Espoir pour les homosexuels au Sénégal

Sénégal: espoir de libération pour les neuf condamnés pour homosexualité
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Photos méconnaissables, dénonciations anonymes… Le procès-verbal qui a conduit à la condamnation de neuf gays présumés à huit ans de prison serait «truffé de nullités» selon la défense. La cour d’appel de Dakar s’est penchée sur la demande d’annulation du dossier.

L’affaire des neuf homosexuels de Sicap Mbao condamnés en janvier à huit ans de prison pour «acte impudique et contre-nature et association de malfaiteurs» pourrait trouver un épilogue heureux. Lundi, la cour d’appel de Dakar a étudié des vices de forme présentés par la défense. Le tribunal décidera le 20 avril de la remise en liberté ou du maintien en détention du groupe.

«Le procès-verbal est truffé de nullités», a assuré à la presse Me Biram Sassoum Sy, l’un des avocats prisonniers. Démentant le flagrant délit lors de l’arrestation, en décembre, il souligne que les preuves de l’accusation reposent principalement sur des «dénonciations anonymes» et précise que les photos qu’elle a versées à son dossier ne sont pas fiables. «C’est le plus gros scandale de cette affaire, a dénoncé Me Biram Sassoum Sy. Aucune des personnes incriminées ne se reconnaît dans ses photos. C’est comme si on avait pris dans une revue pornographique des photos pour les coller au dossier. C’est comme si cela avait été fabriqué de toute pièce.»

«Violation délibérée de domicile»
Me Amadou Ali Kane dénonce pour par sa part, selon le quotidien sénégalais Walf Fadjri, le mythe du flagrant délit. «On ne peut pas parler de dossier de flagrants délits en ce sens que le régime des flagrances obéit à des principes que le procès-verbal – tel que libellé par les policiers, qui parlent d’actes de contre nature, avec des films pornographiques trouvés dans la chambre – ne fournit pas suffisamment (…) pour demander l’inculpation des prévenus», a-t-il dit.

Quant à Me Assane Dioma Ndiaye, lui aussi cité par Walf Fadjri, il a rappelé «une violation délibérée du domicile des prévenus», puisque les policiers n’avaient pas de mandat de perquisition du juge ou du procureur.  L’avocat général serait conscient des failles du dossier de l’accusation. Selon le défenseur, il a déclaré qu’il est «à peu près convaincu de tout cela et qu’il s’en rapporte à la décision de la ?Cour». Il indique que si les vices de forme soulevés sont acceptés, la procédure sera déclarée «nulle» et que ce sera «la liberté immédiate pour les prévenus». Et de conclure: «J’ai bon espoir» d’une libération.
Habibou Bangré

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