SEN’EAU: LA COLÈRE

Pénurie d’eau : Sen Eau assoiffe la banlieue

Se laver les mains avec de l’eau et du savon est l’une des principales mesures (sanitaires) pour lutter contre la propagation du coronavirus (Covid-19). Toutefois, cette pratique est devenue presque impossible dans plusieurs quartiers de la capitale sénégalaise. Pour cause, les populations font face à un manque criard d’eau dans plusieurs quartiers de Dakar. De Ouakam, en passant par Ouest-Foire et Keur Damel, jusqu’à Golf-Sud et Scat Urbam, l’eau ne coule plus dans les robinets et ce, depuis quelques jours. Dans ce reportage réalisé hier, mardi 16 juin, les populations tirent à boulets rouges sur la Sen’Eau et, par la même occasion, interpellent le président de la République, Macky Sall. Vêtue d’un Tee-shirt bleu assorti d’un jean, Fatou Camara sort d’une boutique munie d’une bouteille d’eau (minérale) de 10 litres. Elle devra s’en servir pour préparer le petit déjeuner en attendant l’arrivée de la citerne d’eau qui ravitaille le quartier en cette période de coupure. Nous sommes à Ouakam. Ici, l’eau ne coule plus des robinets depuis plusieurs jours. Dans un coin du quartier, une longue file de personnes attire l’attention. Certaines assises sur des bidons vides, d’autres debout, tenant des seaux et des bassines, entre autres articles pouvant contenir de l’eau, elles attendent impatiemment la citerne qui doit venir d’un moment à l’autre pour les ravitailler en eau. «On est là depuis 8h. On est fatigués du manque d’eau et c’est devenu récurrent avec la Sen’Eau. Cela fait plus de cinq jours qu’on en souffre. On n’arrive même pas à se laver», se désole Astou Lo.
Y EN A MARRE DE LA LONGUE ATTENTE DES CITERNES D’EAU
Assise à côté d’elle, la mine triste, Awa Sène ne cache pas, elle aussi, sa désolation. «On en a marre de cette situation. C’est du n’importe quoi. Une ville comme Dakar qui manque d’eau, c’est inacceptable ! Ce qui est plus difficile, c’est que les factures ne tardent pas. Pis, nous sommes en pleine crise sanitaire, sans aussi oublier la chaleur infernale. Comment peut-on être propres si on n’a pas d’eau ?», se demande la mère de famille. Mais, en attendant de voir la citerne, les discussions vont bon train entre les populations, dans un rassemblement sans aucun respect des mesures barrières sensées les protéger contre le coronavirus. A l’instar de Ouakam, plusieurs quartiers de Dakar sont privés du liquide précieux. Et le calvaire commence à durer, alors que le respect des mesures d’hygiène est essentiel en cette période de pandémie. «Cela fait plus d’une semaine, depuis que notre quartier manque d’eau. Nous sommes en pleine capitale, mais nous vivons comme des villageois, avec cette pénurie d’eau. Les populations souffrent vraiment», fait savoir Khady Ndour, trouvée à Ouest-Foire. Allant plus loin, elle interpelle les autorités. «Le président (de la République Macky Sall) doit régler cette situation avec la Sen’Eau parce que le manque d’eau perdure à Dakar», dit-elle.
MALGRE LA PENURIE D’EAU, A LA FIN DU MOIS, LES FACTURES NE TARDENT PAS
Presqu’en face, situé au Sud du Cices, Scat-Urbam n’est pas aussi épargné par la pénurie d’eau. Le quartier manque du liquide précieux depuis trois jours. «Déjà, la distribution se faisait à compte-gouttes. On veillait jusque très tard dans la nuit pour se procurer de l’eau, entre 22 heures et 5 heures du matin ; mais, maintenant, aucune goutte ne coule des robinets. Ce qui est le plus difficile, c’est que les citernes ne sillonnent pas le quartier. Vraiment, nous sommes fatigués. Pour avoir de l’eau, on est obligés soit d’acheter, soit d’aller à Sicap-Foire», se lamente Awa Sow. Un plus loin, en banlieue, le quartier Golf-Sud aussi est sous le joug de la pénurie d’eau. Pis, ici, les robinets sont à sec depuis fort longtemps. «Le manque d’eau est criard ici. Certains se procurent de l’eau à l’aide des pompes tandis que d’autres achètent. Et la majeure partie se rue vers les citernes. Malgré cette situation, à la fin du mois, on nous demande encore de payer les factures ; c’est écœurant», lance ce père de famille trouvé assis devant sa maison.
«ON A RECOURS A L’EAU DES POMPES, ON N’A PAS DE CHOIX AVEC LA SEN’EAU»
Loin de là, un jeune homme est en train de tirer une pompe. Mais l’eau qui en sort n’est pas trop claire. «L’eau n’est pas potable comme celle de robinets, mais on n’a pas de choix avec la Sen’Eau», laisse-t-il entendre. Le mal est très profond. En effet, dans plusieurs coins des quartiers de Dakar et sa banlieue, on aperçoit des personnes munies de bassines et de bidons vides à la «recherche» du liquide précieux. Avec ce manque d’eau, les populations ne savent plus quoi faire. Elles se demandent à quand le retour à la normale, tout en déplorant le fait que Sen’Eau ne leur a pas préalablement averti de la perturbation du réseau de distribution. Il faut aussi dire que la pénurie d’eau est devenue récurrente dans plusieurs zones à Dakar.
dakarsoir.com

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1 réponse

  1. fiorina jacques dit :

    Quelques jours de pénurie ce n’est rien ,dans l’arrondissement de fimela-fatick et toutes les îles du Saloum cela fait un an que ça dure …je m’y rend depuis 3 ans 2 fois par an ,là bas c’est tous les jours qu’il faut faire la queue et souvent pas de citerne ,alors il faut acheter l’eau ,2000 par jour pour boire et se laver pour une famille …seulement il y à la crise sanitaire ,pas de travail ,amoul xalis ,sans xalis c’est dur , tous les prix augmentent …certains gagnent beaucoup quand la misère se fait sentir ….tout cela pour dire qu’en 2020 manquer d’eau est intolérable ,c’est un droit universel ….SEN’EAU doit se bouger gérer les cas les plus graves comme le d’une Saloum

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