L’EAU DE SUEZ

Approvisionnement en eau: Au delà du marché sénégalais, le groupe français Suez dévoile ses secrets

Dans un article publié par l’hebdomadaire « Jeune Afrique » et repris par le « Témoin », le groupe français Suez, attributaire « provisoire » du marché de production, gestion et distribution d’eau dans les grandes villes du Sénégal, dévoilé ses ambitions dans plusieurs sur le continent africain.
L’article nous informe que Suez, au-delà du marché sénégalais, a entrepris une reconquête de l’Afrique qui vise aussi le Bénin, l’Angola et surtout, le Nigeria. Pas seulement en tant que fournisseur de conseils et constructeur d’usines d’eau, mais surtout comme délégataire du service public de l’eau, une activité qu’il n’a encore jamais exercée au sud du Sahara.
Suez va donc faire l’apprentissage au Sénégal, où il entend faire sa vitrine en Afrique, avant d’exporter l’expérience ainsi engrangée dans d’autres parties du continent, indique Mamadou Oumar Ndiaye, directeur de publication du quotidien le « Témoin ».
Et d’ajouter : Malgré cette virginité, la commission de dépouillement de l’appel d’offres lancé par le ministère de l’Hydraulique en vue de choisir le fermier chargé de distribuer l’eau dans nos grandes villes, a trouvé le moyen de qualifier haut la main, sur le plan technique, le groupe dirigé par M. Jean Louis Chaussade.
Mieux, cette commission aurait même failli, d’après les « avocats » de Mansour Faye, disqualifier, dans cette même étape technique, la Sénégalaise des Eaux (Sde) qui a pourtant fini de faire ses preuves dans la matière concernée par l’appel d’offres.
Le fait que le groupe Suez ait été déclaré attributaire provisoire de ce fameux appel d’offres malgré un prix du mètre cube d’eau nettement supérieur à celui de la SDE, gestionnaire depuis 1996, (298,50 francs contre 286,90 francs), a suscité beaucoup d’interrogations.
Face à ces interrogations, le directeur général adjoint de Suez chargé des zones Afrique, Moyen-Orient, Inde et Pacifique, Bertrand Camus, oppose l’argument selon lequel l’offre de son groupe serait « plus cohérente », si l’on en croit « Jeune Afrique ».
La thèse d’un « deal » dans l’attribution de cet appel d’offres à Suez
Dans l’attribution de cet appel d’offres au groupe français Suez, « Jeune Afrique » révèle d’autres choses intéressantes. En effet, Suez aurait engagé « plusieurs millions d’euros » dans l’appel d’offres avec « plus d’une cinquantaine de collaborateurs qui ont travaillé sur le dossier pendant près de trois ans ».
Du coup, on a envie de se demander où ont bien pu passer ces « millions d’euros » qui ont été dépensés dans la préparation de cette offre de Suez. On se dit que ce groupe devait être vachement initié pour plancher depuis « près de trois ans » sur un appel d’offres lancé depuis… moins de deux ans, s’interroge Mamadou Oumar Ndiaye.
Selon le journaliste, « c’est sans doute de la prescience ou alors les gars de Suez ont dû lire dans une boule de cristal que le Sénégal allait lancer un appel d’offres. Car nous sommes sûrs que Mansour Faye ne leur a rien dit ! »
Toujours dans cette série d’interrogation, M. Ndiaye se demande ce qui aurait brusquement décidé un groupe qui n’a plus postulé pour aucune délégation de service public depuis des lustres « par aversion pour le risque héritée de ses déboires dans des pays émergents au cours des années 2000 » ainsi que l’écrit l’hebdomadaire basé à Paris.
« On se demande donc ce qui aurait brusquement poussé un tel groupe à se réveiller pour soumissionner à un appel d’offres au Sénégal ? Parce que toute perspective de risque était exclue à l’avance » ?, pose-t-il.
Egalement, le DGA du numéro deux mondial de l’eau confirme que c’est son groupe, via sa filiale Degrémont, qui a construit toutes les usines d’eau du Sénégal: Keur Massar 1, Keur Massar 2 et Keur Massar 3. Ce dernier marché, d’un montant de 61 millions d’euros (40 milliards de francs environ) ayant été remporté en mai 2018 seulement, rappelle le journaliste.
« Si cette attribution était confirmée, le bienheureux groupe français gérerait donc toute la chaîne de l’approvisionnement de l’eau dans notre pays. De la construction des usines à la production, le transport et la distribution ! Autrement dit, il aurait donc le beurre, l’argent du beurre, la fermière (on parle d’affermage !) et même la fille de cette dernière ! Car pourquoi se gêner tant qu’on y est », conclut-il.
pressafrik.com

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