MAIRE ET POPULATION DE MBOUR: TOUS RESPONSABLES!

Décharge à ciel ouvert : Mbour, les pieds dans la saleté et les ordures

À l’image de beaucoup de villes du Sénégal, Mbour est affectée par les questions environnementales, l’insalubrité, dans ses quartiers et dans ses plages. Le ramassage des ordures ménagères peine à se faire correctement, corrélé à l’inexistence de décharge sur le périmètre communal. La plage de Mbour, elle, sert de dépotoir d’ordures à ses riverains. Une situation aux causes multiples, et des autorités qui avouent leur impuissance devant l’ampleur du fléau qui a fini de faire de cette ville, une décharge ciel ouvert. Seneweb a cherché à comprendre les raisons du mal, dans ce haut-lieu touristique qui abrite la première station balnéaire du Sénégal.
Les ordures, un cauchemar pour les ménages
Les ménages génèrent à longueur de journées des déchets dans leurs foyers ou dans leurs lieux de commerce. Au total, 30 à 40 tonnes d’ordures sont produites par jour : sachets plastiques, boîtes de conserves, restes de nourritures, vieux habits, meubles. La quantité d’ordures étant étroitement liée au mode de consommation, la liste est loin d’être exhaustive.
Au fil des années, Mbour est devenu l’une des villes les plus économiquement représentatives. Les changements démographiques, comme l’augmentation du nombre de foyers y jouent un rôle important. Et l’assiette foncière est épuisée.
« Mbour n’a plus de périmètre communal. C’est pourquoi on est en train de voir avec le maire de Malicounda pour qu’il nous réserve un espace pour le traitement des ordures. Mbour est maintenant une très grande ville et on n’a plus de dépôt », explique Fallou Sylla, maire de la Ville de Mbour.
Au grand désespoir des populations. En effet, la gestion des ordures demeure un cauchemar quotidien pour les ménages. Car, leur ramassage est une activité rare à Mbour. Les camions de ramassage passent une fois dans la semaine dans chaque quartier. La municipalité n’a que 6 camions.
« Pendant des jours, on peut ne pas voir l’ombre des camions de ramassage de la municipalité. L’insalubrité dans nos quartiers est devenue récurrente. Chaque maison fait comme ça lui chante, sans se préoccuper de son voisin », déplore Ndeye Ndiaye, une habitante.
Quand les déchets polluent et les tapent sur les nerfs, les ménages les sortent et les déposent au lieu de ramassage. Peu importe, si le camion passe. Parfois, les maisons inhabitées deviennent des lieux de décharge.
« Nous avions un problème de marché. Un prestataire gérait le parc automobile. Maintenant, c’est la mairie qui gère. On avait remis au prestataire nos propres camions. Quand il nous les a retournés, la majeure partie était gâtée », explique Bayati Babou, 2ème adjoint au maire.
Les ménages qui en ont les moyens sont abonnés à des ramasseurs. Des charretiers passent dans les maisons pour ramasser les ordures des ménages qui ont pris des abonnements. Ils passent deux à trois fois dans la semaine et sont payés soit 1500 ou 2000 francs CFA le mois. Ces derniers s’en débarrassent à la sortie de la ville, loin des yeux.
Même, les charretiers en font voir de toutes les couleurs à leurs abonnés. Parce qu’ils peuvent rester une semaine sans venir récupérer les sacs d’ordures. Mbour, devenu aujourd’hui une grande ville, n’a plus de dépôt d’ordures. Même le maire et son adjoint l’ont admis.
« Au niveau de la commune, on a un problème pour couvrir l’ensemble de la ville sur le plan du matériel de ramassage des ordures. On n’a pas beaucoup de camions. On a un certain nombre, qui font le tour de la ville à tour de rôle. C’est un problème réel que nous connaissons », reconnaît Bayati Babou.
L’océan transformé en décharge
Par ce manque de gestion, les plages subissent les affres des ménages. Ceux qui vivent aux abords déversent leurs déchets dans la mer. Le courant emporte la saleté qui finit par se proliférer. Le long de la plage, aux eaux troubles, les déchets s’amoncellent : sacs plastiques, filets, vêtements, entre autres. Les berges des plages sont transformées en dépotoirs.
Au niveau du quai de pêche, les travailleurs sont exposés au vol, à l’insécurité, l’insalubrité. C’est à se demander si le quai de pêche de Mbour était devenu une déchetterie. Par endroits, cela y ressemble fort. Des détritus de poissons, des ordures, des fumeurs de chanvre indien sous l’ombre des pirogues. Des personnes indésirables qui causent des vols et des agressions. Voilà l’atmosphère au niveau du quai de pêche de Mbour. Un décor qui n’est pas très reluisant.
« On dirait qu’au niveau du port, il n’y a pas de comité de gestion. Le port est très sale. Ça déborde de partout, nous voyons des voyous. Nous voyons du tout, ici. Et, nous sommes confrontés à des violences de toute sorte. Des jeunes de nulle part s’arment de couteaux, de haches. Ils s’entretuent et nous avons peur pour nos vies », confie Aita Diagne, une riveraine.
Les autorités municipales et celles du quai se renvoient la balle, sur la gestion de l’insalubrité du quai de pêche.
Le quai de pêche, refuge des délinquants
Pour, Ndiaga Cissé, secrétaire général du quai de pêche de Mbour, « L’insalubrité du quai est dû au non-respect des engagements de la mairie. C’est la mairie qui devait collecter et évacuer les ordures du quai de pêche. C’est inscrit dans le carnet de sous-concession qui nous lie avec la mairie. Mais la municipalité ne respecte pas ses engagements ».
Il assure avoir interpellé à plusieurs reprises le maire. En vain !
« Il y a toujours des morts d’hommes. Les quais de pêche facilitent la délinquance. Il y a des refuges pour les bandits. Nous demandons aux autorités de nous construire une poste de Police au niveau du quai. Cette saleté nous dérange beaucoup. Nous avons une équipe de 40 personnes qui se charge du nettoyage. Mais, c’est pas suffisant », déplore Ndiaga Cissé.
Au niveau de la mairie, les raisons sont autres.
« La plage de Mbour en général est très dégueulasse. Il y a un problème de nettoyage. Nous, au niveau de la mairie, on n’a pas les moyens pour nettoyer les plages. On n’a pas le matériel adéquat. On ne peut pas dire que c’est la faute de la mairie. Le nettoyage du quai est sous la responsabilité de l’administration du quai. La mairie devait se charger de l’enlèvement des ordures », assure Bayati Babou, chargé de la pêche dans le département de Mbour.
Considéré d’antan comme l’un des quais les plus poissonneux au Sénégal, le quai de Mbour est aujourd’hui parmi les plus pollués du Sénégal. Une situation qui indispose les pêcheurs. Ils grognent et se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent à travailler dans un lieu mal sécurisé, paumé et insalubre. La saleté décime les poissons. Elle crée un environnement hostile aux poissons, qui se font de plus en plus rare. Au grand dam des pêcheurs locaux.
« La plage de Mbour est devenue un dépotoir. Nous en sommes conscients. Le quai de pêche, ce n’est pas seulement pour les pêcheurs. Le quai est réellement agressé. La mer n’avale pas tout. C’est un problème global, qu’il faut gérer », dit l’adjoint au maire.
Pour l’édile de la ville, il faut un système efficace capable de gérer les déchets. Et des mesures en amont pour faire face à cela.
« Vous avez vu nos plages. On manque excessivement de moyens. Au niveau de Golf, les gens jettent leurs ordures qui viennent au niveau de Tripano. Il faut des mesures pour éradiquer ce phénomène. Nous n’avons pas de bennes qui sont adaptables au niveau des plages. Il nous faut communiquer avec les populations. On va chercher à voir comment valoriser les ordures », rassure Fallou Sylla.
La municipalité, avec l’appui de l’Union Européenne, a organisé une série d’interventions au niveau des plages. En dépit de tout cela, des efforts restent toujours à faire.
Mansour Diallo/lerufisquois.info

