Village de la paix en Casamance

Un «Village de la paix» en Casamance pour impliquer les jeunes
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Des centaines de jeunes venus de quatre pays (Sénégal, Gambie, Guinée-Conakry et Guinée-Bissau) ainsi que des ONG se sont retrouvés à Ziguinchor, en Casamance, dans le nouveau « Village de la paix ». Cette région du Sénégal est affectée par trente ans d’un conflit qui a fait plusieurs centaines de morts et des milliers de déplacés qui ont fui vers la Gambie et la Guinée-Bissau. Les jeunes ont demandé aux parties en conflit de les associer aux prochaines négociations.
Quatre cents jeunes venus de toutes les localités de Casamance, de Guinée, de Guinée-Bissau et de Gambie se sont retrouvés à Ziguinchor, sur un site nouvellement conçu, dénommé le « Village de la paix ».
« Le Village de la paix veut amener les différentes sensibilités à se retrouver autour de ces cases pour parler de la question de la paix », expose au micro de RFI Henry Ndecky, coordinateur du réseau de Dynamique de la paix en Casamance. « Nous sommes partis du fait que des adultes nous disent que les jeunes ne sont pas intéressés », précise-t-il.
« On ne responsabilise pas les jeunes »
« Mais, quand il faut discuter, quand il faut mettre des structures de réflexion, on met à l’écart les jeunes, alors que ce sont les jeunes qui sont, à la fois, victimes et acteurs », constate Henry Ndecky. « On ne responsabilise pas les jeunes », regrette le coordinateur de Dynamique de la paix en Casamance, « donc, il faut se concentrer là-dessus ». Il a également « demandé l’état des lieux du processus de paix en Casamance en 2013 ».
A Zinguinchor, les discussions en atelier ont tourné autour de thèmes liés au développement socio-économique de la région et à l’implication des jeunes dans les processus de paix. Cela fait trente et un ans que dure ce conflit qui a fait plusieurs milliers de morts et de déplacés.
En quête de transparence
Mais le grand nombre de médiateurs et l’absence d’une synergie prolongent encore la souffrance des habitants de cette région méridionale du Sénégal. « Aujourd’hui, tout le monde parle de synergie, mais très peu la réalisent véritablement. Ce que nous souhaitons aujourd’hui, en tant qu’organisations de la société civile, c’est une véritable transparence dans la résolution de ce conflit », insiste Katy Cops, coordinatrice du service civil pour la paix en Casamance.
Au sortir de la rencontre, des recommandations ont été faites. Le gouverneur adjoint de Ziguinchor a été chargé de transmettre au président Macky Sall le cri de cœur d’une jeunesse qui revendique sa place dans le processus de paix en Casamance.
Stévan Bruno/RFI

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