LA BELGIQUE VA TESTER LES PAVES DECHETS DU SENEGAL

Quand les déchets plastiques deviennent pavés

884d79963bd8bc0ae9b13a1aa71add73-1474009331.jpg

Dakar croule sous les déchets plastiques. les déchets plastiques sont partout. Ils virevoltent dans les airs, jonchent le sol et souillent la mer. La seule région de Dakar en produit cinq tonnes par jour.
Face à ce constat, quatre jeunes ont eu l’idée de donner une seconde vie à ces déchets : les transformer en pavés autobloquants. Djamilatou à 22 ans, elle s’est lancée dans l’aventure
« Tout a commencé par une projet d’école, il fallait prendre un problème local et lui trouver une solution innovante, nous avons choisi les déchets plastiques car, ici à Dakar, ils sont un véritable fléau, c’est lamentable. Nous vivons dans un pays où l’insalubrité est un réel problème. »
Après trois ans de formation et de stage, les quatre jeunes (trois femmes et un homme) ont créé l’entreprise Paver’stic, elle a vu le jour en 2013.
Comment ces pavés sont-ils produits ?
Il faut d’abord passer par la récolte, l’entreprise travaille avec des bénévoles et des écoles pour faire le tri ensuite vient le traitement : »les déchets plastiques sont lavés ensuite ils sont amenés dans une entreprise de broyage, les déchets deviennent des petits granulés, on les fait fondre, après on les mélange avec des gravats, on obtient une pâte que l’on met dans un moule que l’on presse pour obtenir un pavé sous différentes formes et couleurs ».
Quand les déchets plastiques deviennent pavés
Des pavés hexagonaux, en forme de vague, des rouges, des bleus qui peuvent être placer au bord des routes, dans une cour ou dans un jardin. « Nos pavés permettent de lutter contre les remontées des eaux et l’ensablement des rues. »
Ces pavés plastiques sont aussi résistants que ceux en ciment. Des certifications sont en cours actuellement.
Pour l’instant ils produisent 75 pavés par jour soit 3m², ils ne disposent que d’une presse manuelle, leur ambition est d’acquérir une presse automatique pour arriver à une production de 500 pavés par jour
Deuxième problème :le ramassage du plastique et son prix, ils achètent le kilo de plastique broyé à 75 francs CFA soit 10 centimes d’euro, or il faut un peu plus d’1 kilos pour faire un pavé, ils sont donc plus chers à l’achat que le pavé en ciment.
Le troisième problème est la sensibilisation de la population : « de nombreuses personnes sont séduits par le projet mais davantage les étrangers que les habitants de Dakar, ils ne sont pas encore sensibles au question de l’environnement , conscients de l’impact de cette pollution sur l’environnement, c’est pour cette raison que nous organisons des journées se ramassage de déchets notamment dans les écoles, il faut montrer aux jeunes que les déchets plastiques peuvent avoir une valeur et devenir un autre nouveau produit ».
Mais l’entreprise a de l’ambition, elle veut occuper 65 à 70 % du marché national, créer 100 postes et résoudre le problème des déchets plastiques, elle a reçu le soutien de la fédération Wallonie-Bruxelles avec une bourse entrepreneuriat et des pavés vont faire le voyage jusqu’en ici, le ministre wallon (Belgique) de l’environnement Carlo Di Antonio s’est engagé à faire tester la résistance des pavés par des experts en Belgique.
Sophie BREMS/RTBF

Vous aimerez aussi...

6 réponses

  1. FALL Pierre dit :

    Bonne idée l état devrait vous subventionné pour la salubrité publique bon vent

  2. Lola diolla dit :

    Belle iniative et merci à Paver’stic et à la fédération Wallonie-Bruxelles.
    L’état aussi doit accompagner ces jeunes.

  3. GAILLET dit :

    Quel est le prix d’une presse automatique ?
    Peut être peut on la subventionner ?
    Quand au prix des granulés : l’état sénégalais pourrait organiser le tri, financer le traitement, et rendre ainsi la filière rentable pour l’entreprise.

  4. Boyer dit :

    Projet dur mais realisable,il faut que chaque citoyen sache faire le tri sélectif comme nous (en France) j’ai bien l’intention de faire de même lors de mes 7 mois de séjour et amener les sénégalais faire de méme à Nguerigne mais oû les mettre?

  5. issa gibb dit :

    L’idée est fameuse. Mais, le manque de poubelles, d’engins de ramassage et de lieux de stockage en premier, puis faire appliquer le tri sélectif aux sénégalais relève de l’utopie. Le sénégalais a l’habitude de jeter ses déchets dans la rue ou dans l’océan, depuis toujours. La population comme ses dirigeants n’ont aucune conscience de salubrité publique et encore moins de conscience écologique. Pour l’instant, le Sénégal n’a pas les moyens (poubelles) et la volonté (tri) de réaliser de telles initiatives (voir les photos et les articles sur les déchets de la Tabaski jetés à la rue).
    Seuls des investisseurs étrangers pourraient amorcer un tel projet, mais le résultat et la rentabilité ne sont pas garantis, vu le laxisme étatique, l’incivisme général et l’humeur ambiante avec le risque de se faire traiter de nouveaux colonialistes. Pourtant, des pays réussissent et font de l’argent avec des usines de recyclage et de transformation des déchets. Ailleurs !

  6. rico dit :

    Issa a bien résumé la situation, mais il faut aider cette initiative, parce qu’elle résout un fléau (l’insalubrité, enfin une partie). De plus, c’est une filière (écolo) d’avenir. Des entreprises font déjà des briques de cette façon (j’ai vu çà en France sur Internet, il doit y en avoir d’autres.
    Rien de nouveau, mais création d’emplois, aide à la prise de conscience (peut-être on rêve, mais bon).
    Je vais paver la route devant la maison avec çà. Avec un peu de chance, quand les voisins suivront, ils feront pareil.
    Et puis, ca leur fera de la pub.

%d blogueurs aiment cette page :