MONDE HONTEUX

« L’Europe veut le poisson du Sénégal mais rejette ses migrants »

ATTENTION EDITORS – VISUAL COVERAGE OF SCENES OF INJURY OR DEATH
A man inspects the bodies of three African migrants that were recovered by the Libyan coastguard, after their boat sunk off the coastal town of Garaboly, east of Tripoli, September 15, 2014. According to a coastguard spokesperson, there were 108 immigrants on the boat, of which 102 were rescued while three were found dead and another three missing. REUTERS/Ismail Zitouny (LIBYA – Tags: SOCIETY IMMIGRATION DISASTER) TEMPLATE OUT – RTR46B7G

« On dénombre près de 500 morts et des milliers de rescapés en haute mer parmi les jeunes sénégalais qui, au péril de leur vie, tentent de rejoindre l’Europe ces derniers mois. Une tragédie humaine qui a mobilisé l’attention des médias du monde. Alors que le secteur de la pêche traverse une crise sans précédent, les autorités du Sénégal viennent de renouveler leur accord de pêche avec l’Union Européenne (UE).
Quel paradoxe ! Au même moment où l’UE entame le rapatriement des migrants sénégalais, elle continue d’exploiter les ressources halieutiques du pays dont la rareté est en partie la cause du désespoir des milliers de jeunes sénégalais.
Greenpeace Afrique demande aux autorités de l’UE et du Sénégal de se pencher sur les vraies causes de ce phénomène afin d’y apporter une solution définitive plutôt que de laisser empirer la situation en signant cet accord.
Selon le communiqué de la délégation de l’Union Européenne à Dakar, ce nouvel accord de pêche permettra à 45 navires européens de pêcher au moins 10 000 tonnes de thon et 1 750 tonnes de merlu noir par an pour une contrepartie financière de 15 millions d’euros (10 milliards FCFA) sur cinq ans.
Il est aujourd’hui évident que la mauvaise gestion des ressources halieutiques au Sénégal, les accords signés et les licences de pêche octroyées à des navires étrangers sont en grande partie à l’origine de la rareté de ces ressources. Le Sénégal et l’UE avaient noué depuis 2014 un accord de pêche sur les pêcheries de thon et de merlus incluant des captures accessoires, lequel accord a été décrié par les organisations professionnelles de la pêche du Sénégal, car ne tenant pas en compte ni du potentiel exploitable, ni de l’état d’exploitation des ressources.
L’évaluation de cet accord, tant au plan technique (quantité de poissons prélevée par les bateaux de l’UE) qu’au plan financier, n’a jamais été partagée avec les organisations professionnelles. Ce qui est contraire aux dispositions réglementaires et autres engagements des Etats qui font de l’implication des acteurs dans les processus décisionnels un élément important de bonne gouvernance des ressources. Les Objectifs de Développement Durable, le Code de la Pêche et la Constitution du Sénégal sont, entre autres, clairs sur la nécessité d’intégrer les acteurs de la pêche dans la prise de décision. Mais la réalité est tout autre.
Greenpeace Afrique demande à l’Etat du Sénégal et à l’Union Européenne de faire une évaluation exhaustive et transparente de l’accord précédent, de procéder à une mise à jour des données scientifiques sur les stocks de poissons et de partager ces informations avec les acteurs de la pêche pour une prise de décision conformément aux engagements pris.
Le principe directeur de la signature d’un accord de pêche devrait être basé au moins sur deux points que sont l’état des ressources halieutiques concernées par l’accord et la capacité de la flotte nationale à exploiter ces ressources. Un accord de pêche doit être signé sur la base du surplus de production qui correspond au potentiel halieutique d’un stock que la flottille nationale n’est pas en mesure de pêcher.
Un accord de pêche ne peut pas être qualifié de durable en l’absence de surplus de production. L’UE devrait s’assurer que le gouvernement du Sénégal a bien effectué l’évaluation des stocks concernés par cet accord de pêche et qu’il y a effectivement un surplus de production dont la flotte sénégalaise n’est pas en mesure d’exploiter. Et au-delà de ces aspects techniques, la dimension économique et sociale devrait être prise en compte d’autant plus que le secteur de la pêche traverse une crise sans précédent. C’est seulement dans ces conditions que la transparence et la protection des ressources clamées par les autorités de l’UE et du Sénégal seraient une réalité.
Greenpeace Afrique invite l’Etat du Sénégal à geler cet accord de pêche, à faire une évaluation transparente de l’accord précédent, à partager les informations avec les acteurs et à tenir compte de la situation des stocks, de la surcapacité de la flotte nationale et du désespoir des pêcheurs avant de prendre une décision. La logique de marché qui motive l’Union Européenne et les mauvaises décisions des autorités sénégalaises seront lourdes de conséquences non seulement pour les Sénégalais mais aussi pour les Européens, car leurs destins sont étroitement liés »
Greenpeace Afrique

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5 réponses

  1. PHILIPPE dit :

    Il fallait oser faire le parallèle entre des accords de pêche entre le Sénégal et l’UE qui ne sont peut être pas très sains du point de vue des ressources halieutiques, et les migrants!!!????

  2. Stephane dit :

    Ca se serait si les migrants Sénégalais étaient expulsés en masse d’Europe, les journaux matraqueraient leurs lecteurs de photos prises à la descente de l’avion

  3. issa gibb dit :

    L’Europe n’est pas la seule responsable de la disparition des ressources halieutiques sénégalaises, mise en parallèle avec cette forte nouvelle migration de migrants sénégalais qui fuient le Sénégal, faute de poissons pour vivre de la pêche…
    Le premier « RESPONSABLE » est bien : L’ETAT SENEGALAIS qui vend des licences de pêche à tours de bras dans ses eaux territoriales, aux puissances étrangères… A l’Union €uropéenne, mais pas que : A la Chine aussi, depuis l’accession au pouvoir de Macky Sall et à la Russie sous la gouvernance Wadienne, avec les usines russes de transformation de poissons qui polluent toutes les régions sénégalaises et les fleuves sénégalais…
    Il ne faut pas chercher la paille dans l’œil de l’U.E , quand son pays a une poutre dans l’œil avec des présidents et des gouvernements successifs, avec des politiciens et des marabouts égoïstes et véreux qui n’ont rien à foutre du peuple sénégalais jusqu’à dilapider toutes les ressources du pays ou laisser crever en mer des pauvres fuyards de la misère dont ils sont les premiers responsables…
    Autrement dit : C’est inutile d’accuser que les autres ( ex : l’U.E) quand le fruit est pourri à l’intérieur (l’Etat Sénégalais) en ce qui concerne la disparition des poissons et la mort des migrants en mer… Parmi tant d’autres maux et problèmes qui prouvent que le Sénégal va mal, reste un pays pauvre, très loin de l’Emergence fumiste promise et qui devrait amener les Sénégalais à comprendre qu’ils se font enfler par leurs dirigeants égoïstes, corrompus et pourris jusqu’à la moelle, pour que çà change… In chà Allah !

  4. christian olivier dit :

    mais quel article de merde !!en quoi l’europe est elle responsable de quoi que se soit de la dilapidation des aides !!!

  5. Reginald GROUX dit :

    Tout à fait d’accord, in article de merde, ce sont les politi iens véreux qui vendent les ressources, bois, poissons, or, en appauvrissant les sénégalais qui se retrouvent lésés de biens qu’ils pourraient exploiter pour mieux vivre, ce qui fait qu’ils ne chercheront pas à s’embarquer sur des pirogues trompe-la-mort. Le scnadale à dénoncer, c’est le scandale d’un pays qui se vend comme une fille de joie.

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