L’OIGNON SENEGALAIS FAIT PLEURER

Oignons sénégalais: encore d’énormes pertes cette année

Au Sénégal, la consommation intérieure d’oignons ne suffit pas à écouler la marchandise qui se détériore rapidement.

La culture des oignons est l’une des plus dynamique du Sénégal, mais l’une des plus déprimées aussi. Cette année, plus que les précédentes, des tonnes d’oignons ont pourri, faute de pouvoir être écoulées.
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C’est du jamais -vu en 50 ans, confie le patron de filière oignon au Sénégal : la quantité de produits perdus atteint des records : plus d’un tiers de la production cette année, peut-être. Les petits producteurs déjà endettés sont obligés de négocier avec leur banquier, face à la baisse de revenus qui s’annonce.

En cause, les fortes pluies qui s’ajoutent au manque d’infrastructures de séchage et de stockage. Seuls les plus grands producteurs ont les moyens d’avoir des installations suffisamment ventilées ainsi que des chambres frigorifiques.

Les grandes aires de stockages que l’État est en train de mettre en place ne répondent pas aux besoins et n’ont pas encore convaincu tous les producteurs, dont l’intérêt est souvent de vendre le plus rapidement possible.
Une commercialisation trop concentrée dans le temps

En théorie, le Sénégal est autosuffisant en oignons, puisque sa production dépasse de 100 000 tonnes ses besoins, rappelle Babacar Sembene, commissaire aux enquêtes économiques au ministère sénégalais du Commerce. Au manque de coordination entre les régions de production, s’ajoute des semences pas assez performantes, parfois des mises en sac de 40 à 50 kg, non réglementaires, sans parler du transport qui malmène la cargaison.

Résultat, la conservation en pâtit. Tout doit être vendu rapidement et le marché est vite saturé. Et même si l’oignon est cuisiné à toutes les sauces dans le pays, la consommation intérieure ne suffit pas à écouler la marchandise qui se détériore rapidement.

« L’impression de surproduction que l’on peut avoir sur les marchés n’est donc que temporaire », explique Abdoulaye Seck, professeur d’économie à l’université Cheick Anta Diop de Dakar, qui pointe la difficulté à mettre en place une stratégie d’écoulement de la production dans le pays.
Les oignons hollandais bientôt sur le marché

À l’automne, le pays est toujours contraint de s’approvisionner ailleurs. Le Sénégal s’apprête donc une fois de plus, dans les prochains jours, à autoriser l’importation d’oignons européens.

Dans ce contexte, l’exportation d’oignons sénégalais n’est pas une priorité, bien qu’au printemps une centaine de conteneurs soient partis en Espagne, en plus des quelques expéditions traditionnelles dans les pays voisins. Mais pour monter en volumes à l’export, il faudrait, on y revient, que la Teranga produise des oignons de qualité, capables de résister aux longs voyages.

Marie-Pierre Olphand/RFI

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1 réponse

  1. Xx dit :

    Hallucinant !

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