ACTES DE VANDALISME, VIOLENCE SUR DES ENSEIGNANTS, MEURTRES EN MILIEU SCOLAIRE…

L’autre épidémie qui frappe le Sénégal

La violence continue de prendre d’assaut les établissements scolaires au Sénégal. Après les élèves du Cem de Hann, c’est au tour de ceux du lycée de Sindia de perpétrer des actes de vandalisme pour célébrer les vacances. Depuis quelques années, les actes de violence sont devenus récurrents en milieu scolaire et préoccupent les acteurs éducatifs. Ce qui remet au goût du jour la question de la décadence du système éducatif sénégalais.

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Des élèves qui déchirent leurs cahiers, vident des sacs de poubelle dans la cour de l’école et renversent des tables-bancs pour célébrer avec joie l’arrivée des vacances scolaires, une salle des professeurs incendiée. Ça s’est passé au Cem Hann de Dakar et au lycée de Sindia dans le département de Mbour. Ces actes de vandalisme perpétrés par des élèves qui ont choqué plus d’un, s’ajoutent à la longue liste des violences qui sévissent dans les écoles sénégalaises depuis quelques années.

Entre agressions, saccages et meurtres, le système éducatif sénégalais traverse une crise qui ne semble pas tirer à sa fin et le ton monte au fil du temps. Il y a de cela quelques semaines, le mercredi 30 juin dernier, un élève du nom de Bamba Ndiaye du lycée des Parcelles a perdu la vie au cours d’un match de football inter-classes après une bataille rangée entre élèves. Trois de ses camarades ont été arrêtés et envoyés en prison. Quelques jours plus tôt, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, des étudiants ont attaqué et saccagé quelques restaurants au sein du temple du savoir suite à l’élection des représentants de la faculté de Droit.

Un autre a arraché le micro d’un professeur en plein cours sans occulter les violences perpétrées sur des enseignants. A Kébémer, le 10 mai dernier un professeur de philosophie a été agressé par un élève. L’enseignant aurait commis un péché en lui rappelant «les bonnes conduites à tenir suite à son retard délibéré». On se souvient encore l’année dernière, l’agression des enseignants au lycée de Ndiaganiao dans la région de Thiès.

La liste des violences en milieu scolaire est loin d’être exhaustive. Pour ne citer que ces cas, on constate une montée en puissance des actes de violences en milieu scolaire. Ce qui est devenu préoccupant pour la communauté éducative et les parents.

Face à cette situation qui est en phase de devenir un fléau en milieu scolaire, les organisations représentatives des enseignants se sont élevées de façon unitaire pour condamner les actes et défendre leur sécurité et celle de l’espace scolaire.

Au mois de juin dernier, le G7 a observé un débrayage et une grève totale pour s’indigner contre les violences exercées sur les enseignants. A la même période, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a également décrété 72 heures de grève au motif de l’agression d’un professeur à l’Ucad pour réclamer la traduction des étudiants auteurs de violences contre certains de leurs membres. Une revendication qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Puisque le Conseil de discipline de l’UCAD a sorti la cravache et sanctionné 45 étudiants dont l’un exclu définitivement. Il faut donc dire qu’aujourd’hui, la faiblesse du niveau d’études des élèves n’est plus le seul motif d’inquiétude de la communauté éducative.

Par ailleurs, la plus grande préoccupation trouve son fondement dans les violences qui sévissent dans les écoles. Et que ce soit du côté des parents, du corps enseignant ou encore du gouvernement, chacun est pointé du doigt.

Mamadou Talla condamne et lance un appel

Présidant hier, vendredi 16 juillet la 10ème édition du concours Miss Sciences et Miss Mathématiques, le ministre de l’Education Nationale, Mamadou Talla a condamné les actes de vandalisme perpétrés dans les écoles. «Nous l’avons condamné. Vous savez, on est dans une société assez complexe. Aujourd’hui, les élèves qui ont terminé leur année scolaire, étaient contents et sont adonnés à des activités que nous condamnons. Le ministère de l’Education, le porte-parole a parlé hier (avant-hier), au niveau de la presse pour dire que l’Education nationale n’accepte pas ces actes. Nous sommes un lieu d’éducation, un lieu où on transmet le message, un symbole pour la République et donc, ce n’est pas un lieu où on fait ces choses. Alors, on est en train d’identifier ces jeunes qui ont commis ces actes mais nous lançons un appel aux parents, aux élèves, aux enseignants pour que l’école reste un lieu d’éducation et un lieu de transmission d’éducation et de savoir».

Mariame DJIGO/sudonline.sn

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1 réponse

  1. Artamonow dit :

    Société trop laxiste…
    Il faut réprimer dès le plus jeune âge, ne rien laisser passer et surtout leur inculquer ce qu’est le respect avant que tout n’aille à la dérive …

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