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10 réponses

  1. dominique dit :

    J’ai visité ce pays magnifique et j’ai vu MBOUR et son marché aux poissons.Tres typique ,mais avec l’odeur, ça démotive.J’ai également constaté l’insalubrité qui reigne là bas,je pense que c’est juste un probleme d’éducation à mon sens,ces gens ont besoin d’etre canalisés et conseillés car je pense qu’ils ne se rendent pas compte de la richesse que peut leur apporter ce magnifique Sénégal.Ca reste valable je pense pour une bonne partie des pays d’Afrique.

  2. Yvesbzh dit :

    JE NE COMPRENDS PAS !!!
    AUTANT DE PORCS DANS UN PAYS MUSULMAN ???

    • Ndiaye dit :

      toi et qui d’autres ???

      • patrick dit :

        NDIAYE tu ferais pas mal d’en mangé du porc ça éléverait certainement ton niveau intellectuel,si tu trouve normal que des gens vivent dans cet environnement de saleté et d’odeur nauséabonde tu n’as pas grand chose comme neurones,mais peut etre est-tu le premier a jeté tes ordures n’importe ou!!!!

  3. sissie dit :

    En dehors de la saleté, pour les touristes, le marché aux poissons de MBour peut être un site touristique à amener à faire de nombreuses photos car très typique, avec les femmes qui courent avec des paniers de poissons sur la tête, payées au nombre de paniers ; mais bon cependant attention beaucoup de vols très importants où de nombreux voleurs profitent de la crédulité des touristes pour faire leur beurre ; allez y les mains dans les poches, les vols sont de plus en plus nombreux là bas ! Mais à voir !

