QUESTIONNEMENTS SUR LE VIRUS

Covid au Sénégal: Un succès qui masque mal un mystère

Le Sénégal, comme tous les pays, est confronté à la pandémie de la Covid-19. Le premier cas est apparu en mars. Et depuis, chaque jour, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale s’évertue à faire le bilan des tests et à le rendre public.
Du coup, nous en sommes aujourd’hui à plus de 14 mille cas dont moins de 3 mille sous traitement et un nombre de décès d’un peu plus de 300.
Une situation qui nous a valu le satisfecit d’une revue américaine, le Foreign Policy qui, sur 36 pays suivis, a classé le nôtre à la seconde place dans la qualité de la riposte.
Une excellente chose car, d’habitude, face à un problème de dimension mondiale, l’Afrique était toujours à la traine et avait du mal à convaincre.
D’ailleurs, les chiffres du continent continuent à étonner experts et observateurs du monde entier étant entendu que l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) avait prédit des millions de morts, une quarantaine, ce qui serait un cataclysme.
Donc, le Sénégal a manœuvré fort, adopté des stratégies efficaces à l’aide de ses autorités publiques avec l’appui des spécialistes de la santé et des médias pour ne citer que ceux-là.
Le fait d’avoir dès le début isolé dans les hôtels les cas suspects a certainement aidé à circonscrire une pandémie dont le rythme de progression était lent comparé à ce qui se voyait ailleurs comme en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil, etc.
Le Ministre de la santé et de l’action sociale Abdoulaye Diouf Sarr n’a ménagé aucun effort en relation avec ses homologues de l’Intérieur et du Transport pour endiguer le mal.
Nous leur devons à tous, notamment au personnel soignant, aux services d’hygiène, aux sapeurs-pompiers et autres, une fière chandelle.
La tâche n’a jamais été facile et le travail a été mené dans la discrétion, la discipline, l’efficacité et surtout le patriotisme. Il faudra sans doute préparer des médailles de reconnaissance de certains d’ici la prochaine fête nationale.
Toutefois, malgré tous ses efforts, nous savons tous que cela n’aurait pas suffi. Car, malheureusement, à un certain moment donné, en plein couvre-feu, des plages étaient pleines et les jeunes jouaient au football pendant que des marchés se remplissaient de gens dont certains se souciaient peu des mesures barrières.
Pis, des Sénégalais étaient ouvertement dans le déni. La preuve, la tabaski a été fêtée dans les régions par des compatriotes dont certains parlaient de deal, ce que d’aucuns appellent, ailleurs, la théorie du complot.
Certes, le port du masque a été déclaré obligatoire, mais les mesures d’assouplissement annoncées depuis le mois de mai, auraient dû entrainer une seconde vague de contamination grave car beaucoup de sénégalais avaient compris qu’il fallait relâcher la garde.
Nombre de nos concitoyens ont bravé le danger et continuent de le faire allégrement. Les autorités publiques, au premier rang desquels le Président de la République ne manquent pas de prendre des risques avec des manifestations qu’ils auraient pu éviter.
Les cars-rapides et autres moyens de transport sont bondés de monde bien avant que certaines restrictions ne soient levées.
Tout ceci indique que le succès du Sénégal, bien que mérité, cache un mystère qui n‘est nullement déchiffré. Car, si l’on y regarde de près, la logique aurait justement été qu’il y ait des contaminations en masse, un système de santé dépassé et des morts par milliers.
Eh bien, il n’en est rien. Et les efforts faits n’auraient sans doute pas suffi à éviter le pire. La preuve, tous les spécialistes avaient peur. Et ces craintes ne sont pas dissipées du fait justement de l’organisation prochaine de cérémonies religieuses même si des précautions sont prises.
Nous savons tous qu’au Sénégal comme ailleurs en Afrique, toutes les explications n’ont pas été obtenues par rapport au fait que le virus y a été moins virulent.
D’aucuns ont tenté des explications comme le climat, l’immunité obtenue par rapport à d’autres maladies, etc. mais nous restons sur notre faim et savons que tout n’est pas su. A moins que tout ne soit pas dit.
En tout état de cause, le monde entier attend un ou des vaccins mais surtout que l’on en tire toutes les leçons afin que cette impuissance notée au niveau mondial soit effectivement corrigée.
Plus jamais ça. Cela doit être le nouveau slogan lorsque le virus sera maitrisé ce qui est loin d’être le cas. Les Etats-Unis pleurent 200 mille morts, ce qui est inadmissible. Pis, certains pays reparlent de confinement du fait justement d’un regain de contaminations.
En clair, la riposte contre la Covid-19 n’aura de sens que si tous les points du puzzle auront été soulevés et résolus. Le mystère doit être démasqué par rapport à des interrogations fondamentales qui sont restées sans réponse.
Nous avons tous avancé à l’aveuglette face à un ennemi mortel, à la merci du hasard. Et cela continue à nous coûter très cher. Et c’est cela qui n’est pas acceptable.
Assane Samb/rewmi.com

