LES MILLIARDAIRES AU POUVOIR

Ces milliardaires qui nous gouvernent

Comme le veut la loi, le nouveau président du Cese a sacrifié à l’obligation de dépôt de sa déclaration de patrimoine. Lequel est constitué de biens évalués en milliards de F Cfa. Ce qui pose la problématique du rapport que nos hommes politiques entretiennent avec le bien public.
Ils ne sont pas héritiers de fortunes. Ils ne sont pas, non plus, des magnats de l’industrie ou de l’immobilier comme Donald Trump ou des success stories comme Bill Gates, Marc Zuckenberg, Jeff Bezos, Jack Ma ou autres Steve Jobs. Pourtant, même «nés pauvres», ils sont «devenus riches» (déclaration de Idrissa Seck faite dans les années 2000 à Ziguinchor, lors d’un séminaire gouvernemental). Eux, ce sont les hommes politiques sénégalais. Selon la lettre quotidienne, Le Confidentiel, qui lève un coin du voile sur la déclaration de patrimoine déposée, comme la loi l’y astreint, par le nouveau président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), ce patrimoine s’évaluerait en milliards. Il est constitué du Cyber campus de Thiès d’une valeur de 2 millions de dollars (à peu près un milliard Cfa) et d’un terrain de plus de 2 000 m2 situé en face du cyber campus que Idrissa Seck, alors Premier ministre, avait racheté à un homme d’affaires thiessois qui l’avait hérité du patrimoine de la Sidec. Ledit terrain est évalué pour l’heure, à 200 millions de franc Cfa.
Ce n’est pas tout ce que possède le Président du Conseil départemental. Il y disposerait, selon Le Confidentiel, d’un autre titre foncier de 1 700 m2 gracieusement offert par Abbas Jaber (ancien propriétaire de la Suneor, redevenue Sonacos) où devait être érigée une école d’excellence au nom d’une fondation de Thiessois de l’étranger. Mais, avant sa prise de fonction au Cese, Idrissa Seck aurait tenté de le revendre à son donateur, sans succès selon la source.
Avant Idrissa Seck, le président de la République, Macky Sall, au lendemain de son installation, en 2012, avait déposé au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration de patrimoine qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive parce que s’évaluant, à dire d’expert, à quelque 8 milliards. Un patrimoine constitué, à l’époque, outre la demeure personnelle de Mermoz, d’un vaste domaine aux Almadies, d’une villa à la Patte d’Oie, d’un appartement à Houston (Usa), d’une société immobilière (Bilbassi), etc.
Si Macky Sall pointait la «générosité» de son ancien mentor, Abdoulaye Wade, comme source de cette richesse, Idrissa Seck avait, lui, reconnu avoir bénéficié des fonds politiques. S’y ajoute que, en 2000, l’alors tout puissant ministre d’Etat, directeur de cabinet du Président Wade avait fait payer – d’autres diraient racketter – à la Sonatel pour l’utilisation d’un nom de domaine lié à l’entreprise leader et opérateur historique de télécom. L’un dans l’autre, se pose la problématique jamais résolue du rapport que les gouvernants, actuels comme passés, entretiennent avec le bien public. Souvent issus du public donc fonctionnaires n’ayant pas vocation à être riches comme Crésus, ceux qui nous dirigent se retrouvent subitement avec des fortunes qui s’évaluent en milliards. De quoi faire pâlir de jalousie leurs homologues, des pays scandinaves, notamment, où le bien public est érigé au rang de dogme.
Le Ps avait son compte K2, sorte de puits financier sans fond, qui avait permis à ses affidés de se constituer des matelas financiers confortables. Sans compter des sociétés publiques comme l’Oncad, la Bnds, la Sonaga-Sonabanque, la BSK, entre autres, qui permirent à une classe politico-affairiste prédatrice d’assurer ses arrières avec de l’argent public.
Arrivé au pouvoir, Me Wade a, à son tour, eu sa caste de politiciens affairistes qui se sont enrichis avec les appels entrants, le foncier, la concession portuaire et l’organisation de fora internationaux comme l’Oci et le Fesman.
L’histoire racontera avec quels leviers de commande les gestionnaires actuels ont pu ouvrir et se servir dans la caverne d’Ali Baba issue de la seconde alternance. Ce que l’on sait, d’ores et déjà, c’est que beaucoup d’entre eux avaient rechigné à dévoiler leur subite richesse, en violation de la loi sur l’Ofnac. Ce qui avait installé un début de polémique entre sa Présidente de l’époque, Nafi Ngom, et certains assujettis, parties prenantes de l’actuelle gestion.
Ibrahima ANNE/Wal Fadjri

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2 réponses

  1. Stephane dit :

    Wade et toute sa famille se sont goinfrés sur le dos des sénégalais

  2. vger dit :

    Au Sénégal, on ne peut devenir très riche que dans les magouilles de la politique, de l’islam et du foncier. Presque jamais par son travail.

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