LIBÉRATION PUBLIE LA LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L’HYDRAULIQUE

Journée mondiale de l’eau

Le cri du coeur du collectif des clients de la seoh
Dans une lettre ouverte, le collectif des clients de la Seoh interpelle le ministre de l’Hydraulique Mansour Faye pour le rétablissementde la distribution d’eau potable dans la zone desservie
par cette société privée. Yayéme et alentours continuent d’avoir soif en cette journée mondiale de…l’eau.
Depuis quarante jours des dizaines de villages totalisant près de 70 000 habitants dans la zone
du saloum sont totalement privés d’eau potable, sans qu’il soit possible de connaître la cause ni
la durée prévue de cette situation. le conseil mondial de l’eau a élu Dakar ville hôte du 9e Forum mondial de l’eau prévu en 2021. Vous avez déclaré à ce sujet, monsieur le ministre, que le sénégal a été choisi pour ses efforts dans la gestion de l’eau.
Certes, il y a eu des efforts accomplis dans la partie adduction d’eau, et des tuyaux alimentent
désormais les îles les plus reculées du delta du saloum.Mais, sans vouloir vous offenser, s’il
est toujours facile de signer des contrats qui génèrent des flux financiers importants, dont certains
acteurs peuvent espérer recueillir quelques éclaboussures, il est plus difficile, une fois les travaux réalisés, de s’occuper de la partie maintenance, laquelle, pour sa part, ne génère qu’un manque à gagner. en somme, poser des kilomètres de tuyaux est une chose, y faire circuler de l’eau est une autre affaire », affirme le collectif des clients de la seoh qui se demande
: « serions-nous dans le triste cas de figure où ces deux aspects complémentaires de la distribution de l’eau, en tout point indissociables, auraient été gérés de façon hermétique? ».
D’après les membres du collectif qui ont aussi saisi le conseil mondial
du forum de l’eau, « lors de la signature du contrat d’exploitation, la seoh s’était engagée à fournir de l’eau « en qualité et quantité suffisante ». or, depuis bientôt quatre ans la fourniture d’eau par la seoh est constamment défaillante. Aucune pression dans la journée, juste de quoi faire couler un filet d’eau au niveau des robinets placés dans les cours, à 50 cm du sol. Il faut attendre entre 1 heure et 5 heures du matin pour faire le plein d’eau dans les réserves, citernes, bassines ou bidons, selon
des moyens de chacun. lestuyaux qui approvisionnent lesvillages sont souvent obsolètes, plus de vingt ans pour Djilor Djidiack,et d’un diamètre ridiculement petit qui n’a jamais changémalgré une population qui a amplement évoluée. Actuellement, c’est toute la région dépendante de la seoh qui subit une coupure d’eau totale qui dure depuis six semaines. Personne n’est arrivé à obtenir une information sérieuse et fiable sur les causes de cette coupure ni sur sa durée prévisible ».
«Il en va de même pour l’oFor dont le directeur monsieur seyni Ndao a déclaré « nous menons des missions régulières sur le terrain pour voir si le fermier respecte le cahier des charges». si cela était, nous ne serions pas privés d’eau ou, du moins, nous aurions des informations précises sur les causes de cet arrêt de la fourniture », accuse le collectif. Il se demande : « Qui pourrait croire en l’argument avancé par la seoh qui prétexte qu’une explosion soudaine de la culture maraîchère dans la zone sinistrée serait responsable de cette brusque coupure ? les forages de Tassette sont prévus pour alimenter 136 villages et 350 000 personnes, il y a de ma marge.
Quant aux cultures, elles sont majoritairement alimentées par des puits équipés de pompes solaires
: manifestement l’argument ne tient pas, le problème est ailleurs, on nous cache la vérité.
Des pétitions et même une lettre ouverte au Président de la république ont circulé il y a déjà plus de deux ans pour évoquer les problèmes de l’eau dans le sine saloum, la situation n’a jamais
été normale depuis l’affermage à la seoh». enfin, «comment les consommateurs pourraient-ils accepter aujourd’hui une réponse qui se borne à nous informer de l’augmentation du nombre de rotations des camions-citernes pour la distribution de l’eau dans les villages ? cette réponse est une
insulte à tous ceux qui n’habitent pas au coeur même des villages et qui se sentent abandonnés. c’est honteux ! », assène ses pauvres clients de la seoh qui, s’adressant à MansourFaye, ajoutent : « Monsieur loïc Fauchon, président honoraire du conseil mondial de l’eau, a mis le sénégal face à son «immense responsabilité», en tant que capitale mondiale de l’eau pour trois ans. or la gestion de l’eau
au sénégal, et en particulier dans notre région, est tout simplement catastrophique.
Monsieurle ministre, les populations souffrent, les réceptifs hôteliers ferment, les puits s’assèchent, les touristes fuient, les finances de l’état en pâtissent. Monsieur le ministre, ni la seoh ni l’oFor ne
font leur travail, de distribution pour le premier, de surveillance de la bonne distribution pour le
second. Nous vous demandons de prendre toutes les mesures pour rétablir rapidement la distribution
d’eau potable à un niveau de pression normal, que nous n’avons jamais eu dans la zone. Nous vous demandons également de procéder à une enquête pour connaître les causes de cette situation inacceptable pour les populations et les commerçants afin que cette situation ne se reproduise pas.
le projet de Tassette comptait dix forages, toutes les études retiennent ce chiffre. Qui pourrait
croire qu’avec dix forages en service la situation en arrive à se dégrader à ce point-là ? Il est de votre devoir de savoir si le cahier des charges concernant le nombre de forages a été respecté et
si un entretien régulier des installations a été effectué. Nous vous demandons enfin de désigner
des responsables, car une telle situation résulte avant tout d’une faute lourde de la part de la direction
de la seoh et de celle de l’oFor qui sont toutes deux fautives,à vous de déterminer à quel niveau de responsabilité».
Koura Fall/Libération Dakar

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *