96ème sur 134: le Sénégal

Rapport 2008 de Davos : Le Sénégal gagne cinq places

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Dans le classement Davos 2008, le Sénégal occupe la 96e place sur un total de 134 pays. Un gain de cinq places qui cache difficilement des performances médiocres dans le domaine économique.

Le Rapport 2008 du Forum économique de Davos disponible uniquement en anglais, place le Sénégal au 96e rang sur un total de 134 pays, soit une amélioration de 5 places par rapport à 2007 où le Sénégal occupait le 100e rang sur un total de 133 pays en compétition. En 2003/2004, le Sénégal était à la 79e place sur 102. Trente-cinquième au niveau mondial, la Tunisie qui était au même niveau de développement économique que le Sénégal d’après indépendance, est classée pour la troisième année successive 1er de l’Afrique, devançant des pays occidentaux comme la Grèce (67e), l’Italie (49e), loin devant le Maroc (73e), l’Algérie (99e), la Libye (91e), l’Egypte (81e), et le Nigeria (94e).

Comment expliquer les résultats du Sénégal tout de même médiocres et que faire ? D’une manière générale, le rapport de Davos note que les pays subsahariens ont amélioré leur taux de croissance. Le Sénégal a ainsi amélioré ses performances, selon les experts, dans les domaines des institutions, du droit de propriété, du fonctionnement des biens et services où, malgré l’augmentation de la concurrence, il est passé du 75e au 60e rang. En innovations, il est même devenu 59e, après avoir été 73e l’année dernière. De même, le rapport 2008 de Davos note un niveau plus élevé des certifications des entreprises.

A côté de ces améliorations notables, le Sénégal enregistre d’énormes faiblesses. Le marché du travail par exemple souffre d’un manque de flexibilité, ce qui ne permet pas aux entreprises de déterminer les salaires. Une rigidité qui fait que ces entreprisses éprouvent des difficultés pour pouvoir embaucher ou résilier un contrat. Les experts de Davos notent également qu’au Sénégal, ’on embauche très souvent des amis ou des membres de la famille au lieu d’embaucher des managers professionnels’. A quoi sert donc le mérite ?

Concernant le marché financier, le Sénégal occupe le 111e rang. Dans ce domaine, Mme Jennifer Blanke, économiste au Forum de Davos, rappelle qu’’il faut avoir un marché financier assez sophistiqué pour pouvoir allouer correctement des fonds aux entreprises performantes’.

En dehors de l’économie, le rapport 2008 de Davos s’est intéressé aux performances en matière de santé. Et dans ce domaine, le Sénégal est 108e au niveau mondial et ‘ce n’est pas le pire de tout en Afrique’, selon Mme Jennifer Blanke. En effet, des maladies comme la tuberculose, le paludisme et le sida font qu’au Sénégal, le ‘coût de la santé est cher’. D’où la nécessité de renforcer le système sanitaire. En matière d’éducation, ‘la qualité est assez bien élevée, mais les taux de scolarisation sont assez bas’, selon le rapport. ‘L’école est bonne pour les gens qui peuvent y aller’, ajoute Mme Blanke. Ainsi, pour l’école primaire, le Sénégal est placé au 120e rang mondial. Pour le secondaire, il est à la 127e place et, pour l’enseignement supérieur, à la 114e place. L’amélioration des infrastructures est à ce niveau recommandé.

On aurait tort de sous-estimer ce rapport de Davos. Déjà, en 2007, il attirait l’attention sur la dette publique qui risquait de se creuser : ‘Le déficit public cumulé en 2006 est de l’ordre de 5,6 % du Pib. Ce qui est relativement élevé. La dette risque de se creuser. Il faudra, dès lors, contrôler les finances et prendre des mesures de bonne gouvernance pour redresser la barre’. Qu’a fait le gouvernement ? Malgré le jeu du chat et de la souris avec le Fmi, le Sénégal a fini par se faire modeste en recevant des leçons d’un petit fonctionnaire qui déclarait devant les 10 millions de Sénégalais que le pays n’était pas sur le bon chemin. La dette intérieure avoisine ainsi les 300 milliards de francs Cfa. S’y ajoutera le fameux débat sur les dépassements budgétaires !

El Hadji Gorgui Wade NDOYE

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