Wade sent la fin venir

« Je ne marcherai pas sur des cadavres pour sortir du palais »
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Le président Wade a évoqué pour la première fois sa sortie. Il la souhaite pacifique. Il est dans l’inconfort après la dure journée qu’il a vécu jeudi passé marquée par une révolte des populations qui l’a contraint à retirer son projet de loi qui devait instaurer une vice présidence et supprimer le minimum bloquant à l’élection présidentielle
« Je ne marcherai pas sur des cadavres pour sortir du palais. » C’est la principale réaction du président sénégalais selon le journal l’Observateur sur les manifestations de jeudi dernier dans presque toutes les grandes villes du pays. Avant son élection il disait qu’il ne marcherait jamais sur des cadavres pour entrer au palais. Au-delà de sa disposition à privilégier le dialogue et les solutions pacifiques, la phrase trahit une certaine confiance affichée par le président Wade. Il a récemment dit qu’il ne parlait plus de 2012 mais de 2019, considérant que la prochaine présidentielle était pliée. Pour la première fois le président Wade évoque son départ.
Les manifestations de jeudi, qui ont dicté le retrait du projet de loi, ont plongé le président et son camp dans un grand embarras. Il a demandé à son Premier ministre ce qu’il pensait de la démission du gouvernement réclamée par certains dont des membres de la majorité. Le Premier ministre lui aurait dit qu’ « une démission nous affaiblirait » selon la presse. Cet après midi, il a consulté plusieurs membres de son parti et va poursuivre les réunions avec ses alliés ce dimanche. Il avait déjà dit qu’il ne subirait pas seul une telle déconvenue.
Plusieurs personnalités de son camp ont dénoncé son attitude sur le projet de loi qu’il leur a caché jusqu’à la dernière minute pour le leur envoyer en procédure d’urgence. Le président de la commission des lois de l’assemblée nationale dont le domicile et le véhicule ont été incendiés a dit que désormais « les députés ne vont plus voter les yeux fermés. » Il a déploré le manque de respect du président qui ne les consulte pas assez. Il a indiqué que Wade a depuis jeudi une « majorité éclatée et frustrée. »
L’opposition a exploité le contexte pour faire de la lutte du peuple un « mouvement du 23 juin 2011 » dès le lendemain du retrait du projet de loi controversé. L’opposition et la société civile qui se retrouvent dans le mouvement met la pression sur Wade pour qu’il retire sa candidature.
Les responsables du mouvement exigent aussi le départ des ministres de la Justice, de l’Intérieur et des infrastructures, de la coopération internationale, des transports aériens et de l’énergie, qui est le fils du chef de l’état Karim Wade. Un membre de l’opposition et ancien collaborateur de Wade lui a demandé de ne plus engager la nation dans une décision importante et se borner à gérer les affaires courantes du pays pour les huit mois avant la présidentielle. Il demande que cela soit notifié par l’opposition aux bailleurs et partenaires du Sénégal.
Depuis son élection, Abdoulaye Wade n’a jamais été dans une aussi inconfortable position. Beaucoup dans son parti réfléchissent déjà sur ce qui va se passer après lui. Dans leurs interventions on sent des libertés et critiques qui n’ont jamais été exprimées pendant qu’il avait le choix sur toutes les décisions. Beaucoup de sénégalais qui souhaitent qu’il s’exprime devant la nation ne se doutent plus que son crépuscule est arrivé mais se demandent seulement comment le vieux lion va poser genou sur terre.
Macoumba BEYE

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3 réponses

  1. Ajax dit :

    Salut Yves
    Je trouve que le choix de tes derniers articles est assez orienté.
    Orienté dans le bon sens selon moi…
    😉
    Cordialement – Ajax

  2. Yves dit :

    N’ayant aucun droit de juger, d’avoir un avis, de prendre parti, j’essaie de glaner, dans la presse, ce qui me semble être « correct », informatif et le plus « neutre » possible. Sauf que la grogne enfle et la quasi totalité de la presse « non gouvernementale », voire internationale semble relater les opinions les plus largement rependues et donc critiques à l’égard du pouvoir en place…
    Quand on aime ce pays et le fréquente assidument, on comprends mieux les critiques vis à vis de Wade père et fils. Les élections risquent de toute façon de ne mettre qu’un nouveau pouvoir qui fera comme Senghor, Diouf et Wade…
    Alors que l’on espère tant que ce pays devienne ce qu’il mérite!

  3. oyster dit :

    Je suis assez d’accord sur le fait de trouver que le caractére des articles est assez orienté , il est cependant un fait que nous ne pouvons nous voiler la façe en ne tenant pas compte d’un climat de « grogne » ou plus.
    Reste à savoir si un changement de pouvoir apporterait une reprise économique ,et, là je ne connais pas la réponse ,mais l’usure du pouvoir existe .
    Vive le senegal !.

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