Cuisine Sénégalaise

PORTRAIT – Mme ABSA LO : L’ambassadrice de la cuisine sénégalaise
bouffe

La cuisine sénégalaise est bien présente au Sia de Paris où Mme Absa Lô fait découvrir nos hôtes nos plats locaux. Avec le label « Saveurs du Sénégal », ce bout de femme exquise par sa douce agressivité et son audace arrive presque toujours à vous pousser l’envie de goûter une de ses créations ou « innovations ». Elle a été à la bonne vieille école de maman. Le reste, c’est-à-dire l’adaptation à la mondialisation, elle le doit à « Festins de Batignolles », ses partenaires. Elle avait réussi, lors d’un précédent salon, à faire déguster du bissap à Jacques Chirac. « Le président a rajeuni, n’est-ce pas ? » plaisante-t-elle. D’une jovialité à fleur de peau, « Bagnkat » -fière- jusqu’au bout des ongles d’être l’émigrée qui fait intégrer les recettes du pays de la Téranga, Absa Lô accommode au goût de ses clients les mets innovés, tout en gardant les saveurs et les épices du terroir, mais en y introduisant des notions inconnues sous les tropiques, comme le sucré-salé ou les plats glacés. Son plus grand mérite en tant que « ambassadeur de son pays », c’est de savoir « sénégaliser » les concepts culinaires. Ses beignets de niébé rivalisent avec les nems et autres chawarma. Elle fait chanter les pastels de Cayar à côté des « accra de Bargny » dans les lesquels le « Kétiakh » -poisson fumé sénégalais- a remplacé la morue. « Les toubabs en raffolent », plaisante-t-elle.

En ce mercredi, journée du Sénégal où le Hall 7 du Sia lui a ouvert ses portes », Absa Lô a régalé plusieurs centaines de Sénégalais et d’hôtes du ministre Amath Sall et de l’ambassadeur Maïmouna Sourang Ndir, qui se sont bousculés pour déguster, « s’empiffrer pour le cas de votre serviteur, aux chaudrons fumants et débordants de « thiébou Djën », de couscous de mil, de sauce feuille, de beignets, etc. Telle une Signare, la petite dame au teint clair n’a cessé d’inviter à visiter ses cuisines à Batignolles, dont les ingrédients transférés pour une dizaine de jours au Parc des expositions n’est qu’un échantillon, un « little Sénégal » pour beaucoup, comme cette ivoirienne qui n’hésite pas à laisser de côté sa popote pour lui commander des repas. Arrivée à Paris en 1976 à la faveur de son mariage, Absa offre enfin une diversité de boissons « exotiques » dont les saveurs s’adaptent à l’offre de fruits et légumes disponibles. Un verre de jus de carotte comme apéritif, du « café Touba », selon les circonstances, des amuse-gueule pour démarrer et tutti quanti, toujours avec le sourire et le commentaire qui fait toujours pschitt quelque part. Ambassadeur du bon goût sénégalais, elle estime que « l’animation ne suffit pas pour faire initier les gens aux saveurs nouvelles. Il faut un stand dans tous les foras internationaux, pour faire déguster nos produits », termine-t-elle. En attendant, ceux dont la luette ne vous oublieront pas, te saluent.

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