TELEFILM « BLACK AND WHITE’

« Black and White » : trop pâle récit de la colonie

L’histoire d’amour entre Fari Ciss (Marème Ndiaye), jeune journaliste sénégalaise aux opinions tranchées, et le capitaine Alain de Bourbon (Olivier Chantreau), fait grincer les dents en 1927. Surtout que les critiques du Code de l’indigénat, « raciste, inégalitaire et humiliant », font craindre aux Français de perdre la main sur Dakar, ville parmi les plus modernes d’Afrique… Une série en quatre épisodes, aux fondements historiques, qui reste pourtant trop souvent à la surface des événements.
Ceux qui espèrent découvrir la vie quotidienne des Sénégalais au temps de la colonie, en plongeant dans Black and White , mini-série en quatre épisodes, en seront pour leurs frais. Car la plongée ne s’effectue que d’un seul côté de la ville : celui réservé aux Français et autres expatriés venus tenter « l’aventure au soleil ». Si l’on excepte le médecin métis, snobé par les Blancs, et la jeune journaliste sénégalaise, moitié du couple mixte évoqué dans le titre, tous les autres Noirs ne font que passer, en étant rarement crédités d’une réplique.
Si l’expérience du racisme et de la ségrégation n’est pas tue, elle n’est rapportée qu’à travers le regard des Blancs. À l’exception du Dr David Oumbagne (Zeka Laplaine) qui l’analyse avec dépit et recul. La famille de la jeune Fari n’a pas non plus voix au chapitre lorsqu’il s’agit d’expliquer son refus de ce mariage hors normes…
La plus grande déception vient du fait que le Sénégal, si inspirant et majestueux, sert de toile de fond (sonore et visuelle) à une saga romanesque qui aurait pu se dérouler sur n’importe quelle terre étrangère. Le jeune Léopold Senghor y apparaît trois minutes à peine et même la lutte pour l’indépendance du Sénégal n’est racontée qu’a posteriori, par journaux interposés. Sans jamais que les artisans de cette libération ne soient vus ou entendus. Un choix étrange, difficilement justifiable, surtout que cet épisode historique figure parmi les thèmes clés annoncés de la mini-série.
Aborder le thème de la colonisation française en pleine Saison Africa 2020 est un objectif louable, en confier la réalisation à un réalisateur sénégalais (Moussa Sene Absa) et intégrer comédiens, décors et tenues qui rendent grâce à la modernité et à l’élégance du Sénégal, constitue une avancée importante. Reste maintenant à écrire les scénarios à quatre mains, afin qu’une diversité de regards aboutisse à une véritable diversité de récits.
Karin Tshidimba/lalibre.be
« Black and White », jeudi, sur France 3, à 21 h 05

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4 réponses

  1. trevidic dit :

    Bonjour,
    Je suis resté sur ma faim en ce qui concerne les deux premiers épisodes ,mais nous allons voir la suite !….

  2. PHILIPPE dit :

    Je trouve cette critique non seulement très orientée, mais également très sévère…

  3. Stephane dit :

    1 300 000 téléspectateurs, score plus qu’honorable, comme quoi

  4. Stephane dit :

    Le réalisateur étant Sénégalais le critique va encenser la série

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