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8 réponses

  1. alphaD dit :

    Une part de notre héritage génétique provenant de l’homme de Néandertal pourrait expliquer certaines formes graves de Covid-19. C’est l’hypothèse avancée dans la revue Nature, mercredi 30 septembre, par le « pape » des génomes anciens, Svante Pääbo (Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, Leipzig) et de son collègue Hugo Zeberg (Institut Karolinska, Stockholm). Selon eux, les porteurs d’un fragment chromosomique identique à celui trouvé sur plusieurs fossiles néandertaliens ont un risque multiplié par trois de faire une forme grave de détresse respiratoire induite par le SARS-CoV-2. Ce variant est présent dans 50 % de la population d’Asie du Sud, chez 16 % des Européens, mais est quasiment absent en Afrique…

    Voyez de très nombreux sites à ce sujet dont : https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/30/covid-19-un-fragment-d-adn-herite-de-neandertal-favorise-les-formes-graves-de-la-maladie_6054273_3244.html

  2. W.H. Goppel dit :

    Dans votre analyse j’observe l’absence du mention de l’utilisation au Sénégal (et d’autres pays africains) en grand échelon de l’hydroxychloroquine en combinaison avec des antibiotiques, au stade préliminaire de l’infection. En même temps on peut constater en Europe et aux Etats Unies. un refus quasi obstinât d’accepter les vertus de ce médicament assez efficace et très bon marché en comparaison avec d’autres produits qui prétendent avoir les mêmes résultats. Comme vous l’aviez si bien dit: pourquoi ne pas apprendre des leçons de l’Afrique?!

  3. ivan dit :

    Le COVID 19, dans sa forme grave, touche essentiellement les personnes à risque, c’est à dire les personnes agées, obèses et fragilisées par d’autres pathologies. Or, en Afrique, le pourcentage de ces populations est beaucoup plus faible que dans les pays riches, ce qui explique la plus faible mortalité (ainsi que la non identification de cas due au nombre de structures hospitalières)
    Concernant le nombre d’individus infectés, il est probable que ce soit le même que dans les autres continents mais avec un plus grand nombre de cas asymptomatiques pour les raisons évoquées plus haut. De plus le nombre de cas sera toujours trés faible, tout simplement parce que peu de tests sont effectués (quelques dizaines ou centaines/jour dans les pays africains contre quelques dizaines de milliers/jour dans les pays riches). Et plus on teste, plus on trouve …

    • Imhotep dit :

      Chut, c’est l’HCQ qui a sauvé l’Afrique. Bon, il n’a pas sauvé le Bresil (spécificité?).
      Plus de 90% des deces en Europe sont des personnes de plus de 65 ans, au Senegal, 50% a moins de 20 ans et seulement 3% a plus de 65 ans (a peu pres pareil chez les voisins africain). La seule raison explicable est l’HCQ ….

  4. Ali dit :

    @imhotep, ou avez vous eu ces chiffres sur les décès au Sénégal ? 50% à moins de 20 ans ? Soyez sérieux, faites des recherches au lieu d’envoyer des chiffres sans fondement.

    • ImHoTep dit :

      Faut juste apprendre à lire et à comprendre avant de commenter. 😉Je ne parle pas, bien sûr, des décès, mais de la population 😉
      Concernant les décès au Sénégal, il n’échappe pas a la règle, ce sont surtout des personnes âgées qui sont décédées (du moins quand on avait encore l’âge des personnes décédées dans les bulletins journaliers)

  5. Bernard dit :

    La plupart des Sénégalais n’a pas les moyens de se soigner. Alors, lors d’un décès, on inhume rapidement, sans savoir les causes de la mort. Cela peut être le Coronavirus ou autre chose mais de toutes manières le défunt n’entrera dans aucune statistique.

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