SENEGAL HYPOCRITE

Le trafic de bois expose aux changements climatiques et à la zoonose

«Adansonia Digitata» ou «baobab» est le sujet parrain de cette édition 2020 de la Journée nationale de l’arbre célébrée hier, dimanche 9 août, à Diaroumé (Nord de Sédhiou). L’occasion a été mise à profit par l’Inspecteur régional des Eaux et Forêts de Sédhiou pour inviter à la plantation d’arbres et au suivi en vue de juguler les changements climatiques et les zoonoses. L’autorité administrative a, quant à elle, fait observer que les coupes illicites de bois exposent les populations aux risques majeurs ; d’où une batterie de mesures coercitives contre les contrevenants.
De son nom scientifique «Adansonia Digitata», le «baobab», arbre parrain de cette édition 2020 de la Journée nationale de l’arbre et emblème national du Sénégal, est célébré dans la plus grande sobriété à Diaroumé, en plein cœur du Sonkodou (Sédhiou). Sa longévité, pour plus de 2000 ans, et ses vertus multiples dans ce contexte de résilience à la Covid-19, ont guidé son choix comme arbre parrain. L’adjoint au gouverneur de Sédhiou, chargé du Développement, a fait savoir que «la journée de l’arbre participe au renforcement de la conscience écologique mais également la capacité de la citoyenneté. Elle constitue, en outre, un moyen privilégié de sensibilisation des populations pour un changement de comportements face aux défis qui nous interpellent tous».
Et Modou Guèye, l’adjoint au gouverneur, de poursuivre, relativement à la prévalence du coronavirus : «à ce jour, la pandémie de Covid-19 représente l’avertissement le plus sérieux lancé par la planète et exigeant de l’humanité à revoir son comportement. Le baobab, souvent appelé «Adansonia digitata», présente des vertus multiples et son utilité n’est plus à démontrer», dit-il. L’adjoint au gouverneur Modou Guèye alerte sur le trafic de bois et rappelle que le gouvernement a déployé une batterie de mesures pour lutter contre «la forte pression humaine exercée sur les ressources forestières qui, combinée aux impacts des changements climatiques, constituent les facteurs aggravants de la crise écologique que connait actuellement la région de Sédhiou». L’adjoint au gouverneur de rappeler que «l’homme a modifié les pluies de manière à ce que les formations forestières de la région font aujourd’hui l’objet d’un pillage systématique des forêts de la part des individus inconscients. C’est pourquoi, face à cette présente menace, monsieur le président de la République a pris une batterie de mesures visant l’implication de toutes les Forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le trafic illicite de bois».
DEUX MASSIFS FORESTIERS EN PROCEDURE DE CLASSIFICATION
Le commandant Ismaïla Niang, chef de l’Inspection régionale des Eaux et Forêts de Sédhiou, explique que la lutte contre les maladies infectieuses, comme les zoonoses, passe par la protection des ressources. «D’abord, je lance un appel à un meilleur entretien de ces plantations qui commencent à connaitre des vieillissements. Le lexique de mesures barrières correspond bien à celui de la protection de l’environnement car nous prônons des plantations comme barrières appelées brise vents. Et, comme vous le savez sans doute, le vent transporte aussi des bactéries. Comme le précise le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les maladies infectieuses émergentes sont dues à des zoonoses pour 75%. D’où la nécessité de ce thème : Le reboisement, une stratégie de lutte contre la pandémie Covid-19
Les différents acteurs ont appelé à la régénération des forêts mais aussi au respect des mesures barrières contre la propagation du nouveau coronavirus qui affecte tous les secteurs d’activités de l’homme. Si l’on en croit l’adjoint au gouverneur chargé du Développement, Modou Guèye, et sur instruction des plus hautes autorités du pays, deux forêts de la région de Sédhiou seront classées, dans le sillage de la protection des massifs forestiers, fait-il observer.
Moussa DRAME/sudonline.sn

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