LE COMMERCE EN DEFICIT

Déficit commercial de 1750milliards
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La balance commerciale du Sénégal souffre d’un déficit de 1750milliards. La baisse du prix des hydrocarbures rapporte plus de 10milliards aux Sénégalais. Et les Ape sont plus que bénéfiques, car rendent accessibles certains produits. Ce sont les constats du ministre du commerce, Alioune Sarr
Le Sénégal a un déficit de 1750 milliards de FCFA de balance commerciale. Ce déficit est essentiellement dû, selon Alioune Sarr, aux produits pétroliers. Mais, pour le ministre du Commerce, du secteur informel, de la consommation, de la promotion des produits locaux et des Pme, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. «Parce qu’un déficit n’est pas nécessairement mauvais pour l’économie. Nous pouvons avoir un déficit d’intrants industriel qui permet à l’industrie de fonctionner», explique-t-il. Avant d’ajouter que si le déficit de la balance commerciale a crû, «l’économie a aussi augmenté». Pour le ministre, les importations sont supérieures aux exportations, parce que le Sénégal est un importateur net de produit agricole et agroalimentaire. Ce qui montre clairement que le pays souffre d’insuffisance sur la plupart des produits qu’il consomme. «Nous n’avons pas d’autosuffisance en riz, en lait, en tomate, etc», ce qui  concoure au déséquilibre de la balance commerciale, au profit des importations. Mais, rassure-t-il, avec le programme d’autosuffisance en riz, le gouvernement tente de corriger cela. Des efforts, le gouvernement en fournit, ce qui fait baisser le taux d’inflation qui, de «3,4 et 3,7%» en 2012, est aujourd’hui à moins 2%. Pour dire qu’un travail très important a été fait sur le pouvoir d’achat des Sénégalais. Enumérant les chantiers du gouvernement qui ont permis la baisse du taux d’inflation, Alioune Sarr rappelle «la baisse de la fiscalité sur les salaires» qui a augmenté le salaire des travailleurs de 15000 à 40000 FCFA. Le coût du panier de la ménagère a aussi chuté, pour le bonheur des ménages sénégalais, souligne le patron du Commerce. Pour Alioune Sarr, la volonté du gouvernement d’alléger la souffrance des citoyens se ressent sur la baisse du prix des loyers de 40%. «40.000 francs de revenus supplémentaires (pour les loyers de 100.000francs». N’empêche, souligne-t-il, dans ce domaine, pour rendre le logement plus accessible, «le programme de construction d’habitats sociaux au niveau du pôle urbain de Diamniadio» est à magnifier.
Hydrocarbures
La dernière baisse non moins négligeable du prix des hydrocarbures, informe le ministre, fait «économiser chaque mois aux sénégalais plus de 10milliards FCFA».  Et si l’Etat n’a pas pu consentir plus d’effort sur le prix du carburant qui coûte moins cher au Mali qui, pourtant, s’approvisionne au port de Dakar, c’est parce que, fait savoir le ministre, le Sénégalais est exigeant. «Les Sénégalais attendent des services sociaux de qualités, qu’on construise l’autoroute Dakar-Thiès-Touba, qu’on mette à leur disposition un ensemble de services qui coûtent chers pour un pays qui n’a pas de revenus pétroliers. Il est important donc que la fiscalité permette à l’Etat d’assumer ces charges. Je rappelle que sur le budget de 2500 milliards du Sénégal, 700 milliards sont destinés aux salaires et 500 milliards au service de la dette», informe-t-il, avant de préciser que le reste pour construire les infrastructures est moins de 300 milliards.
Ape
Pour ce qui est des Accords de partenariats économiques tant décriés, Alioune Sarr estime que, sur la question, il y des sujets qui ne sont pas suffisamment traités. Pour lui, ce qui est visé, c’est rendre plus accessibles et moins chers certains produits, comme les intrants de la catégorie A que sont les médicaments, certaines matières premières, etc.  «Aujourd’hui, ces médicaments coûtent chers pour le consommateur sénégalais ; donc si demain, il n’y a plus de taxes sur ces médicaments, c’est une bonne chose», défend-t-il.  Et Avec les Ape, ça sera le cas pour d’autres biens intermédiaires que sont le blé, l’huile brute. Pour le ministre du Commerce, il n’y pas de quoi avoir peur des Ape, puisque, rappelle-t-il, «il y a toute une série de mesures de défense commerciale qui sont prévues par l’Omc et dans le cadre de nos accords multilatéraux avec l’Union européenne et qui permettent que les produits qui entrent dans la composition de notre alimentation soient protégés chaque fois qu’elles sont menacés». Cela, en plus du Programme d’accompagnement des Ape qui sont, dit-il, de «575 milliards destinés aux infrastructures, à la diversification agricole, au commerce intra-régional, etc. pour renforcer notre économie».
Christine MENDY/Rewmi

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