LE MUSÉE MAHICAO A DJILOR DJIDJACK

le Mahicao, un musée au cœur du passé glorieux de l’Afrique de l’Ouest

Dans le Sine-Saloum, le Musée d’art et d’histoire des cultures d’Afrique de l’Ouest (Mahicao) célèbre et perpétue la mémoire d’un passé glorieux.
Il faut s’approcher du sinueux delta du Sine-Saloum pour visiter l’un des plus beaux musées du pays. Une
curiosité plantée au cœur du village sérère de Djilor Djidiack, à 70 km au sud de Mbour, sur les rives du
bolong (chenal).
Au fond du parc tropical des Jardins d’Aïda (du nom de la maîtresse des lieux), on découvre un bâtiment de style soudanais aux murs d’ocre rouge : le Musée d’art et d’histoire des cultures d’Afrique de l’Ouest (Mahicao).
Il est né de la « folie » de Reginald Groux, ancien marchand d’art parisien spécialisé dans les arts premiers.
Il aura fallu près de dix ans à ce dernier pour en imaginer les plans, défricher le terrain, penser la muséographie, etc., afin de mettre en scène près de 500 pièces archéologiques et objets cultuels ou
artistiques (outils, masques, statues, costumes, textiles, bijoux.).
De quoi offrir un parcours à la fois historique, géographique et thématique, s’étirant du bassin du lac
Tchad aux grands empires du Sahel, depuis le néolithique jusqu’au milieu du XXe siècle, au long de quelque 500 m2 de vitrines et d’installations.
De grandes réalisations
S’il est conscient que le musée comptera moins de visiteurs à Djilor Djidiack que s’il avait été implanté à que s’il avait été implanté à Dakar, Reginald Groux est persuadé que le Mahicao retiendra davantage d’attention en région, où il veut changer l’image de l’art et de la culture.
« Ces objets doivent être montrés afin de faire prendre conscience aux enfants que l’Afrique a accompli de
grandes choses, à la même époque que l’Europe, si ce n’est avant », explique-t-il.
Une vitrine vient ainsi rappeler l’existence de la métallurgie soudanaise dès 1 500 av. J.C., alors qu’elle n’est apparue en Europe qu’au IXe siècle av. J.C. Ailleurs, une statuette de bois à l’œil tombant, la poitrine asymétrique et l’épaule rehaussée, toute cubique dans ses formes et volumes, remet en perspective les mouvements avantgardistes, dada et surréaliste.
Masques, costumes. On se surprend à gamberger en observant deux costumes coiffés de masques Tyi Wara en bois, dont les ombres, telles des antilopes, dansent sur le mur.
Plus loin, une quinzaine de masques, mi animaliers mihumains, dont les regards encerclent des costumes
d’enfants.
« En exposant ces objets, j’ai voulu leur restituer un peu de leur histoire, de leur importance et de leur valeur symbolique. Les gens ont perdu leur lien culturel avec ces objets, il faut maintenant établir un lien
culturel », résume Reginald Groux.
Quand on l’interroge sur sa démarche, à l’heure et à l’aube de l’épineuse question de la restitution au
continent de ses biens et œuvres, il rétorque qu’il a conçu son musée « pour restituer à l’Afrique une part de son histoire, pas des objets ». Surtout, il espère que ce dernier servira d’exemple.
« Il faut moins de 1 million d’euros pour créer un lieu Ce n’est rien pour un État », martèle-t-il.
Quant au Mahicao et à sa collection, il en a fait don à son épouse, Aïda Diome. « C’est un musée sénégalais,
dit-il. Et il le sera pour le reste des temps ! »
http://mahicao.org/
https://web.facebook.com/Groux.Reginald/
Manon Laplace/jeuneafrique.com

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *