VIRUS ET LIEUX DE CULTE

La foi des Sénégalais à l’épreuve du coronavirus

Dans une société sénégalaise très religieuse, musulmans et chrétiens ne peuvent plus aller prier dans les lieux de cultes. A cause de l’interdiction des rassemblements décidée par les autorités pour lutter contre le covid19. Situation inédite que la majorité comprend et accepte.
Après une première semaine mouvementée au Sénégal marquée par des affrontements entre forces de l’ordre et fidèles autour de plusieurs mosquées du pays, le calme est finalement revenu avec l’instauration de l’état d’urgence.
Les guides religieux demandent désormais aux fidèles de prier chez eux. Pour certains, c’est à contrecœur que ces injonctions sont suivies.
C’est le cas de Pape Diop, un habitant de Dakar pour qui la prière collective est primordiale. « La prière chez les musulmans c’est quelque chose de sacré », souligne-t-il. « Le fait de ne pas prier, c’est très stressant, mais bon vu que ce sont des mesures d’hygiène on est obligé de les respecter ».
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Sa vision des choses n’est pas totalement partagée par Ibrahima Kouyaté qui va à la mosquée depuis 20 ans sans discontinuité. Pour lui, l’état d’urgence impose des mesures exceptionnelles auxquelles tout le monde doit se plier.
« Un musulman sain d’esprit qui comprend les choses n’a pas à avoir peur ni à être affecté psychologiquement par la fermeture des mosquées. C’est un mal nécessaire en fait parce que déjà on voit que dans les pays les plus développés ils n’ont pas assez d’outils sanitaires à plus forte raison nous autres pays sous-développés », dit-il.
Du côté de la communauté chrétienne, les autorités ont pris les devants en annulant toutes les messes et célébrations religieuses bien avant l’instauration de l’état d’urgence. Une nouvelle donne qui ne change rien pour les fidèles comme Gustave Sadio.
« La foi c’est dans le cœur, la foi, c’est de l’amour. On est dans une période où il faudra adorer Dieu en esprit », clame-t-il. « La seule chose qui importe pour nous c’est la santé , la santé de tout un chacun parce que ça fait partie de notre quotidien et cela fait partie de prier Dieu et d’adorer le Père », précise-t-il.
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L’état d’urgence décrété par le président Macky Sall a eu pour conséquence la fermeture des lieux de culte dans tout le pays afin d’éviter les rassemblements qui peuvent favoriser la propagation du nouveau coronavirus.
Pour les Sénégalais qui sont très ancrés dans la croyance religieuse, c’est une mesure difficile mais que la majorité comprend et accepte comme un sacrifice nécessaire dans la lutte contre le covid19.
Seydina Aba Gueye/voaafrique.com

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1 réponse

  1. issa gibb dit :

    Que l’on soit musulman, chrétien, juif , bouddhiste ou animisme : On peut prier où on veut, quand on veut !
    L’ouvertures des lieux religieux n’est donc pas nécessaire en temps d’une pandémie Covid19 sournoise et mortelle lors de rassemblements humains… Autant prier, en sécurité et bien tranquillement chez soi…
    Les Dieux apprécieront, tout autant ! Et peut être plus, que dans les énormes rassemblements religieux qui ne ressemblent plus qu’à des grandes fêtes païennes…

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