de presse interdite par le sous-préfet, ils ont été violements réprimés lors de ces violences. Et des jeunes avaient été arrêtés, jugés et condamnés à des amandes à payer», a-t-il rappelé. En l’en croire, la situation des droits humains au Sénégal constitue un problème car vue les événements de l’année 2020, les citoyens n’ont pas eu droits à la liberté d’expression. Les litiges fonciers en sont un des problèmes, notamment le cas de Dingler, a souligné le Directeur exécutif d’Amnesty Internationale/Sénégal. Selon le rapport d’Amnesty, les droits humains au Sénégal, à ce rythme, peuvent menacer la stabilité du pays. Car beaucoup dans d’événements passés au cours de 2020-2021, les droits humains sont violés. «Le droit à la santé demeure le centre de la préoccupation des citoyens, le cas du Covid 19, la faiblesse du système de sante du Sénégal en vue. Nous avons vu dans la plupart des hôpitaux insuffisants, la prise en charge des cas de Covid-19 a été chaotique, pas d’équipements nécessaires, de personnel de santé, la question des salaires, des médecins non payés», a déploré Seydi Gassama. En outre, lors du lancement de son rapport, Amnesty International n’a pas occulté les récentes manifestations des mois de février et de mars, précisant que l’enquête sur ce dossier est en cours. Et pour la protection des droits de l’homme, l’Amnesty a mis en place une assistante judiciaire.
SEYDI GASSAMA PLAIDE POUR LE RESPECT DES DROITS DES HOMOS : «Il y a beaucoup de surenchère autour de la question des LGBT…»
L’autre point soulevé lors de la présentation du rapport annuel 2020-2021 d’Amnesty international, hier mercredi, concernant les évènements de 2020, c’est l’affaire des homosexuels. Ce, quelques semaines seulement après rapport des Etats-Unis mettent encore la pression sur le Sénégal pour la «légalisation» de l’homosexualité. Une occasion saisie par Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International/Section Sénégal pour plaider pour le respect des droits des homosexuels, appelant à la responsabilité de l’Etat. Selon lui, «c’est une question électorale au Sénégal ; il y a beaucoup de surenchère autour de la question des LGBT. L’Etat dit que l’on veut leur imposer de le dépénaliser. Quant il faut appliquer les résolutions des Nations Unies sur l’affaire Karim Wade, l’Etat dit on est souverain, on n’applique pas. Mais quand il s’agit des LGBT, ils disent : ‘’oui et on veut nous imposer’’. Il faut arrêter la démagogie, aucun Etat, aucune ONG, parmi les Nations Unies ne peut obliger le Sénégal à dépénaliser les LGBT». Et M. Gassama de relever : «Quand il s’agit des LGBT, l’Etat dit qu’on veut leur imposer quelque chose. Il faut arrêter la surenchère, la démagogie… Nous n’avons pas de campagne spécifique pour demander la légalisation de l’homosexualité. C’est d’ailleurs une campagne qui serait vaine et sans succès», reconnaît-il. Cependant, assène le défenseur des droits des humains, l’Etat doit assumer ses responsabilités et protéger la vie des présumés homosexuels. «La Constitution du Sénégal protège tous les Sénégalais, protège le droit à la vie de tous les citoyens sénégalais. Même l’Etat ne peut pas prendre la vie de quelqu’un. La Constitution protège tous les Sénégalais contre la torture et les traitements cruels inhumains et dégradants. Tous les Sénégalais sont protégés et cette protection n’exclut aucune catégorie de personne», fait-il remarquer. Avant de dénoncer : «On ne peut pas accepter que les homos soient torturés, lynchés ou traqués. Le droit à la vie est garanti par la Constitution. Nous demandons à l’Etat de respecter la Constitution en protégeant tous les citoyens».
VIOLENCES ELECTORALES, CONFLITS ET ATTAQUES ARMES, ENLEVEMENTS… Ces terreaux fertiles aux violations des droits humains en Afrique et le Sahel
Faisant le focus sur la situation des droits de l’homme en Afrique d’une manière générale, l’Amnesty International dénonce les libertés bafouées en périodes de crise (notamment sanitaire avec la Covid-19), de manifestations ou attaques. Les violations des droits de l’homme notées par Amnesty sont diverses et variées. Selon Marceau Servieude, Directeur régional adjoint d’Amnesty International, la situation des droits humains varie d’un pays à un autre car, dans certains pays, il y a un avancement tandis que d’autres trainent les pieds. En Afrique de l’Ouest, M. Servieude souligne qu’il y a quatre (4) tendances qui marquent la situation des droits humains. «La première qu’on peut noter, c’est la persistance des situations de conflits et des attaques contre la population civile, le rétrécissement de l’espace des libertés dans la plupart des pays, une tendance frappante au niveau mondiale, un certain nombre de gouvernements cherche à restreindre les libertés et à s’attaquer aux voix critiques et dissidentes. C’est l’exemple des pays qui ont connu des processus électoraux extrêmement tendus, contestés, où les autorités ont cherché à faire taire les critiques sous leurs gouvernances. Un certain nombre d’interdictions de manifestation à long terme, des coupures du réseau internet, des arrestations arbitraires à l’égard des journalistes, à l’égard (de membres) d’organisations de la société civile, de défenseurs des droits humains ou même des activistes politiques. Des situations de violence, de discrimination fondées sur le genre dans de nombreux pays et encore trop de lois, des pratiques discriminatoires à l’égard des femmes, des pratiques discriminatoires au sein des familles, de la vie professionnelle, et des situations de violence à l’égard des femmes au moment de la pandémie, notamment lors des confinements. Sur ce, Amnesty exhorte aux respects du droit des femmes.
Enfin la dernière tendance repose sur les inégalités dans un certain nombre de pays. Et la pandémie a mis (en exergue) cette situation de manière éclatante. Des populations marginalisées qui n’ont pas une certaine jouissance à un logement, à l’eau potable, à un niveau de vie descend». S’agissant la situation des droits de l’homme dans les pays du sahel, le Mali, le Niger et le Burkina Faso sont épinglés. Docteur Ousmane Diallo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest, reste convaincu que les droits humains ne sont pas respectés dans ces pays. Pour lui, la situation des droits de l’homme au Mali, Niger et Burkina Faso repose sur quatre facteurs. «Les quatre situations liées aux conflits, à la pandémie du Covid-19, aux échéances électorales (les élections qui ont eu lieu au Mali, Niger et au Burkina Faso), à la situation liée à la justice et à l’impunité. En matière de conflits, ces trois pays sont au cœur des tourbillons sécuritaires affectant le Sahel, ce sont les pays de la zone des trois frontières. Notons, dans ces pays, l’insécurité est la plus remarquée. On assiste dans ces zones à des cas d’enlèvements et de disparitions forcées et des cas d’homicides illégaux». Docteur Diallo rappel que durant l’année 2020, de nombreuses violations sont déplorées dans la zone du Sahel, surtout sur les populations civiles. Selon ce membre d’Amnesty, la situation des droits humains est plus flippante durant les périodes des élections, période de pandémie de Covid-19 dans ces zones du sahel.
AÏSSATA KEBE & ID/sudonline.sn

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. issa gibb dit :

    Curieux article !
    En premier lieu, heureusement que cet article (effleure) les droits des enfants Talibés dans ses premières lignes de sa présentation : Car après, plus rien sur le problème et les droits des enfants Talibés au Sénégal ??? Comme d’habitude !
    Pour ensuite, se barrer pour plus de la moitié du texte, dans tous les autres problèmes que connaissent d’autres pays Africains voisins face au terrorisme, mais pas le Sénégal, pour l’instant ??? In chà Allah !
    Curieux article !

  2. trevidic dit :

    Bonjour,
    Le SENEGAL approche d’une période électorale , et il appartient pour quelques candidats de battre le fer pour exister ?
    Un monde sans fin ,ou la comparaison avec d’autres pays montre en fait que rien n »est parfait mais que cela est le plus souvent pire ailleurs !…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :