REVALORISER LE SALOUM

LA REVALORISATION DU DELTA DU SALOUM, AU CENTRE DES PRIORITES

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Prévue à Fatick, ce mercredi 23 juillet, la capitale du Sine, la dernière réunion du Conseil des ministres délocalisé de l’édition 2015 suscite depuis quelques semaines une forte mobilisation du côté des populations. A côté du cahier de propositions que l’organisation locale des maires de la région compte présenter, lors de la réunion interministérielle, les professionnels du tourisme fatickois, acteurs culturels et autres populations habitant la partie méridionale de la région, s’agitent également pour placer au sommet des besoins la récurrente question de la revalorisation du Delta du Saloum.
Source des nombreuses revendications exprimées par les exploitants touristiques, les organisations de femmes et de jeunes, les opérateurs économiques et les petits spéculateurs investis dans le tourisme ou la culture, l’exploitation de ce « bunker » à forte potentialité économique et naturelle est pour les habitants de Fatick un moyen sûr de relancer l’économie locale et d’accroître à 70 % les ressources souvent collectées par les résidents.
En effet, classé patrimoine de l’Unesco depuis trois ans, le Delta du Saloum est resté jusqu’ici quasi-inexploité et suscite peu d’intérêts pour les 200.000 âmes qui le peuplent. Malgré une population composée exclusivement de pêcheurs, d’agriculteurs et d’éleveurs, la région de Fatick dans son ensemble peine à renforcer la pêche dans cette partie du pays où elle est encore pratiquée à l’état artisanal. Pour cause, l’essentiel de la production tirée des bolongs est limité en grande partie au ravitaillement du marché local. Même si présentement le Delta du Saloum couvre 10 % de la production nationale en pêche artisanale, l’exportation des produits vers les marchés les plus juteux ne peut nullement s’opérer, compte tenu du déficit en armement, en logistique de pêche et conditionnement pour l’exportation de ce genre de produits dont la seule défaillance en mesures de conservation, peut créer la pourriture de toute une production.
L‘EQUATION DU PARC DU DELTA
Réserves naturelles fermées ou facteurs de développement, le sort du parc du delta et de la mangrove pose problème. Pour autant, dans leur écrasante majorité, les populations de la région de Fatick ont hâte de saisir l’opportunité de la réunion interministérielle précédant naturellement le prochain Conseil des ministres délocalisé du 23 Juillet pour être édifiées sur le sort du parc national du Delta du Saloum et des 600.000 ha de la biosphère du Delta, y compris la mangrove.
La plupart des citoyens de Fatick interrogés dans les diverses communes de la région, Foundiougne et Toubacouta, disent vouloir connaître l’utilité réelle de ces deux réserves naturelles pour les populations locales. Surtout, celle du parc national du Delta du Saloum, le second parc national sénégalais derrière Niokolo koba, qui couvre aujourd’hui une superficie de 76.000 ha. En effet, depuis sa création en 1976 et son admission à la convention de Ramsar en 1984 (convention signée à l’époque par 150 pays du monde pour la protection des zones humides de la planète), le parc national du Delta du Saloum est toujours peu connu du public. Bien qu’il abrite l’une des plus belles baies du monde et demeure un lieu de charme pour les touristes, son exploitation est encore limitée par rapport à ce qu’il peut offrir comme potentialité dans le processus d’une promotion durable du secteur touristique, de l’emploi des populations et des institutions locales en charge de sa gestion.
Dans les filières relatives à l’exploitation du miel et des huîtres, c’est du reste les mêmes préoccupations. En dépit d’une volonté d’accroître leurs rendements et de s’ouvrir aux marchés nationaux et internationaux, les populations qui s’y activent prétendent profiter de ce déplacement collégial du gouvernement pour exprimer leurs besoins en termes de formation et d’organisation interne.
ENTRAVES POUR UN TOURISME QUALITATIF DANS LE DELTA
En matière de tourisme, le déclin du Sénégal s’est en vérité fait sentir dans le Delta du Saloum. Avec près d’une quarantaine de réceptifs fermés pour cause de faillite, le Delta n’offre plus le décor habituel qu’on lui reconnaissait. Mais dans tout le temps, les professionnels implantés dans le secteur traversaient d’énormes difficultés pour dérouler un tourisme digne du nom dans le Delta. Non seulement, ils étaient confrontés à un problème d’accès, d’exploitation du secteur par des circuits parallèles et le développement anarchique des réceptifs hôteliers, mais ils étaient surtout agacés par le récurrent problème d’approvisionnement en carburant afin de mieux dérouler leurs programmes d’excursion.
Dans cette chaine de réceptifs qui peut abriter en une seule nuitée des milliers d’étrangers, le carburant est une denrée rare. L’unique station à essence qui existait à Toubacouta ne pouvait nullement répondre à la demande sociale et connaissait régulièrement des ruptures de stocks. Ce qui poussait d’ailleurs les gérants d’hôtels à se rabattre vers Karang, Sokone ou Kaolack pour disposer de la quantité souhaitée. EN dehors de cette préoccupation, ces professionnels du tourisme local tiennent à soumettre certaines contraintes liées souvent à l’insuffisance des actions de promotion commerciale de la destination Sénégal et du Delta en particulier, le manque de structures de financement pour les centres d’accueil, la formation et l’encadrement en hôtellerie et tourisme. Comme ils l’ont d’ailleurs souhaité pour les populations locales, lesquelles veulent offrir des actions d‘information et de sensibilisation en tourisme.
Abdoulaye FALL/Sudonline

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