    • Bill dit :

      L’appareil photo est fortement déconseillé au marché de Mbour (poissons ou denrées) sauf à prendre le temps du contact avec le sujet photographié (c’est compréhensible, ce n’est pas un zoo). La réaction peut être très violente. A bon entendeur, salut.

  4. lionel lopez dit :

    simplement inadmissible, on dirait qu’ils aiment vivre dans leur m…………….

    Créons une police de la salubrité avec un système d’amende pour les personnes prises en flagrant délit

    La sensibilisation ne marche pas

  5. Ndiaye dit :

    J’ai jamais compris ce que les touristes font aux quai de pêches de Mbour! Rien d’atttirant et le chaos..

  6. issa gibb dit :

    J’ai toujours pris des photos au quai de pêche de Mbour, car çà représente la carte postale la plus vivante et la plus colorée du Sénégal… Avec le retour des pêcheurs dans leurs pirogues bariolées, les jeunes qui déchargent les caisses de poissons en les portant sur la tête, les enfants qui tout autour ramassent les poissons qui tombent des pirogues ou des caisses, les hommes qui mettent de la glace sur les poissons sous la halle ou les femmes qui font des petits pâtés de poissons avec leurs hachoirs et qui les vendent sur du papier journal à même le plage… Un multitude grouillante de pêcheurs, vendeurs, acheteurs , visiteurs et spectateurs à voir sans faute au Sénégal, malgré la saleté, les odeurs fortes, les harceleurs et les voleurs…
    Le truc, c’est que pour faire des photos, il faut juste demander avant, car ces gens là sont en train de travailler et ils ne sont pas un monument touristique ou historique, ni un parc d’attraction…
    Quand à la saleté, il faut avouer que c’est du TOP ! Mais que faire quand les autorités d’un pays, du maire au gouvernement n’ont aucune politique de salubrité publique… Que le ramassage des ordures est aléatoire dans tous le pays… Qu’il n’y a aucune structure de tri, de transformation ou de destruction des déchets dans un pays de 15 millions d’habitants…
    Cette situation est en premier, la faute de l’Etat Sénégalais dans toute la splendeur incompétente de toutes ses strates dirigeantes à tous les niveaux hiérarchiques qui semblent oublier qu’un pays de 15 millions d’habitants déverse des tonnes de déchets par jour et qu’ils ont aucune politique responsable et volontariste pour ramasser, trier, transformer ou éliminer ces déchets…
    « Ces chefs d’états qui prétendent être des intellectuels parce qu’ils ont des diplômes et qui ne s’en servent pas pour faire avancer leur pays, mais pour duper la majorité analphabète qu’ils gouvernent, en érigeant des monuments de béton pour appâter les ignares et épater les électeurs … Alors qu’ils sont incapables d’assurer une activité aussi élémentaire que le ramassage des ordures du pays qu’ils gouvernent… Trop occupés à se remplir les poches pendant leurs mandats que de perdre leurs temps à une activité politique de salubrité publique indispensable, mais trop couteuse dans la gestion des déchets du pays…

    Déchets qui, à leur tour,sont jetés n’importe où, dans les rues, le long des routes, dans les fleuves, sur les plages ou dans la mer… Déchets à la merci des animaux, qui attirent les rats, les chiens qui déchirent t les sacs et les moutons qui bouffent les cartons… Déchets qui finissent dans les caniveaux et qui bouchent les canalisations et évacuations d’eaux, créant les inondations annuelles répétées… Déchets comme les plastiques qui sont jetés dans l’océan et qui tuent les poissons, première ressource nourricière du pays…
    Ces déchets qui sont jetés par terre, d’un geste habituel et machinal, par tous les enfants sénégalais, imitant leurs parents, leurs grands frères et leurs grandes sœurs jusqu’aux vieux anciens qui perpétuent eux aussi, ces gestes stupides et irresponsables, de salir et polluer leur pays ??? Parce qu’on ne leur a jamais dit, de générations en générations :  » Papier ! A la Poubelle ! » dans un pays qui manque aussi cruellement de poubelles, toujours par la faute des potentats irresponsables et incompétents qui les gouvernent… In chà Allah !

  7. sissie dit :

    Comme vous écrivez bien issa gibb, j’aime lire vos articles, dans lesquels vous relatez des faits bien réels. Tout est dit, merci.
    Contrairement à ce que dit Bill, l’appareil photos n’est pas déconseillé, si ce n’est la peur de se le faire dérober, par des voleurs aux aguets de tout ce qui peut se piquer ; sinon effectivement, en leur demandant, les gens sont en général contents de vous montrer leur vie de pêcheurs, les vendeurs d’épices, et autres, sur le marché etc…si une personne vous fait signe non de la tête n’insistez pas, c’est tout. Je peux vous dire que j’y suis allé à plusieurs reprises, et quelques fois accompagné d’amis sénégalais, je n’ai jamais eu aucun problèmes, il faut simplement être vigilant.

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