LES SCANDALES DE L’EAU

LA CHRONIQUE DE SAMBOUDIAN KAMARA

Pour une régulation de l’hydraulique rurale
De manière perlée, mais sur un fond bien sonore car médiatique, des populations rurales sortent pour crier leur désespoir de manquer d’eau. Il y a une quinzaine de jours, des habitants de villages de la commune de Fimela battaient le macadam pour réclamer le retour du liquide vital. En période de pénurie, les femmes passent des heures à faire le pied de grue autour des puits, si elles ne déboursent pas pour se procurer un fût, cédé à 200 francs Cfa. Les multiples adductions induites par l’urbanisation primaire de la commune de Thiadiaye, le long de la Nationale 1, n’expliquent pas le déficit subi de manière récurrente par les localités qui défilent de Ndiosmone (croisement) à Ndangane Sambou (porte des îles), Yayeme, Djilass, Diofior, Fimela…
Pourtant, cette partie du Sine et la zone sud-ouest (Nguéniène, Palmarin) du département de Mbour sont récemment sorties d’une longue nuit causée par la rareté de la ressource ; ce qui paralysait les perspectives de transformation des produits de l’agriculture dans ces terroirs après avoir chahuté la qualité de vie de leurs habitants. Pire, la salinisation des terres avait décuplé les besoins de maîtrise de l’eau. Fort opportunément, c’est en ces lieux que s’est matérialisée une forte volonté politique de l’Etat avec la réalisation de la conduite (Notto-Ndiosmone-Palmarin). 20 milliards de Fcfa pour desservir 165 villages, dont des îles. Le projet d’Alimentation en eau potable (Aep) des localités de cet axe a été financé par l’Etat, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), le Fonds saoudien pour le développement et la Banque islamique de développement (Bid). Depuis sa réalisation, cette conduite a redonné l’espoir et atténué l’exode rural. Mieux, en dehors du tourisme, d’entreprenants nationaux et des associations locales y investissent dans l’Agriculture pour valoriser le potentiel qui sourd de ces terres qui ont tant à offrir…
Et ce n’est qu’un exemple. Pourquoi alors ces carences ? L’Etat, depuis des décennies, investit massivement dans l’hydraulique rurale. Très souvent, c’est la vétusté des infrastructures qui est à l’origine des coupures. Par différentes délégations de service, la loi sur le service public de l’eau potable et de l’assainissement (Spepa), adoptée en 2008 puis promulguée en septembre de la même année institutionnalise la délégation de gestion des forages. Après la mise en place des comités de gestion des forages, la création des Asufor, le Sénégal en est à la troisième étape dans la réforme du sous-secteur avec la Délégation de service public (Dsp) de l’hydraulique rurale. Les récurrentes récriminations émanant du monde rural rappellent que s’il y a un domaine qui demande une régulation, c’est bien la gestion des forages ruraux. Si le cadre institutionnel incarné par l’Office des forages ruraux (Ofor) ne souffre d’aucune ambiguïté, une trop grande impunité de certains acteurs laisse un grand nombre de pasteurs et de paysans à la merci de concessionnaires.
Le paysan lambda achète le mètre cube eau à un concessionnaire chargé d’assurer la disponibilité de la ressource et donc de la maintenance des forages. Mais les termes du contrat ne sont pas toujours respectés. Ce qui conduit à des tensions. Au risque de laisser accroire l’idée qu’elles seraient de seconde zone, les populations rurales devraient prétendre à la régulation de ce service, à l’instar des citadins pour les télécommunications, l’audiovisuel et l’électricité. Réguler l’hydraulique rurale, ce serait contraindre certains parmi les acteurs à respecter les cahiers de charges. A l’origine, son acception anglo-saxonne et micro-économique, définit la régulation comme l’ensemble des techniques qui permettent d’instaurer et de maintenir un équilibre économique optimum qui serait requis par un marché qui n’est pas capable, en lui-même, de le produire.
Seulement, ce concept ne s’accepte encore que sous l’angle de la concurrence. Or, au regard des délégations pertinentes de service public, il y a bien des espaces de régulation à remplir dans le monde rural pour instaurer des mécanismes palliatifs aux défaillances des concessionnaires. L’eau, c’est la vie…
lesoleil.sn

Vous aimerez aussi...

7 réponses

  1. issa gibb dit :

    L’eau, c’est la vie…
    Et le manque d’eau, c’est la merde
    C’est encore une belle image du Sénégal = un Pays de Merde dans beaucoup trop de domaines !

  2. Ndiaye dit :

    et encore commentaire de m….

    • issa gibb dit :

      Comme les tiens, depuis des années, sur ce blog…
      Avec la merde que tu as dans les yeux, pour être dans le déni permanent de ce que vivent les sénégalais dans des régions entières du Sénégal, sans eau…. Tandis que les politiciens et les marabouts se gavent sur leurs dos et celles des mendiants Talibés, dans un pays de merde… In chà Allah !

  3. le Chaman dit :

    Comme ton journal de merde. Pendant ce temps là , se sont toujours les femmes qui vont chercher l’eau et faire toute les corvées, pendant que ces hommes ont le cul collé sur ce qu’ils trouvent comme siège. A palabrer en se grattant les couilles et buvant du thé. Oui à Ndangane et Mar Lodj nous n,avons pas d’eau depuis des mois, tout ça grâce à l’incompétence des politiques et de leurs relais. 39 ministres pour quoi faire?

  4. Bill dit :

    Il y a vraiment 39 ministères au Sénégal ?

    • issa gibb dit :

      Au dernier remaniement du gouvernement, en avril 2019 :
      Il y avait 32 ministres de tutelles et 3 secrétaires d’Etat au Sénégal
      Le poste de premier ministre de MBA Dionne a été supprimé et MBA Dionne est désormais, ministre d’Etat à la Présidence
      Il reste 38 Conseillers à la Présidence, Youssou Ndour a été viré de son poste de Conseiller à la Présidence.
      Mbaye Ndiaye, premier ministre de l’Intérieur limogé suite aux manifestations Thiantacounes à Dakar en 2012 et en poste de ministre d’Etat à la Présidence sans portefeuille ??? de 2012 à 2019 a été remercié.
      Augustine Tine, l’ex-ministre des Armées a pris le poste de Directeur du Cabinet Présidentiel en remplacement d’Oumar Youm placé au ministère des Infrastructures terrestres et du Désenclavement.
      Ndèye Tické Ndiaye Diop cumule le poste de ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications avec celui de Porte-Parole de ce dernier gouvernement, en remplacement de Seydou Guèye viré.
      Maxime Jean Simon Ndiaye passe du Secrétariat Général de la Présidence au Secrétariat Général du gouvernement en remplacement de Seydou Guèye viré.
      Madame Awa Marie Coll Seck , une des 4 ministres d’Etats à la Présidence quitte son poste pour être Secrétaire d’ITie-Extractive en remplacement d’un ancien ministre des affaires étrangères sénégalais, Mankeur Ndiaye nommé Ambassadeur en République de Centrafrique.
      Et tous les autres…

      L’avant-dernier gouvernement ( septembre 2017-avril 2019) appelé MBA Dionne 3 comportait :
      Le premier ministre Mohammad Boun Abdallah Dionne
      35 ministres de tutelle et 4 ministres délégués, soit effectivement 39 ministres.
      Plus, 39 Conseillers à la Présidence dont Youssou Ndour, conseiller et chargé de la promotion du Sénégal à l’étranger.
      4 ministres d’Etats à la Présidence dont l’ancienne ministre de la Santé et l’Action Sociale, Madame Awa Marie Coll Seck et l’ancien premier ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, Mahmoud Saleh à la diplomatie et Amath Dansokho…
      Oumar Youm, le porte-parole du gouvernement MBA Dionne 1 a pris le poste de Directeur du Cabinet Présidentiel sous les gouvernements MBA Dionne 2 & 3
      Seydou Guèye est devenu le Porte-Parole et le Secrétaire Général du Gouvernement MBA Dionne 2 & 3.
      Maxime Jean Simon Ndiaye, au poste de Secrétaire Général à la Présidence.
      Bruno Diatta, l’omniprésent Chef du Protocole du Palais Présidentiel décédé en 2018, a été remplacé par Cheikh Tidiane Sall qu’il formait à ce poste, depuis longtemps
      Et tous les autres…

  5. Deprun dit :

    Je fais parti d’une association L’Autan et l’Harmattan , nous essayons d’aider Yayeme qui est depuis des années dans nos cœurs.
    Nous essayons d’aider en faisant réaliser des puits , des digues en édifiant des réserves d’eau et malgré tout nos avons l’impression qu’au fil du temps Yayeme s’enfonce inexorablement dans la misère et si ça continue disparaîtra et ses habitants migreront pour les plus fort où mourront pour les plus faibles .
    Alors quand je lis certains commentaires haineux, je me dis que ce n’est pas la haine qui résoudra le problème mais la solidarité, alors essayons de tous réfléchir ensemble afin de changer la donne , merci 🙏🏼
    Pour moi le Sénégal n’est pas un pays de merde bien au contraire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :